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Transports en commun gratuits et report modal : un exemple à suivre ?

Quatre ans après avoir mis en place la gratuité des transports en commun, Aubagne constate une hausse de 175% de la fréquentation. Si la réussite est essentiellement due à l'amélioration de l'offre, l'équilibre financier du système reste fragile.

Reportage vidéo  |  Transport  |    |  Marie Jo SaderActu-Environnement.com
Transports en commun gratuits et report modal : un exemple à suivre ?

Elle n'a pas occupé une place majeure dans le débat sur la transition énergétique et pourtant la mobilité fait partie des questions incontournables en la matière.

À l'instar de Compiègne (60) et de Châteauroux (36), Aubagne (13) a choisi d'instaurer la gratuité dans son réseau de bus. Les motivations sous-jacentes à cette mesure peuvent être économiques et sociales (redynamiser le centre-ville, améliorer le pouvoir d'achat, réduire l'isolement…) mais dans le cas d'Aubagne il s'agit d'une volonté environnementale.

Le pari est-il réussi? Quatre ans après, l'agglomération constate que 35% des usagers des transports collectifs proviennent du report modal. Des personnes qui auraient ainsi choisi d'abandonner la voiture pour le bus ce qui a pour effet de décongestionner la ville. Quand on sait que l'automobile en milieu urbain mobilise 80 à 90% des budgets publics consacrés au déplacement, ce report modal devrait également permettre à la collectivité de réduire ses coûts.

Il est néanmoins prouvé que la progression de la fréquentation des transports doit être conjuguée avec une amélioration des services. A Aubagne, 15% de bus supplémentaires ont été mis sur le réseau et un tramway est actuellement en construction. Ces investissements ont pu être financés par le versement transport, une taxe d'entreprise que l'agglomération a pu augmenter après avoir dépassé le seuil dans 100.000 habitants. Mais la collectivité n'est pas à l'abri du risque que les recettes liées au versement transport diminuent par rapport au coût d'exploitation du réseau ce qui l'obligera à puiser dans son budget pour combler le déficit, au risque d'augmenter les impôts locaux ou de réduire sur les moyens dédiés à d'autres secteurs.

Réactions13 réactions à cet article

 

Les transports gratuits a la RATP? Etant donné
+le montant actuel des subventions,
+le cout du système de vente et contrôle des billets,
+du personnel dédié a ce système (entretien technique, contrôleurs de billets)
il suffirait vraisemblablement de peu de choses pour passer à la gratuité. Les subventions proviennent pour une part importante des amendes de stationnement dans Paris. Depuis que les écologistes ont supprimé les dernières places gratuites et réduit d'un tiers au moins les surfaces de stationnement le montant des amendes est devenu une importante source de revenus (et de contrariété pour les USAGERS).

ami9327 | 05 juin 2013 à 13h49
 
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Très bon reportage :-)

Daaaavid | 06 juin 2013 à 08h38
 
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Si l'amélioration du transport public dans le cadre de la transition énergétique est une bonne question. L'analyse des chiffres d'Aubagne me laisse perplexe.

En effet, d'autres études montrent, qu'en cas de passage à la gratuité dans un service public, l'augmentation de la fréquentation est artificielle.
La méthodologie de comptage tout d'abord : dans un schéma payant on ne prend en compte que les voyageurs qui valident leurs titres + un pourcentage de fraudeurs ; dans un schéma gratuit on compte l’intégralité des voyageurs au réel.
De plus, quelle est la distance parcourue par le voyageur ? Lors d’un passage à la gratuité, il est constaté que les voyages supplémentaires ont lieu sur de très courtes distances (2à4 arrêts).
Le passage à la gratuité n’entraine pas de changement de mentalité de la part des utilisateurs. Si vous ne prenez pas le bus aujourd’hui pour aller travailler, ce n’est pas pour une notion de prix, les transports en commun sont déjà moins chers qu’une voiture.
Vous n’attendrez pas non plus le bus plus longtemps même s’il est gratuit.
La gratuité entraine donc une augmentation artificielle de la fréquentation d’un réseau. Pour sur, la fréquentation automobile de l’agglo a donc baissé ??!!!

