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Actu-Environnement

Le programme PRIMEQUAL dévoile de nouveaux résultats sur la pollution atmosphérique

Les derniers résultats du programme de recherche PRIMEQUAL présentés début octobre confirment notamment la nocivité des polluants formés par certains pots catalytiques et le danger des particules fines et ultra-fines.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Depuis 1995, le programme de recherche inter-organismes PRIMEQUAL vise à fournir les connaissances scientifiques et les outils nécessaires pour surveiller et améliorer la qualité de l'air afin de minimiser les risques pour la santé et l'environnement. Il rassemble plusieurs communautés scientifiques concernées par la pollution de l'air et ses impacts : météorologie, biologie, médecine, mathématiques ou encore sciences humaines. À l'occasion d'un colloque de restitution des travaux qui s'est tenu à Rouen début octobre, de nouveaux éléments concernant les risques de la pollution atmosphérique sur la santé ont été présentés.

Une étude réalisée sur l'air ambiant à Paris s'est notamment intéressée aux impacts potentiels de la pollution par les particules fines et ultra-fines sur l'appareil respiratoire humain. Manifestations inflammatoires des voies respiratoires, allergies, crises d'asthme et bronchites chroniques à long terme sont autant de conséquences sanitaires déjà identifiées mais l'étude s'est particulièrement intéressée au facteur taille de ces particules. Les particules fines sont celles dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 et 1 millionièmes de mètre (PM2,5 et PM1) tandis que les particules ultrafines ne font pas plus de 0,1 millionièmes de mètre de diamètre (PM0,1). Cette étude a permis de caractériser la composition chimique pour les différentes tailles de particules présentes. Les effets de chaque fraction granulométrique ont été étudiés et les résultats confirment le rôle prépondérant des fractions les plus fines dans la réponse inflammatoire des cellules pulmonaires et donc le rôle prépondérant joué par le trafic automobile à l'origine de ces particules.

Une seconde étude s'est intéressée à l'impact d'une inhalation de pollution automobile sur les fonctions cardiaques, reproductrice et rénale. Plusieurs scénarios ont été étudiés et notamment la présence ou l'absence de pots catalytiques. Destinés à réduire les émissions de polluants, ces équipements modifient les composés rejetés en les oxydant à très haute température (entre 500 et 1.000 °C) au travers d'un réseau de micro-alvéoles. L'étude a montré que, comparées aux émissions non post-traitées, ces émissions sont de nature à induire un stress oxydant important chez le rat au niveau du poumon, du coeur, du foie et du rein. Il semblerait que le dioxyde d'azote (NO2) soit responsable d'une part importante de ces effets. Au regard de ces résultats, les stratégies de dépollution des fumées des moteurs, élaborées pour répondre à l'évolution de la réglementation « Euro », laissent entrevoir une aggravation du potentiel oxydant et des émissions de dioxyde d'azote (NO2) des moteurs Diesel. Les auteurs de l'étude estiment donc qu'il convient d'accélérer la mise au point de dispositifs d'élimination des oxydes d'azote émis par les véhicules légers afin de limiter l'exposition des Européens.

Si ces études constituent une avancée notable dans la compréhension des effets de la pollution atmosphérique sur la santé et notamment la pollution automobile, elles n'en sont pas moins difficiles à traduire en acte politique et mettent en évidence la complexité des solutions à apporter. L'existence d'un risque pour les particules ultrafines laisse supposer que leur surveillance devrait être envisagée à grande échelle afin d'évaluer l'exposition de la population et la mise en place d'une réglementation pourrait s'avérer nécessaire. À l'heure actuelle, seules les particules PM10 et PM2,5 sont mesurées mais alors que le faible diamètre des PM2,5 les rend plus dangereuses, ces particules ne bénéficient pas encore de réglementation contrairement aux PM10. Ce devrait bientôt être chose faite lorsque les instances européennes se seront mises d'accord sur les normes à appliquer.
D'autre part, la mise en évidence d'un risque accru lié à l'existence des pots catalytiques révèle également le difficile équilibre à trouver entre la réduction de certains polluants et l'apparition ou l'augmentation d'autres substances.

