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Actu-Environnement

Les pressions exercées par le secteur des transports sur l'environnement ne cessent de s'accroître

Un rapport dresse un constat sévère sur les pressions des transports sur l'environnement, non seulement en termes d'émissions de gaz à effet de serre et de polluants nuisibles à la santé mais aussi de bruit.

Transport  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Lors de la réunion annuelle de la Commission des comptes et de l'économie de l'environnement, un rapport « Mobilité transport, environnement » élaboré par le ministère de l'écologie et le ministère de l'équipement et du transport a été présenté. Il dresse un constat sévère sur les pressions des transports sur l'environnement, non seulement en termes d'émissions de gaz à effet de serre et de polluants nuisibles à la santé mais aussi de bruit ou de fragmentation des habitats naturels. Avec, sur les vingt dernières années le doublement du réseau autoroutier, une croissance de 90% du fret routier et l'ajout tous les ans de 450.000 véhicules particuliers au parc automobile, le transport est le secteur dont la contribution à la croissance des émissions de gaz à effet de serre est la plus importante et la plus soutenue, souligne le ministère de l'écologie. De ce fait, malgré une amélioration des émissions polluantes, la qualité de l'air des zones urbaines reste préoccupante. Du fait des normes établies par l'UE, et renforcées au début des années 1990, plusieurs polluants routiers ont diminué. La baisse des émissions unitaires des véhicules neufs a permis, malgré l'accroissement de la circulation, des diminutions d'émissions importantes en matière de dioxyde de soufre (réduction de la teneur en soufre des carburants), oxydes d'azote et composés organiques volatils, indique le rapport.
Mais de sérieux problèmes de qualité de l'air persistent cependant dans les zones urbaines où les transports contribuent à hauteur de 30 % à 50 % à la pollution liée aux particules fines (dont 87% sont émises par les véhicules diesel), et sont les premiers responsables des concentrations en oxydes d'azote, monoxyde de carbone, benzène et suies de combustion (fumées noires).
Selon l'OMS, en 2000, la pollution atmosphérique due aux particules en suspension représente, pour chaque personne dans l'Union européenne, environ 8,6 mois de vie perdue. En 2002, 3,3 % des décès d'adultes de plus de 30 ans en France seraient selon l'AFSSE imputables aux particules fines.
Si les émissions de précurseurs de la pollution photochimique ont baissé de 27% entre 1990 et 2000, les niveaux d'ozone sont demeurés en France au-dessus des seuils de vigilance, pour la santé humaine et la végétation, plus de 40 jours par an dans les zones urbaines et périurbaines entre 1994 et 2002, note le rapport. Dans les agglomérations en été, l'ozone est ainsi le principal responsable de la dégradation de la qualité de l'air, estime t'il.

Même si les véhicules émettent aujourd'hui 20% de moins de CO2 par kilomètre qu'en 1960, avec la croissance du trafic, les émissions de gaz à effet de serre du transport se sont accrues de 23% entre 1990 et 2004 et représentent dans leur ensemble 27% des émissions de GES. De plus, l'impact du transport aérien de la France sur le changement climatique pourrait augmenter de moitié d'ici 2025, souligne le rapport.
Outre la problématique en termes d'émissions de gaz à effet de serre, le rapport dresse également un constat sévère de la pression des transports sur les habitats et ses nuisances sonores. La route constitue le principal facteur de pression, avec 68% des nuisances des transports, devant l'avion (20%) et le train (12%). Du fait du trafic routier, plus de sept millions de personnes sont exposées à leur domicile à un niveau de gêne supérieur au seuil de 65dB jugé inacceptable par la réglementation, indique le rapport.

De ce fait le rapport note qu'en l'absence de mesures autres que les progrès technologiques des véhicules neufs et la mise en service de nouvelles infrastructures, les émissions s'accroîtraient de 13% d'ici vingt ans dans le transport routier, et de 17% au total compte tenu de la croissance plus forte du transport aérien. Dans la perspective de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, ce rapport met notamment en évidence la nécessité de mobiliser tous les leviers d'actions : progrès technologiques, mais aussi mesures incitatives importantes pour orienter les pratiques de mobilité, indique Nelly OLIN, le ministre de l'Ecologie. Les progrès technologiques ne pourront apporter une réponse significative aux défis environnementaux qu'à la condition d'importantes incitations, pouvant prendre aussi la forme d'actions normatives.