Jo_le_métro | 06 juin 2013 à 09h31
 
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Aujourd’hui un réseau de transport public est financé par 3 biais : l’utilisateur (= le voyageur), le Versement Transport (= les entreprises), la collectivité.
Si vous augmentez votre fréquentation, vous allez devoir augmentez votre offre, donc augmenter le cout de fonctionnement de votre réseau et ce tout en retirant une partie de vos recettes.
Ou trouve-t-on donc le manque à gagner autrement que par l’augmentation du VT (qui de tout façon est plafonné) et par les impôts.
Le réseau « gratuit » devient alors en réalité plus cher qu’auparavant.

Je ne pose pas non plus tout les problèmes liés à la qualité de service qui va quand à elle diminuer (service voyageurs, maintenance, etc…).
L’avenir du transport public passe aujourd’hui par l’inter-modalité, soit une meilleure cohérence, souplesse, et faciliter d’utilisation entre les différents modes de déplacement (bus-voiture-trains-tram-vélo-etc…).
Rendre l’offre de bus gratuite ne favorise l’inter-modalité avec les autres modes de déplacements.

L’amélioration du transport public entrainant un changement de mentalité de l’utilisateur générant un délaissement de la voiture passe par l’inter-modalité (liaison bus-train-vélo) et par la valorisation du bus sur la voiture (voie de bus prioritaire, tram, métro).
On pourra alors parler de transition énergétique….

Jo_le_métro | 06 juin 2013 à 09h33
 
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@ Jo le métro : exact !
Il n'est prit en compte que ceux qui valide un ticket, les autres, et ils sont nombreux, ne sont pas compté ; se serait pourtant simple à faire puisqu'il y a des cameras dans les bus.
De plus, le terme gratuit est tout simplement faux car le transport est payé par tous ceux qui paient des impôts ! TOUS ! Il faut bien payer les employés et comment le faire si ce n'est par l’impôt ?!
Sans oublier l'entretient du matériels et la création de nouvelles lignes car à se moment là les usagers les réclameront.
Il n'y a pas que le transport qui entre en ligne de copte, il y a le temps de transport ; mettre plus du double du temps voire le triple est très dissuasif, surtout pour ceux qui se déplacent difficilement ou avec des paquets !
Ce n'est pas aussi simple que cela en a l'air d'utiliser les transports en commun.

Maurice | 07 juin 2013 à 08h05
 
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Dans les réactions, certains n'ont pas compris qu'il n'y a pas besoin de ticket ou de validation quelconque pour prendre les bus Aubagnais et bientôt le tramway ou le futur tram-train.

Je ne sais pas vraiment comment les comptes sont faits sur le nombre d'usagers, mais les grèves pour agresssions de chauffeur ou dégradations sont moindres. Une économie est faite sur l'entretien d'appareil de validation de tickets, les postes de contrôleurs et de vente, le temps de chaque arrêt pour la prise en charge des usagers est plus court.

Les touristes et gens de passages bénéficient ainsi facilement du service (il suffit d'une information sur les lignes).

Comment dire autrement, même si tout travail nécessite un financement que les transport ici, sont pris gratuitement ?

En tout cas un Lillois ou un estranger qui promène à Aubagne le fera gratuitement (What so sweety) !

Je trouve que dans un contexte difficile, si tous nous avions des transports sans souci direct de coût, notre temps et énergie s'en sentirait que mieux. (Avis au gourvernement qui voudrait presque métropoliser Marseille comme on karcheriserai dans d'autres contrées).

Marcel d'Aubagne | 08 juin 2013 à 11h28
 
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Le seul pari qui est gagné, c'est le taux de FRAUDE qui passe à 0% si le transport devient gratuit !!!

A ami9327,
Le coût du système de vente, du contrôle, du personnel ??? Laissez moi rire, 30 contrôleurs pour 25 Millions d'usagers... le coût est parfaitement ridicule. Il n'y a plus personne aux gichets. Bref je dirais qu'il vaut mieux du personnel et améliorer l'accueil. Des travailleurs en plus, c'est plus d'argent pour les collectivités.

