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Actu-Environnement

L'agriculture bio souhaite un plan de développement ambitieux

Alors que le gouvernement lance la concertation en vue du prochain plan de développement de l'agriculture biologique, les acteurs du secteur mettent en avant les atouts de leurs filières, en terme d'environnement mais aussi d'emplois.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Le nouveau Plan bio devrait être présenté par le gouvernement en juin 2013, après plusieurs mois de consultations nationale et régionale. Son objectif : doubler le pourcentage de surface agricole utile (SAU) bio d'ici fin 2017, par rapport à fin 2012. A la fin de l'année, la SAU bio devrait représenter 4%, estime l'Agence bio. Le gouvernement table donc sur 8% d'ici cinq ans.

Un objectif à la baisse par rapport à ceux fixés par le Grenelle de l'environnement et non atteints : 6% de SAU en bio en 2012 et 20% en 2020. Le ministère de l'Agriculture a d'ailleurs commandé une évaluation du plan agriculture biologique 2007-2012, afin d'identifier les leviers mais surtout les freins au développement du bio en France.

Les acteurs du secteur profitent de cette période de concertation pour rappeler les atouts de leurs activités mais aussi donner des pistes pour accélérer la croissance du bio.

Un secteur en bonne santé

Le secteur de l'agriculture bio se porte bien : "Qu'il s'agisse de production ou de consommation, la bio affiche des progressions à 2 chiffres entre 2010 et 2011", indiquait l'Agence bio, au printemps dernier.

Plus de 35.000 opérateurs étaient engagés dans le secteur fin 2011 (+14% en un an), dont 23.000 producteurs (+12,3%) et plus de 12.000 transformateurs-distributeurs (+16%).

Une dynamique portée par la demande de produits alimentaires bio, qui a représenté, en 2011, 4 milliards de chiffre d'affaires (+11%), soit 2,4% du marché alimentaire total.

"Notre secteur poursuit sa croissance malgré la conjoncture, analyse Didier Roméol, vice-président du syndicat national des transformateurs bio (Synabio) et PDG d'Euro-Nat. Alors que la consommation alimentaire est en baisse, le bio continue à progresser, aussi bien dans la grande distribution que dans les magasins spécialisés".

Une tendance qui devrait se poursuivre d'après les signaux observés sur le terrain, estime Christophe Barnouin, PDG de Distriborg : "Les magasins spécialisés continuent à ouvrir et la grande distribution augmente la taille des rayons consacrés aux produits bio. La raison ? De plus en plus de Français prennent conscience que leur alimentation est au cœur de leur santé de demain".

Alors que de nombreuses études soulignent l'impact des pesticides sur l'environnement et la santé, et qu'une autre, qui vient de paraître, dénonce les risques sanitaires liés à la présence d'OGM dans l'alimentation, les acteurs du bio souhaitent que soient reconnus les bénéfices du développement de l'agriculture biologique pour la société. Et si les arguments environnementaux et sanitaires ne suffisent pas, ceux-ci rappellent que le bio est créateur d'emploi, de la production à la transformation des produits (+7,3% d'augmentation de la masse salariale chez les opérateurs aval entre 2011 et 2012) et qu'il redynamise les territoires.

Propositions pour le Plan bio

Alors que s'ouvre la concertation en vue du prochain Plan bio 2013-2017, la Fédération nationale de l'agriculture biologique, Bio Consom'acteurs et le Synabio demandent au gouvernement de soutenir la filière bio et de cesser les subventions aux pollutions agricoles. "Nous demandons également d'accroitre la recherche sur l'agronomie, qui est insuffisante aujourd'hui, indique Jean-Verdier, président de Synabio. Il faut également soutenir, via la relance d'un programme du type Fonds avenir bio, les filières déficitaires, notamment la production de fruits et légumes bio pour la transformation et le sucre". Le syndicat souhaite aussi que l'innovation de son secteur soit reconnue et qu'elle ne soit pas la grande oubliée de la future Banque publique d'investissement (BPI). Enfin, un soutien aux initiatives visant l'exportation des produits bio français est demandé.

Déjà, lors de la campagne présidentielle, la Fnab avait interpelé les candidats et présenté ses pistes de travail : donner priorité, pour le foncier, au bio par rapport à l'agriculture conventionnelle, développer la recherche, rémunérer les services environnementaux rendus via à un transfert des subventions…

Réactions4 réactions à cet article

 

Je suis totalement d'accord avec ce plan bio en regrettant toutefois qu'il ne soit suffisamment optimiste( +4% en 5 ans). Je soutiens totalement avec mes faibles moyens la politique de la FNAB. Il faut que tout le monde se rende compte de l'urgence de ce plan bio face aux effets nocifs pour la santé des méthodes de l'agriculture intensive uniquement préoccupée de ses rendements.

dsoubeyran | 30 septembre 2012 à 20h25
 
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Pourquoi vouloir exporter du bio, alors que nous n'en produisons pas suffisamment pour répondre à la demande nationale ?
N'est-il pas plus important d'aider de jeunes agriculteurs à s'installer et trouver des terres avant de se faire des plans sur la comète ?

Laurent | 01 octobre 2012 à 20h51
 
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IMPORTANT : Le label Ecocert trahit la confiance des consommateurs !!! Le règlement européen n° 834/2007 encadrant la production biologique précise que « toute souffrance est réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage ». Or, Ecocert vient de délivrer le label « Agriculture Biologique » à des steaks hachés issus de l'abattage rituel (provenant de bovins égorgés à vif et encore conscients). L'OABA (Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs) estime, comme beaucoup d’éleveurs, que l’abattage sans étourdissement préalable n’est pas compatible avec les principes de l’agriculture biologique qui prônent un plus grand respect des animaux. La certification Bio admet désormais les méthodes d’abattage particulièrement douloureuses pour les animaux. Le label Ecocert n’est plus synonyme de respect du bien être animal.

HeleneL | 06 octobre 2012 à 21h53
 
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Le label EcoCert se fout du monde depuis un bon moment. Il est temps de se réveiller... Par ailleurs, il me semble logique que l'agriculture, labellisée ou pas, se préoccupe de ses rendements (agronomiques, économiques) et de sa persistance dans la durée. Ce n'est pas l'apanage des adeptes de la religion bio. Ceux qui ne sont pas de cette religion sont aussi des gens respectables qui doivent en avoir un peu marre de se faire cracher au visage sans cesse.
Ras le bol des labels, bios ou pas bios. Depuis quand avons-nous besoin de tous ces labelliseurs parasites? Pourquoi ne pas questionner ce système dingue de la foire aux labels? No logos doit aussi s'appliquer à cette dinguerie.

Albatros | 10 octobre 2012 à 00h04
 
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