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Biodiversité : la Région Grand Est lance un programme avec le soutien de l'Europe

La Région Grand Est lance un programme en faveur de la biodiversité, avec un soutien de 26 millions d'euros de la Commission européenne au titre du programme Life. Cette dernière souhaiterait que l'expérience essaime.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Biodiversité : la Région Grand Est lance un programme avec le soutien de l'Europe
Actu-Environnement Le Mensuel N°423 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°423
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La loi 3DS, tout juste adoptée par le Parlement, renforce la compétence des conseils régionaux en matière de biodiversité. De quoi conforter la Région Grand Est dans sa stratégie pour la biodiversité. La collectivité a présenté à la presse, mercredi 16 février, aux côtés de la représentante de la Commission européenne en France, un programme financé par le programme Life, qui s'inscrit dans le cadre de cette stratégie. L'exécutif européen souhaiterait qu'il joue un rôle de démonstrateur pour d'autres actions territoriales.

« Nous avons fait le choix de ne pas créer d'agence régionale de la biodiversité au profit d'une imprégnation de tous les acteurs (économiques, ONG, élus, citoyens) aux enjeux de la biodiversité », explique Jean Rottner, président de la Région Grand Est. C'est dans cet esprit partenarial que la collectivité lance son programme Life Biodiv'Est.

Cinq cofinanceurs et quatorze partenaires

Doté de 26 millions d'euros (M€) sur dix ans au titre du programme Life, auxquels s'ajoutent 16 M€ au titre du Fonds européen de développement régional (Feder), le programme bénéficie également de cofinancements de l'État (Dreal), des trois agences de l'eau concernées (Rhin-Meuse, Seine-Normandie, Rhône-Méditerranée-Corse) et de l'Office français de la biodiversité (OFB). Les représentants de la Région se réunissent d'ailleurs tous les mois avec leurs copilotes afin de faire le point sur l'avancement de la stratégie.

 
L'objectif est de donner les moyens humains et financiers pour accélérer la mobilisation de tous  
Région Grand Est
 
Le programme s'appuie également sur quatorze partenaires parmi lesquels les six parcs naturels régionaux, le Parc national des forêts, l'Office des données naturalistes du Grand-Est (Odonat), les conservatoires d'espaces naturels (CEN), les conservatoires botaniques, la chambre régionale d'agriculture et les associations d'éducation à la nature. Des partenaires techniques, tels que l'Office national des forêts (ONF), le Centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) ou CDC Biodiversité, interviennent également dans le programme en tant que prestataires techniques.

Une trentaine d'actions

Que va permettre d'engager ce programme, qui prévoit la création de 25 postes, dont huit au sein de la Région ? Une trentaine d'actions sont prévues, qui vont de la création de dix nouvelles réserves naturelles à la mobilisation de 200 sites industriels en faveur de la biodiversité, en passant par le lancement de dix plans d'action pour des espèces (gelinotte) ou milieux (vieilles forêts, prairies naturelles) menacés, la réalisation de 50 atlas de la biodiversité communale, la mise en place de 50 zones de quiétude pour la biodiversité ou le suivi du changement climatique en forêt.

« L'accent est mis sur le développement d'une ingénierie, plus précisément sur les compétences techniques et écologiques à même d'analyser les enjeux à la croisée de l'écologie, de l'aménagement du territoire, de l'agriculture et de la sylviculture », précise la Région. D'où également de nombreuses actions en matière de soutien et de formation : création d'une cellule d'assistance technique « eau-biodiversité » pour accompagner les porteurs de projets, formation des élus et des professionnels, sensibilisation des élèves et des enseignants, etc.

« L'objectif est de donner les moyens humains et financiers pour accélérer la mobilisation de tous », tient à préciser la Région, qu'il s'agisse de maires, d'agriculteurs, de forestiers, d'industriels, de chasseurs ou de citoyens. Ainsi, « un premier appel à projets a été ouvert aux entreprises, avec un accompagnement financier qui pourra atteindre 50 000 euros par entreprise », indique Pascale Gaillot, présidente de la commission environnement à la Région. « Le soutien fait débat au sein de l'hémicycle régional », reconnaît Jean Rottner, à ce propos. En matière d'agriculture, le programme vise un réseau de 40 exploitations vitrines dans lesquelles seront mises en œuvre des actions d'amélioration de la biodiversité à travers la plantation de plantes messicoles en bordures de champs ou encore la protection des insectes pollinisateurs.

Faire le lien entre les objectifs de l'UE et la réalité des territoires

« Nous sommes la seule région à s'intégrer à ce programme », s'enorgueillit Jean Rottner, alors que Life s'adressait traditionnellement plutôt aux États. Mais la collectivité ne devrait pas rester seule. L'exécutif européen souhaite, en effet, voir se multiplier ce genre d'initiatives. « Un tel projet permet de faire le lien entre les objectifs de l'UE et la réalité des territoires », explique Valérie Drezet-Humez, cheffe de représentation de la Commission européenne en France. « Il y a une notion de démonstration dans ce projet, on va essaimer à terme », explique-t-elle.

Bruxelles a affiché également de grandes ambitions à travers sa stratégie pour la biodiversité présentée en mai 2020, qui vise 30 % d'aires marines et terrestres protégées. « Au-delà de la protection de la nature en tant que telle, il est nécessaire de valoriser également les services qu'elle rend », insiste Mme Drezet-Humez. Le programme Life constitue un outil pour mettre en œuvre cette stratégie. Et son montant n'est pas négligeable, puisque le budget qui lui est alloué est de 5,4 milliards d'euros pour la période 2021 à 2027. « Or, le programme est assez méconnu en France », estime la cheffe de la représentation. Celle-ci rappelle au passage que le bureau de la Commission à Marseille est transformé en pôle territorial et qu'il existe 50 centres Europe Direct en France.

D'autres territoires pourraient être intéressés par l'expérience novatrice de la Région Grand Est, même si le programme Life « est l'un des programmes de l'UE les plus exigeants », reconnaît Jean Rottner. « Il n'y a pas de modèle univoque dans l'approche Life », explique Valérie Drezet-Humez, pour signifier que différents niveaux territoriaux peuvent être retenus selon les problématiques rencontrées.

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