Pour en revenir à cette expérience de transport "gratuit", et le 175% de hausse de fréquentation. Entre les 100% d'usagers payant d'avant + les XX% de fraudeurs non comptabilisés d'avant, la hausse de fréquentation est probablement bien faible.


L'autre avantage certain, c'est au moins que les gens honnêtes d'avant ne paient plus 2 fois leur prix de transport.
En effet, avant ils payaient leurs impôts locaux (plus ou moins proportionnels à leur revenus et qui paie une partie du transport en commun) plus le ticket (forfait pour tout le monde). Maintenant tout le monde participe en fonction de ses revenus ou plutôt de la surface de son logement.
Ca se discute, mais l'idée que tout le monde participe au transport en commun peut se justifier. Entre tout le monde paie comme en URSS ou tous les usagers paient en fonction de leur usage, ce sera un éternel débat.

Je suis personnellement pour l'égalité, tout le monde paie pour son usage. Ca limite la dépendance aux allocations... et on réfléchit avant de gaspiller !

fred | 08 juin 2013 à 23h17
 
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Si chaque citoyen doit contribuer (financièrement) à l’organisation de la cité, il ne doit en aucun cas financer intégralement l’intégralité des services afin de disposer de tout « gratuitement » ensuite. Quid des crèches, des cantines, des services scolaires, des services culturelles, des services aide à la personne, à l’emploi, etc…
La gratuité pose alors une question morale : est il bon de faire croire qu’on offre un service qui à un cout ?

Et pour information le train-tram de Lyon desservant le centre ville à son aéroport St Exupery coute 13.50€ l’aller retour… Qui pourrez financer la gratuité ??!!!
Dans ce cas, rendons-les TER gratuits puisqu’ils participent aussi à l’essor des collectivités locales…

Et rassurez-vous messieurs, si demain tous les transports sont gratuits, il n’y aura pas moins de voitures et d’embouteillages et centre ville !

Jo_le_métro | 10 juin 2013 à 10h30
 
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Je dois avouer ne pas être d’accord avec Marcel d’Aubagne.
Tout d’abord la gratuité n’entraine pas moins d’incivilités à bord des véhicules et encore moins de dégradations, ce serait même pire à ce niveau là.
La suppression des coûts de billettique sont assez faible dans un budget total de transport. De plus, le matériel embarqué servant à l’utilisation des girouettes ou de l’information voyageurs à bord du véhicule reste présent.
Quand au passage à la gratuité, les contrôleurs deviennent agents de médiation, car ils sont nécessaire quelque soit la tarification du réseau.

Pour moi, la principale problématique vient du financement du réseau si l’on supprime la contribution du voyageur (même déduction de ce coûte un système de billettique, d’impression, distribution, vente de titre, contrôle, etc…).
Je ne suis pas d’accord de dire que via la gratuité tout le monde paye la même chose comme peut l’entendre FRED. Il existe des déjà des tarifs sociaux pour les utilisateurs, comme l’impôt n’est pas le même pour tous, et heureusement.
Le réseau de transport à un coût dont il faut s’acquitter. Si le client utilisateur ne le paye pas de manière directe (=ticket de bus), la contribution de la collectivité devra augmenter soit au moyen d’augmentation d’impôt, soit au détriment d’un autre service (voir les 2 vu la santé financière de notre pays).

Jo_le_métro | 10 juin 2013 à 10h32
 
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@ Jo le métro : évidement que la gratuité n’arrête pas l'incivilité, l'incivilité est un comportement morale, cela n'a rien à voir avec le paiement d'un service !
 –
@ fred : Les services publique ne sont gratuit qu’apparemment, tous ceux qui paient des impôts les paient même s'ils ne les utilise pas. Ceux qui ne paie pas d’impôts les paient aussi par l’intermédiaire des taxes divers. RIEN, n'est réellement gratuit ! À par les coups de pieds au cul.

