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Aquifer : un projet européen pour mieux gérer les eaux souterraines

Le projet Aquifer compte améliorer la connaissance des eaux souterraines dans un contexte de changement climatique et développer des outils pour mieux anticiper ses conséquences.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Aquifer : un projet européen pour mieux gérer les eaux souterraines

« La question de la prévision du niveau de la nappe d'eau souterraine reste peu exploitée, a souligné Ariane Blum, directrice régionale Languedoc-Roussillon du BRGM, à l'occasion de la conférence de lancement du projet Aquifer. Le challenge du projet est de parvenir à répondre vite avec fiabilité : comment anticiper la sécheresse, prévoir les impacts et transmettre l'information aux gestionnaires de l'eau ».

Prévu jusqu'en avril 2023, ce projet vise notamment à développer des connaissances et des outils pour accompagner les prises de décisions dans la gestion de la ressource mais également à améliorer la coopération et le transfert de technologies entre les centres de recherche et les entreprises. Quatre sites d'études pilotes ont été sélectionnés : les aquifères du Campo de Cartagena-Mar Menor (Murcie, Espagne), l'aquifère alluvial del Llobregat (Catalogne, Espagne), le bassin Adour-Garonne (France) et celui du Tage (Portugal). « Le choix des sites a été fait pour plusieurs raisons : ils sont soit en mauvais état [quantitatif et chimique] soit menacés de le devenir, note Naila Bouayed, en charge de ce projet pour l'un des fondateurs du pôle de compétitivité, le « pôle eau », Aqua Valley. Nous disposons d'une bonne complémentarité au niveau des enjeux : nous retrouvons la problématique des intrusions salines dans le delta de Llobregat et pour les trois autres sites des pollutions agricoles diffuses ».

Mise en œuvre d'outils de prévision du niveau des nappes

Parmi les axes de travail, les partenaires prévoient une analyse de l'état de l'art des instruments disponibles pour la surveillance des nappes. Ils souhaitent également équiper les sites de matériels pour le contrôle et la télétransmission de différentes données : piézométrie, température, conductivité électrique et nitrates. Les partenaires visent également une meilleure compréhension des eaux souterraines grâce à l'amélioration de l'estimation des paramètres hydrogéologiques. Pour évaluer la recharge, ils s'appuieront sur une approche innovante : l'utilisation des données satellitaires et agro-météorologiques. Concernant la pollution agricole, les partenaires comptent évaluer le potentiel de ruissellement ou d'infiltration des sols à partir de tests à la parcelle avec des capteurs et des enquêtes agricoles.

À partir de l'ensemble des informations recueillies, le second axe de travail vise la réalisation d'un modèle hydrologique 3D mais également d'outils de prévision du niveau des nappes. « Nous allons modéliser la chronique piézométrique passée puis simuler son évolution sur deux à trois mois de manière à prédire le niveau des nappes sur la base de différents scénarios climatiques, a expliqué Sandra Béranger, en charge du projet pour le BRGM. Ces simulations seront intégrées dans un outil disponible sur Internet ».

Les partenaires prévoient également un projet pilote dans la vallée du bas LIobregat, pour évaluer la possibilité d'introduire de l'eau – de surface ou recyclés - dans les aquifères souterraines, pour une recharge artificielle.

Réalisation de modèles pour l'atténuation et l'adaptation

Autre facette de cet axe de travail : la conception expérimentale de plans d'atténuation et d'adaptation à la rareté de l'eau que ce soit pour des raisons qualitatives ou quantitatives, pour les systèmes agricoles. Pour cela, un diagnostic pour évaluer l'état de la variable « disponibilité de l'eau » (DPSIR) sera réalisé. Des parcelles agricoles seront sélectionnées pour établir des modèles. Les partenaires souhaitent également lancer une caractérisation de l'eau, du sol et des systèmes de production agricole pour identifier les situations de pénurie.

L'ensemble des solutions de modélisation, de recharge artificielle ou de système de résilience à la sécheresse mise en œuvre feront l'objet d'une analyse coût-bénéfice.

Développer un service d'aide à la décision

Le projet Aquifer ambitionne également d'intégrer les aquifères dans les programmes globaux de gestion des ressources en eau. Pour cela, un troisième groupe va développer un service d'aide à la décision pour les gestionnaires de l'eau. Ce dernier permettra de visualiser les volumes exploitables pour différents usages en fonction de scénarios climatiques possibles. « Nous allons également analyser les contraintes et des difficultés de l'utilisation de l'eau de surface, de l'eau souterraine et de l'eau non conventionnelle », note Sandra Béranger.

Pour permettre une meilleure appropriation des résultats du projet, les partenaires ont prévu de réaliser des documents qui détaillent le fonctionnement des cycles hydrologiques des territoires d'études. Ces derniers seront adaptés aux différents publics : autorités de gestion de l'eau, la société civile ou les utilisateurs des ressources en eau.

Des enquêtes seront également lancées pour identifier les pratiques innovantes de gestion des eaux souterraines dans un contexte de tension sur la ressource. Celles-ci alimenteront notamment des fiches de bonnes pratiques.

Ce projet bénéficie d'un budget de près d'1,7 millions (dont 27 % pour la France), financé notamment par le Fonds européen de développement régional (Feder).

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