En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Maisons à énergie positive : les retours d'expérience du projet Comepos

Afin d'anticiper la réglementation environnementale des bâtiments neufs en 2020, le projet Comepos a rassemblé ces dernières années plusieurs constructeurs de maisons à énergie positive. Le projet a évalué les performances et le confort des habitants.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Maisons à énergie positive : les retours d'expérience du projet Comepos

Le syndicat des constructeurs et aménageurs de la fédération française du bâtiment (LCA-FFB) et le commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont présenté, le 13 décembre, les premiers résultats de l'expérimentation "Comepos". Ce projet vise à mesurer l'impact énergétique et l'empreinte carbone de maisons neuves à énergie positive qui produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment. Comepos est un acronyme pour "conception et construction optimisées de maisons à énergie positive".

Depuis 2013, ce projet, coordonné par le CEA, est soutenu par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) dans le cadre du programme des investissements d'avenir. Les premiers retours d'expérience portent sur neuf maisons construites progressivement durant l'expérimentation. Celles-ci sont situées dans différentes régions de l'hexagone. Le projet Comepos rassemble des constructeurs mais aussi des industriels et des centres de recherche en mode collaboratif.

Les maisons ont été analysées en fonction des modes de construction, des zones climatiques, des innovations industrielles et des modes de vie des usagers. La plupart des habitants sont installés dans les maisons depuis 12 à 18 mois.

Contribuer à définir la prochaine RE 2020

Le projet Comepos contribue à définir la prochaine réglementation thermique et environnementale (RE) des bâtiments neufs à l'horizon 2020, avec une maîtrise des coûts. A cet horizon, tous les bâtiments nouvellement construits devront être à énergie positive (Bepos) et présenter des émissions carbone réduites sur l'ensemble de leur cycle de vie (construction et exploitation du bâtiment). Les maisons ont été testées en regard de l'expérimentation en cours par les maîtres d'ouvrage, du label d'Etat Energie positive et réduction carbone (E+C-) qui prépare la future réglementation.

A l'instar du label E+ C-, le projet a évalué les consommations d'énergie des cinq usages de la réglementation thermique RT2012 (chauffage, eau chaude, éclairage, climatisation, ventilation). Les consommations des équipements électriques de la maison ont aussi été prises en compte (électroménager et multimédia) ainsi que la part des énergies renouvelables. Les mesures ont été réalisées dans leurs conditions d'usage réelles en matière de consommation, de production et de stockage d'énergie et d'empreinte carbone. Le projet va plus loin que les normes du label E+C- en prenant en compte la qualité de l'air intérieur, le confort acoustique et visuel des occupants. Pour la qualité de l'air intérieur, des capteurs de CO2 mesurent en permanence le taux de dioxyde de carbone présent dans l'air.

"Tous les usages sont mesurés dans le but de récolter de vraies données pour comprendre comment fonctionnent ces maisons. Il est important que l'habitant sache ce qui consomme le plus ou moins pour en réduire les consommations et augmenter son confort par un comportement ajusté", a expliqué Etienne Wurtz, directeur de recherches au CEA-Liten, à Actu-Environnement. Le CEA est chargé du monitoring de l'ensemble des maisons.

Trois maisons du panel (IGC, Maisons France Confort et Maisons Extraco) ont déjà reçu le label E+ C- (niveau énergie E3 et niveau carbone C1). Pour les maisons individuelles, le niveau Energie 3 vise une réduction de 20 % des consommations d'énergies non renouvelables avec une production d'énergies renouvelables significative. Le niveau carbone 1 du label "est accessible à tous quel que soit le type de maison et de chauffage". Par exemple, la maison d'IGC en Gironde tire son énergie des panneaux photovoltaïques installés en toiture (autoconsommation). Via un onduleur, l'énergie captée alimente directement le réseau domestique tandis que le surplus est emmagasiné dans des batteries de stockage pour des besoins ultérieurs.

Au total, une vingtaine de maisons à énergie positive ont été construites dans le cadre du projet Comepos. Elles sont "habitées et reproductibles", a souligné M. Wurtz. Toutes ces maisons seront testées pour savoir à quel niveau E et C du label d'Etat elles se situent "afin de permettre d'avoir une idée de l'évolution de la prochaine réglementation". Et d'ajuster les normes appliquées. Le projet Comepos prévoit de suivre les habitants des maisons pendant encore 18 mois "pour récolter un maximum d'informations", a précisé Etienne Wurtz. Toutes ces informations alimenteront l'observatoire de l'expérimentation du label E+C- qui recense les données environnementales, énergétiques et économiques des projets.

Des maisons innovantes, confortables en limitant les surcoûts

Le surcoût d'une maison à énergie positive est estimé entre 3 à 5 % du prix du marché, hors photovoltaïque. Les panneaux photovoltaïques s'amortissent aujourd'hui avec les économies d'énergie sur une période de 10 à 15 ans. "Il suffit de 30 m² de photovoltaïque pour rendre une maison individuelle de 100 m² à énergie positive, tous usages compris", a indiqué M. Wurtz. Le projet vise à massifier ces maisons, via "des matériaux courants" et la réalisation de produits "assez simples pour l'isolation, pour la production, pour les systèmes ou l'intégration du photovoltaïque", a-t-il ajouté. L'objectif est d'absorber le surcoût avec le développement à grande échelle d'équipements "robustes, fonctionnels et pas trop chers".

Pour la production d'énergie, ont été évalués des solutions gaz, des pompes à chaleur sur eau ou sur air, du solaire thermique et des solutions hybrides dites "PVT" associant photovoltaïque et thermique. "Les premières tendances montrent de très bons résultats avec une émission par vecteur air dont la réactivité permet de garantir un excellent niveau de confort en tout temps", a observé Etienne Wurtz. "On a également pu montrer, avec la société Velux (partenaire du projet), l'amélioration du bien-être de l'occupant grâce à la généralisation des fenêtres de toit tant pour l'éclairage que le confort d'été". La dalle active, développée par les partenaires Vicat et Atlantic, permet aussi "d'améliorer le confort de l'occupant par des planchers basse température tout en minimisant les consommations d'hiver". Ce dispositif produit aussi de l'eau chaude sanitaire en été en récupérant la chaleur du sol, ce qui entraine un rafraichissement de la pièce. Les outils optimisés de pilotage énergétique ont aussi été développés en partenariat avec Delta Dore, spécialiste de la maison connectée.

Réactions1 réaction à cet article

 

Cette maison présentée comme modèle, qu'est-ce qu'elle a à énergie positive?
Quel est son bilan énergétique annuel?
C'est n'importe quoi!

Jean-Louis Gaby_03_solaire2000 | 19 décembre 2018 à 20h23
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…