Le rapport indique que la taxation des carburants est un instrument adapté à la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre mais souligne que cette mesure rencontre des limites s'agissant de nuisances locales davantage liées à la circulation qu'à la consommation de carburants. En milieu urbain notamment, il note que des péages d'accès au centre ville, à l'instar du péage londonien apparaissent alors comme des instruments intéressants car davantage ciblés.

La taxation des carburants rencontre également des limites pour le transport routier de marchandises avec le développement du trafic international du fait d'approvisionnements qui peuvent être effectués à moindres coûts hors des frontières. Ainsi le rapport estime qu'un péage kilométrique, déjà instauré dans d'autres pays (Allemagne, Suisse, Autriche) permettrait d'égaliser la compétitivité des transporteurs se ravitaillant en France en assurant une meilleure couverture des coûts. Il considère également que la TIPP pourrait être révisée et davantage ciblée sur les émissions de gaz à effet de serre et que la part importante et croissante de la route dans le transport de marchandises souligne aussi la nécessité d'encourager le développement des alternatives à la route.

Enfin concernant le développement des échanges internationaux (transport de voyageurs et de marchandises), le rapport soulève la question de leurs émissions de CO2 et estime qu'il paraît aujourd'hui difficile de mettre en place un outil complet d'incitation à la réduction des émissions à l'échelle internationale. Actuellement les accords internationaux qui régissent ces secteurs interdisent toute taxation des carburants.
Selon ce rapport, la mise en place d'un marché de permis d'émissions de CO2 pour le transport aérien européen pourrait constituer une solution. Le projet d'étendre les marchés de permis de CO2 aux constructeurs et importateurs automobiles, avec l'objectif de répercuter sur les prix des véhicules les écarts de consommation et d'inciter aux innovations, mériterait en outre d'être accéléré.
Le rapport considère en revanche que les directives européennes, en cours ou en projet (révision des normes d'émissions des polluants atmosphériques, directive Euro vignette, surpéage en zone de montagne favorisant les reports vers le ferroviaire) apportent des éléments de réponses en favorisant progressivement une meilleure prise en compte de l'environnement.

Réactions10 réactions à cet article

 
Et la sobriété?

Au lieu de se poser la question de savoir si le diésel ou l'essence pollue plus en comparant 1960 et aujourd'hui à l'appui de chiffres: Pourquoi ne pas préférer les autres modes de transports: vélo roller train metro tramway (prendre la voiture dans le coeur de Paris n'est-elle pas une incohérence??).

La solution est en amont: chacun est responsable d'agir à son niveau individuel (prendre sa bagnole par ex...)

Cdt.

Marc

marc | 22 avril 2006 à 15h14
 
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Re:Et la sobriété?

L'addiction à la bagnole est une réalité pour nos sociétés malades de l'instantané. Le taux d'équipement des ménage est en constante augmentation. Dans certaines banlieues résidentielles, les ménages ne possédant qu'une seule voiture sont considérés comme des arriérés. Les ménages sans voitures ont difficilement accès aux services de base (supermarché, terrains de sport,...)

C'est l'ensemble de notre système qui doit être repensé. Les humains n'en peuvent plus. La superficialité, l'angoisse et les dépressions sont la conséquence des déséquilibres en cours.
Traiter les conséquences c'est bien (Yoga, psychothropes, chirurgie esthéthique,...) , s'attaquer aux causes c'est 100 fois mieux!

Redensification des villes, luttes drastiques contre les gaspillages, encourager le vélo et transports en commun. Du courage politique que diable! et par dessous tout laissons aux gens le temps de se déplacer !

Citoyen lambda | 26 avril 2006 à 21h50
 
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Re:Et la sobriété?

La voiture ne rend plus le service de mobilité pour lesquel elle a été conçue, car elle engorge tous les axes, ses utilisateurs étant devenu dépendant. Rappeler nous le nombre de déplacement de moins d'1km, ?
Pour réduire le transport routier inutile, puisque le gasoil n'est pas encore assez couteux, on pourrait :
- taxer tous les voyages à vide
- taxer tous les voyages à 10% (de nombreux camions traversent l'Europe avec très peu de chargement pour les besoins de l'aéronautique européenne... Ce n'est pas grave, c'est l'europe qui paie à renfort de subvention et les organismes vivants qui prennent la pollution...)
- n'autoriser que le ferroutage pour les déplacements de longues distances
- répercuter un coup écologique sur tous les produits et passagers transportés.

Jérôme | 27 avril 2006 à 05h42
 
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Re:Et la sobriété?

Une idée simple et qui rapporte de l'argent : cesser de subventionner les espaces pavillonnaires peu denses, en leur faisant payer leur VRD au vrai coût, au lieu de faire payer un coût moyen plus faible.

