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Rénovation : « Pour l'audit énergétique, ne revivons pas le chaos du DPE »

Jean-Christophe Protais, président du nouveau Syndicat interprofessionnel du diagnostic immobilier (Sidiane) explique à Actu-Environnement ses premières missions, à l'heure de la réforme du DPE et de la mise en œuvre de l'audit énergétique.

Interview  |  Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°423 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°423
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Rénovation : « Pour l'audit énergétique, ne revivons pas le chaos du DPE »
Jean-Christophe Protais
Président de Sidiane
   

AE : Que pensez-vous de la réforme du diagnostic de performance énergétique (DPE), lancée en juillet 2021, et qui a entraîné des couacs concernant les logements construits avant 1975 ? Quel est son impact pour la profession ?

Jean-Christophe Protais : La réforme du DPE est un sujet prioritaire pour les sept membres fondateurs de Sidiane. Les fédérations existantes, avec toute leur force et leur qualité, n'ont pas bien pu gérer le problème, après avoir pourtant tiré la sonnette d'alarme. C'est l'une des raisons de la création de Sidiane, qui, avec un modèle de fonctionnement différent, portera la voix de la profession sur ce dossier important. En la matière, le gouvernement a confondu vitesse et précipitation, en fournissant des logiciels pour réaliser ces nouveaux diagnostics, qui se sont avérés défaillants et ne correspondaient pas à la réalité estimée pour une partie des logements.

Les membres de Sidiane ont réalisé, depuis juillet dernier, environ 40 000 nouveaux DPE sur le territoire. Ils sont en train de compiler leurs données pour voir quel est l'impact du nouveau DPE en termes de classification par rapport à l'ancien. Ce sont des chiffres que l'on veut porter à l'administration car nous n'avons, jusqu'ici, pas d'étude sur ce sujet. Nous voulons avoir une vision synthétique sur les centaines de milliers de DPE faits, avant et après la réforme. C'est un élément majeur ! Car avec les modalités de calcul du nouveau DPE, il est estimé que, dès la fin de l'année 2022, plus de trois millions de logements sont menacés par une étiquette G « passoire énergétique ». Et bon nombre de ces logements seront considérés comme indécents (consommation d'énergie finale supérieure à 450 kWh/m2/an à partir de 2023) et ne pourront donc plus être loués par leur propriétaire.

AE : Où en est l'indemnisation des diagnostiqueurs pour les DPE qui ont dû être réédités pour les logements d'avant 1975 ?

J-C P : Nous dénonçons les règles inacceptables de compensation mises en place par l'État envers les diagnostiqueurs pour chaque DPE réédité depuis novembre 2021 pour ces logements. La somme de 60 euros n'est pas raisonnable pour regénérer un DPE, reconsidérer les recommandations, refaire parfois une visite pour collecter de nouvelles données chez les clients concernés ! Le montant de l'indemnisation devrait s'élever autour de 100 à 120 euros par DPE renouvelé. Il y a aussi le problème du règlement de cette indemnisation qui n'interviendra qu'en septembre ou en octobre 2022, ce qui pénalise la trésorerie des entreprises du diagnostic, notamment les indépendants et les TPE. Pour l'instant, le problème est que les diagnostiqueurs ne sont pas incités à rééditer les DPE. D'ailleurs, n'est-ce pas l'une des raisons du report de la date butoir des rééditions à fin avril au lieu de fin février ? Sur cette question, le calendrier électoral ne doit pas ralentir la résolution du problème.

AE : L'obligation d'audit énergétique des logements classés F et G vendus a été reportée au 1er septembre 2022. Comment sont formés les diagnostiqueurs habilités à réaliser cet audit ?

J-C P : Compte tenu de l'enjeu et du calendrier prévu à ce jour, le DPE et l'audit énergétique sont les premiers dossiers sur lesquels nous nous impliquons fortement et participons déjà aux discussions avec l'État. Nous souhaitons la réussite de l'audit énergétique et ne pas revivre le chaos du DPE parce que l'on confondrait vitesse et précipitation. La méthode envisagée par l'administration pour réaliser des audits va plutôt dans le bon sens. Mais il faut un calendrier de mise en œuvre réaliste, permettant de travailler avec professionnalisme, efficacité et sérénité. Concernant la qualification des diagnostiqueurs, le ministère prévoit soit une certification de la personne, soit une certification OPQIBI de l'organisme. Nous attendons la publication, d'ici à la fin mars 2022, du décret qui précisera les missions et les conditions de qualification des professionnels réalisant l'audit énergétique.

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour, et merci de votre intervention,
Ce nouveau DPE est ubuesque : il ne peut être utilisé pour décider de la nécessité de faire des travaux d'isolation - qui n'ont aucune influence sur les dépenses de chauffage d'ECS ni sur la consommation d'électricité... Par ailleurs, il est dit qu'en l'absence d'information précise sur le bâtiment, des données "standards" doivent être utilisées - donc sans tenir compte des travaux qui ont pu être accomplis après la construction. Or, dans une copro, ni le propriétaire actuel ni le syndic ne disposent de ces informations précises. Les collecter sur place est possible, mais le prix de cette enquête sera bien supérieur au prix facturé pour faire le DPE : cette expertise ne sera pas faite - et le bâtiment sera classé dans une catégorie supérieure...

danmasse | 18 février 2022 à 10h38
 
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L'écologisme aboutit encore (et toujours) à du n'importe quoi technique.
Les "métiers" du diagnostic thermique sont véritablement vérolés par des profiteurs incompétents et opportunistes.
Cela ressemble de plus en plus à l'étiquette "bio", c'est dire !

Albatros | 21 février 2022 à 11h50
 
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