Cette interprétation délicate des résultats de recherche par les pouvoirs publics a été mise en évidence à travers un rapport d'évaluation du programme PRIMEQUAL. Le rapport indique une grande difficulté à transcrire les résultats en données opérationnelles pour les décideurs. La recherche et la décision publique ne fonctionnent pas sur la même échelle de temps ; il peut se passer une longue période avant que le résultat puisse être utilisé par les décideurs, précise le rapport. L'absence des collectivités territoriales est également un point faible du programme compte tenu du poids de ses dernières dans les politiques relatives à la qualité de l'air (PRQA, PDU, …). En réponse, il est prévu d'associer ces collectivités au Comité d'orientation du programme et d'accorder davantage de place aux recherches en sciences humaines et sociales. Le programme PRIMEQUAL s'engage ainsi en 2008 dans une nouvelle dynamique qui visera à associer davantage et de manière plus systématique les producteurs de connaissances et leurs utilisateurs pour une meilleure prise en charge des risques liés à la pollution atmosphérique.

Réactions3 réactions à cet article

 
On sait mais ils ne font rien!!!

Bonjour,

Pendant combien de temps va-t-il falloir accumuler les données sur la toxicité de certains rejets atmosphériques avant de faire quelque chose.
Les industriels dans leurs activités de production acceptent maintenant le concept BAT Best available technology, la meilleure technologie disponible sur le moment.
Pourquoi n'est-ce pas appliqué sur les produits vendus!!! Pourquoi aujourd'hui toutes les voitures ne sont-elles pas équipées des catalyseurs idoines? Pourquoi n'y a -t-il pas plus de rééquipement (retrofitting) de véhicules lourds (autocars, bus, poids lourds etc).
Ca coûte sans doute trop cher, trop cher à qui. Marre à la fin de faire des tas de cagnottes qui doivent chacunes faire le max de bénef. Tout le monde sait qu'optimiser des petits bouts ne conduit pas à optimiser le tout.

Joyeux Noël, polluez bien

Gugu | 13 décembre 2007 à 10h46
 
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Si j'ai tout bien compris.

Si j'ai tout bien compris,la production de particules fines,très fines etc...,serait dù aux véhicules DIESEL.Et bien moi j'ai une idée, suprimont les véhicules diesel autant que faire se peut,mais voila les constructeurs et les petroliers sans foutent plein les fouilles.Et oui mesdames et messieurs le gas-oil est l'un des carburant les plus difficile à dépolluer contrairement au gaz .Avez vous vu chères ami un catalizeur ou un filtre à particules sur la gazinière de votre cuisine,de la meme manière avez vous vu des études faites sur la toxicité d'une gazinère ..et ben non.. Pourquoi,et bien pour la meme raison que l'on impose par la lois et ce depuis lonptemps dans des locaux fermés des véhicules(type chariot élévateur) au gaz ou electrique mais les véhicules diesel sont interdits.Alors au lieu de chercher des nouvelles normes pour les véhicules diesel qui à chaque fois induisent des nouvelles pollutions un peu plus dangeureuse il vaudrait mieux produire des véhicules gpl,gnv et biocarburants,qui sont des autos simple à dépolluer à moindre cout.

gazier | 14 décembre 2007 à 15h36
 
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erreur de cible

Les transports routiers représentent 12% des émissions PM2.5 et 15% des PM1.0. Les émissions globales sont en baisse depuis plusieurs années.

Primequal peut toujours se plaindre de ne pas être pris en compte par les politiques publiques: quand on se trompe à ce point sur les leviers d'action concrète, cela semble pourtant logique. Ou c'est la présentation qui en est faite dans l'article?

Souhait de ma part à l'intention d'Actu-Environnement: un article actualisé présentant le (vrai) tableau des PM et les solutions pour réduire encore plus vite ces saletés.

NB: les filtres à particules seront de facto sur tous les diesels à compter de 2009 (norme européenne établie en 2005 ou 2006).

Toto | 21 décembre 2007 à 12h05
 
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