Dans le système présent, on subventionne les constructions étalées à l'écart, en maisons individuelles, car on ne leur fait pas payer le vrai coût marginal de leurs réseaux (routes, mais aussi électricité, téléphone, eau, assainissement...).

Garrigues | 27 avril 2006 à 11h27
 
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Nouveaux modèles de voiture

Une nouvelle voiture d'un groupe français dont le gabarit se situe entre 206 et 307 va peser A VIDE 250 Kg de plus que la 206 ...Il va bien falloir transporter ce surplus tous les jours ...Nos chers constructeurs disent que les moteurs évolent dans leur sobriété, ce qui est vrai, mais comme le poids à vide augmente, la consommation de carburant stagne, voire progresse. les pouvoir publics, qui autorisent la mise sur le marché des nouveaux véhicules via le passage aux mines sont directement RESPONSABLES de l'augmentation de la pollution. Alors que des solutions alternatives en matières de transports existent, le lobbye du pétrole exerce son pouvoir de grande nuisance jusque dans les arcanes du pouvoir. Exigeons de connaître le nombre de km qu'a fait un produit avant d'arriver au magasin et consommons localement, les transports s'arreteront d'eux même fautes d'acheteurs ...

Rémifasol | 27 avril 2006 à 12h29
 
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Re:Et la sobriété?

voilà encore une étude qui nous dit qu'on pollue et qui nous dit que c pas bien...

pour moi, voici les sujets importants :
1) aujourd'hui les femmes travaillent et ont besoin de leur indépendance. soit 2 voitures par couple
2) nous sommes dans une société de consommation ; chaque membre d'une famille a la voiture avec le permis (3 ou 4 voitures par famille, sans compter le scooter dès 14 ans !!)
3) la mode du 4*4 ... j'en parle pas, ca me répugne. à qu'en la surtaxe des véhicules les plus polluants?
4) transport poids lourds : vive le ferroviaire. surtaxons les PL en fonction de la kilométrage.
5) le transport aérien a explosé toujours pour le besoin de la société de consommation... les prix diminue, le nombre de vols augmente.

je pense qu'il y a très peu de solutions :
- surtaxer les véhicules les plus polluants,
- inciter au transport ferrovaire, toujours par la surtaxe
- ne pas laisser le prix des billets d'avions diminués autant, toujours par la surtaxe
-pour le nombre de véhicules par foyer, pas de surtaxe, juste une éducation difficile de la population dès l'école.

les taxophobe vont pas être contents

citoyen gamma | 27 avril 2006 à 12h57
 
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VIVE LE FLUVIAL !!

N'oublions pas le transport sur les canaux ou les fleuves d'Europe , il y a de quoi transporter des millions de tonnes . (Après avoir défini les finalités du transport , cad pas des matériaux pour fabriquer des voitures !!)

allons y | 27 avril 2006 à 13h49
 
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Abandon du ferroutage transalpin !!

Comment accepter alors l'abandon du projet de TGV et ferroutage transalpin, abandon qui a été officialisé par les italiens suite à la victoire de Romano Prodi aux dernières élections.
Arguments avancés : on ne peut pas réaliser un tel projet sans l'accord des populations, notamment écologistes.
Il y a de l'incohérence entre le constat qui est fait via votre article et la position des popupaltions qui veulent de l'air pur et des beaux paysages et qui crient haro sur le projet Lyon-Turin. Lorsque vous circulez dans les Alpes, la polution atmosphérique est visible à l'oeil nu. Les camions et voitures y sont pour beaucoup responsables. La solution du train permettrait de diminuer cette polution tout en permettant de poursuivre ou de développer les échanges commerciaux transalpins.
La recherche de solutions doit impérativement être suivie dans cette voie.

Emerald | 28 avril 2006 à 12h55
 
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Re:Nouveaux modèles de voiture

Excellente idée que l'étiquetage kilométrique d'un produit ! !
Ou alors un indice reflétant son impact environnemental en cumulant les carburants du transport et les intrants du packaging ainsi que ceux de la production ! !

neric | 30 avril 2006 à 10h53
 
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Re:Abandon du ferroutage transalpin !!

Bonjour,

Je souhaiterai connaitre vos sources concernant l'abandon du ferroutage transalpin, car je suis d'accord avec vous, (s'il est réel) cet abandon serait véritablement un nouveau constat d'échec sur l' utopie de voir naitre un jour une réelle politique europénne.

A66 | 08 mai 2006 à 15h14
 
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