N'oublions pas que les transports en commun de la région parisienne sont subventionnés par tous les contribuables français. TOUS ! Voyez le prix d'un ticket à la RATP et dans une autre ville de France, c'est le cas de le dire : y'a pas photo. Et la carte orange qui ne va plus avoir que 2 ou 3 zones... qui va payer ?!

Maurice | 11 juin 2013 à 07h01
 
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En proposant la gratuité pour les transports RATP je considérais que cela développerais la fréquentation. Il y a un consensus sur cette nécessité et que le cout serait réduit .
En vérité si on devait payer LE JUSTE PRIX tout le monde (ou presque!) renoncerais aux transports en communs.
L'autre chose signalée par @Maurice est que la France entière paye une partie des transports de la région parisienne...(juste pour info la RATP ce sont 40 000 employés, le fonctionnement du métro est en cours d'automatisation complète et des lignes sans conducteurs existent, mais ça n'a pas réduit les effectifs pour autant. L'autre absurdité est que les guichetiers ne vendent plus les billets, ils regardent les gens se servir aux automates!!! La seule chose qu'on peut leur demander ce sont des renseignements...)

ami9327 | 11 juin 2013 à 22h59
 
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J'aimerais ajouter 2 ou 3 choses :

- l'idée d'avoir le transport en commun gratuit est géniale. Personne ne le niera. Pouvoir monter dans un bus, quand on veut, sans se poser de question, pour les touristes, etc... je trouve cela génial !

Mais à quel prix....

- la qualité de service. Il faut bien se douter que plus le prix est faible, plus la qualité baisse. C'est comme cela dans tous les domaines, et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement dans les transports. Déjà que quand on paie son ticket, il faut attendre minimum 10 minutes pour un bus, alors..
Autre exemple : le vélo à Paris et dans d'autres villes. Paris indique souvent le nombre de kilomètres de pistes cyclables. Mais quand vous interrogez des cyclistes,
ceux qui veullent aller au boulot (donc les habitués et ceux qui veulent optimiser leur temps de transport) répondent que les pistes cyclables sont totalement innadaptés. A paris, les pistes cyclables change de côtés des voies régulièrement, se séparent, se rassemblent, disparraissent, recommencent en permanence. De plus, les feux et la bateaux sont très désagréables. Donc les 'pros' vont sur la route et se font ""engueuler"" par les automobilistes.
Ceux qui veulent regarder le paysage ? Ils vont le week end quand il n'y pas de voitures à paris !
C'est gratuit mais pas adapté !

.../...

fred | 11 août 2013 à 12h23
 
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.../...
-Pour les frais de fonctionnement (système de vente et contrôle des billets, entretien technique, contrôleurs de billets)
Il y a les gichets, qui déjà aujourd'hui ne sont utilisés que pour donner des renseignements! Et oui, ils ne vendent plus de tickets depuis un moment déjà (c'est tellement dommage de réduire le travail de ces personnes à cela, la personne qui a eut cette idée doit se retourner dans sa tombe !!!). Cette situation ubuesque ne perdurera pas, c'est évident. Et avec un transport gratuit, ce sera exactement la même chose.
Il y a aurait donc les machines à côté des gichets... mais à défaut de fournir des tickets, elles seront obligatoire pour donner des informations. On ne les supprimera pas de sitôt.

- Contrôle des tickets et fraude : quelqu'un aurait les chiffres exacte ?
Parce que la RATP ne voit rien à y redire. Dans le rapport annuel, aucun chiffre, aucun problème. Et quand on veut mettre en place un système de comptage, il est vite bani par les hautes autorités comme celui de 2012.
Sérieusement, vous avez déjà regardé qui valide son ticket ? le taux de fraude doit bien atteindre 30%. Et je ne vous parle pas du TRAM !!!
Et combien de controleurs... Aujourd'hui, combien sont-ils ?
Avec le service gratuit, plus de controleurs, c'est sur ! Mais comme il n'y a déjà aucune fraude, l'économie de ne sera que faible.
Par contre il faudra toujours un service de sécurité minimum. Il y aura toujours des personnes qui en fin de service qui ne voudront pas ...

fred | 11 août 2013 à 12h25
 
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