En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Energies fossiles : pour limiter les tensions, l'efficacité énergétique jouera un rôle majeur

Les conflits internationaux augmentent l'insécurité énergétique. L'approvisionnement en énergies fossiles pourrait connaître des tensions d'ici 2040, estime l'AIE, qui appelle à de réels efforts d'efficacité énergétique.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Le système énergétique mondial est plus qu'incertain ces dernières années. "Les bouleversements qui secouent le Moyen-Orient, région qui reste l'unique source importante de pétrole bon marché, ont rarement eu une telle ampleur depuis les chocs pétroliers des années 70", note l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport sur les perspectives de l'énergie dans le monde (WEO 2014). De plus, "le conflit entre la Russie et l'Ukraine a ravivé les inquiétudes sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz".

Pourtant, la demande en énergie ne cesse de croître, tirée par les économies émergentes. En 2040, elle devrait être en hausse de 37%. Les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) représenteront à cet horizon les trois quarts des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Pétrole : la diversification des approvisionnements en question

L'instabilité politique du Moyen-Orient "est très préoccupante, car de nombreux pays dépendent de plus en plus de cette région pour satisfaire leurs besoins croissants en pétrole", note l'AIE. En 2040, l'Asie représentera les deux tiers de la consommation de pétrole produit dans cette région.

Si, autour de 2020, la demande de pétrole devrait atteindre un pic, elle pourrait néanmoins représenter 104 millions de barils par jour (mb/j) en 2040, contre 90 mb/j en 2013. "Afin de répondre à lademande prévue, 900 milliards de dollars d'investissements par an seront nécessaires dans les années 2030 pour les secteurs pétrolier et gazier amont".

Or, aujourd'hui, certains investissements sont gelés, ou repoussés. Car à l'instabilité géopolitique s'ajoutent d'autres incertitudes concernant "le développement des gisements brésiliens en eaux profondes qui est complexe et nécessite des capitaux importants, le développement du pétrole issu de réservoirs compacts [tight oil] aux Etats-Unis difficile à reproduire à une échelle identique en dehors de l'Amérique du Nord, les questions non-résolues qui affectent la croissance de la production des sables bitumeux canadiens, les sanctions qui restreignent l'accès de la Russie aux technologies"

Gaz : l'évolution des prix sera déterminante

Pour le gaz, certains pays nourrissent des inquiétudes quant à leur approvisionnement à court terme. C'est le cas de l'Union européenne, particulièrement inquiète du conflit entre la Russie et l'Ukraine. "Une interruption prolongée aurait un impact important dans l'UE, les Etats membres orientaux et les pays de la Communauté de l'énergie étant les plus touchés", soulignait la Commission européenne, mi-octobre, lors de la publication d'un rapport sur la résistance à court terme du système gazier.

En cas de rupture d'approvisionnement, certains pays, comme la Finlande, l'Estonie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie pourraient être privés de 60% de leur gaz, indique l'UE.

Les Etats envisagent, dans ce cas, de diversifier leurs sources d'approvisionnement, d'utiliser les ressources et stocks stratégiques, de réduire la demande et de changer de combustible lorsque c'est possible. Mais la Commission s'inquiète de possibles stratégies nationales de repli et de réactions interventionnistes. Elle en appelle à une plus grande collaboration pour éviter l'isolement de certains.

A plus long terme, les inquiétudes seront "en partie dissipées par l'augmentation du nombre de fournisseurs internationaux, la multiplication par près de trois des sites de liquéfaction dans le monde et la part grandissante de GNL [gaz naturel liquéfié] qu'il est possible de réorienter afin de répondre aux besoins à court terme de marchés régionaux toujours plus interconnectés", estime l'AIE. La demande en gaz connaîtra pourtant une forte croissance. Cette énergie devrait prendre la première place du mix énergétique des pays de l'OCDE en 2030.

Reste une incertitude sur les prix, estime l'AIE : le gaz doit être accessible aux consommateurs "tout en atteignant un niveau suffisant pour attirer les investissements de grande ampleur nécessaires à son approvisionnement".

Efficacité énergétique : les efforts politiques doivent être soutenus

Les efforts d'efficacité énergétique et l'essor des énergies renouvelables devraient toutefois permettre d'atténuer les pressions sur l'approvisionnement énergétique. "Mais il n'est pas aisé d'infléchir les tendances énergétiques mondiales, et les inquiétudes soulevées par les questions de sécurité et de durabilité de l'approvisionnement énergétique ne se tariront pas d'elles-mêmes", souligne l'AIE. Cette dernière appelle les responsables politiques et industriels à faire une transition énergétique "voulue plutôt que subie".

Selon ses estimations, l'efficacité énergétique pourrait permettre de réduire la demande de pétrole de 23 mb/j en 2040, "soit plus que la production de pétrole actuelle cumulée de l'Arabie Saoudite et de la Russie", et de gaz de 940 milliards de mètres cubes, "une valeur supérieure à la production actuelle de gaz de l'Amérique du Nord".

Réactions3 réactions à cet article

 

Cet article présente des faits réels mais occulte (volontairement ou pas?) une réalité autre.
On parle de pic de demande en pétrole en 2020, or ce pic a déjà été atteint. En effet, même si la demande augmente, on ne sait plus (de façon significative bien sûr, on ne parle pas de 100 barils/jour) accroître l'extraction, les débits des puits s'amenuisant de jours en jours à peine compensé par les nouvelles extractions qui soit en passant sont de plus en plus énergivore (ration du nombre de barils à brûler pour en fournir 1000 pour finir par en brûler 1 pour en extraire deux).
A ce jour, la crise a masqué le phénomène (ou le phénomène a créer la crise?).
On compense par le tout électrique produit par le charbon, mais cela ne peux pas durer.
Pour économiser de l'énergie, il faut d'abord en consommer, ce qui fait que le phénomène ne peut être massif et deviendra assez rapidement non compensable, et rend la décroissance inéluctable (et encore plus si on la ramène à l'être humain du fait que nous sommes toujours de plus en plus nombreux).
Il faudra aussi prioriser les actions même si non politiquement correct et arrêter de vouloir gagner 500l d'équivalent pétrole pour se chauffer quand dans le même temps on consomme 1 tonne par voyage low cost.
C'est difficilement compréhensible par le commun des mortel qui a l'impression de vivre dans un monde infini, mais ne pas oublier que dans notre monde fini, la somme des angles d'un triangle ne fait pas 180° comme on nous l'a appris à l'école

zaravis | 20 novembre 2014 à 09h59
 
Signaler un contenu inapproprié
 

On peut essayer de mettre des voiles, d'améliorer l'efficacité des machines, ou de le repeindre en vert ,si on ne change pas de direction donc de capitaine, l' avenir du Titanic sera toujours aussi compromis.

lio | 20 novembre 2014 à 15h44
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Manuel Valls a bien compris le message et les enjeux de l'efficacité énergétique. C'est pourquoi il vient d'annoncer qu'il reportait de 3 ans l'application de la RT2012 pour les logements collectifs neufs.

rabitsky | 21 novembre 2014 à 15h51
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager