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Climat : pressé par Trump, Macron accélère la transition énergétique

MAJ le 09/06/2017

Le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris provoque un électrochoc et fait remonter la transition énergétique au cœur des priorités du nouvel exécutif. Ce dernier validera une feuille de route d'ici la fin du mois.

Gouvernance  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Climat : pressé par Trump, Macron accélère la transition énergétique

L'annonce de Donald Trump de se retirer de l'Accord de Paris a au moins un mérite : une accélération de la mobilisation des différents acteurs convaincus par l'urgence de lutter contre les changements climatiques. C'est dans cet esprit que le président de la République a réuni mardi 6 juin les organisations non gouvernementales, des entreprises et la communauté scientifique à l'Elysée, en présence des ministres chargés de la transition écologique, de la recherche et des affaires étrangères. Une nouvelle rencontre, sous un format identique, est d'ores et déjà programmée pour la fin juillet.

"A la décision de Donald Trump qui aurait pu provoquer une forme de sidération, c'est exactement la réaction inverse [qui se produit] : c'est une réaction de mobilisation, de détermination. Nous allons faire la démonstration très rapidement que la contrainte climatique peut être aussi un potentiel incroyable de relance économique", a déclaré Nicolas Hulot à l'issue de la table ronde élyséenne.

 
Un site internet pour faire venir les chercheurs américains Les services de l'Elysée ont mis en ligne le 8 juin un site Internet dénommé MakeOurPlanetGreatAgain en vue de faire venir en France les chercheurs américains désorientés par l'annonce de Donald Trump. "Venez travailler ici, avec nous, travailler sur des solutions concrètes pour le climat", avait lancé Emmanuel Macron dès le 1er juin, quelques heures seulement après l'annonce du président américain.
 
Une feuille de route d'ici la fin du mois

Cette accélération devrait se traduire au plan français comme au niveau de l'Union européenne. Au plan national, elle donne lieu à l'élaboration par le gouvernement d'une feuille de route de l'action climatique, qui devait faire l'objet d'une première communication de Nicolas Hulot en conseil des ministres ce mercredi et dont le contenu détaillé sera présenté d'ici la fin du mois.

Que contiendra ce document ? En premier lieu, des dispositions relatives au financement de la transition énergétique et à la fiscalité. La feuille de route doit prévoir une nouvelle trajectoire du prix du carbone dans la fiscalité française. Selon les associations présentes lors de la table ronde, elle devrait également préciser les modalités du rattrapage de la fiscalité essence/ diesel, ainsi que le détail du plan d'investissement pour la transition énergétique annoncé par Emmanuel Macron durant sa campagne. Ces dispositions pourraient être inscrites dans le projet de loi de finances pour 2018.

La feuille de route devrait ensuite traduire l'engagement du candidat Macron de ne plus délivrer de nouveaux permis d'exploration d'hydrocarbures. Cela ne passera pas forcément par une réforme du code minier mais sans doute par un autre vecteur législatif, la première étant jugée trop chronophage pour régler à court terme la question des demandes en instance.

Le document devrait également comprendre des dispositions relatives à la rénovation énergétique des bâtiments publics, ainsi qu'à celle des ménages en situation de précarité. Deux engagements qui figuraient également dans les promesses de campagne du président de la République. "Nous sommes contents de voir réaffirmé par le président de la République l'objectif d'éradication des passoires thermiques, qui concernent 3 millions de foyers en France. Nous devons aller plus vite sur les économies d'énergie et le développement des énergies renouvelables", réagit Benoît Hartmann, directeur général du Cler Réseau pour la transition énergétique.

Certaines ONG sont plus circonspectes. "Emmanuel Macron et son gouvernement doivent passer aux actes : mettre fin à l'entêtement d'EDF dans le nucléaire pour libérer le développement des énergies renouvelables, stopper tout projet climaticide tel que celui de la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et arrêter les projets d'exploration pétrolière impactant le territoire français", réagit ainsi Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Si le président de la République a affirmé la nécessité de fermer des centrales nucléaires et d'aller plus vite, il a en revanche refusé de répondre aux questions des ONG sur la stratégie d'EDF.

"Nous appelons par ailleurs le président de la République à ouvrir les États généraux de l'agriculture et de l'alimentation aux sujets de l'environnement, du climat et de la santé, ces deux secteurs étant responsables de près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France", ajoute Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat (RAC).

Taxe sur les transactions financières

Les initiatives du nouvel exécutif tricolore veulent également se porter au niveau européen. Selon les associations présentes à la table ronde, le président de la République se serait engagé à conclure la taxe européenne sur les transactions financières (TFF) avant l'été. "Nous attendons d'Emmanuel Macron la confirmation du calendrier exact, notamment en vue des prochaines réunions des ministres européens de l'Economie et des finances. Nous attendons aussi qu'il (…) convoque dans la foulée, à Paris, un sommet européen sur l'affectation des recettes de cette taxe à la solidarité internationale et au climat", réagit Claire Fehrenbach, directrice générale d'Oxfam France. Cette taxe, qui existe déjà dans certains pays dont la France, est en discussion depuis six ans au niveau de l'UE.

Outre la mise en place d'une politique de soutien à la recherche, Emmanuel Macron entendrait également mener une réflexion avec Angela Merkel pour mettre en place une taxe carbone européenne et pour renforcer les engagements de l'UE dans le cadre de l'Accord de Paris. Une ambition qui pourrait se révéler difficile si l'on en croit les politiques adoptées par certains Etats membres qui peinent déjà à honorer leurs engagements actuels.

"En Europe, la France doit de toute urgence se ressaisir et défendre fermement des objectifs ambitieux dans les négociations actuelles sur le nouveau paquet de réglementations relatives à l'énergie (« winter package ») : notre position sur l'efficacité énergétique doit en particulier être clarifiée pour défendre un objectif contraignant de 30% d'efficacité énergétique pour 2030", affirme le directeur du Cler.

Malgré les réserves émises ici ou là, les participants à la table ronde reconnaissent la volonté d'Emmanuel Macron de revoir les ambitions françaises à la hausse. Pour ressouder les liens entre gouvernement et société civile, rien de tel qu'un ennemi commun. "Avec Trump, nous l'avons trouvé", positive Benoît Hartmann.

Florence Roussel et Laurent Radisson

Réactions2 réactions à cet article

 

Dire qu'on bloque toute énergie biologique fossile « à cause de Trump » (ah ah ! la belle excuse !), sachant que l'éolien c'est de l'ordre de 3% de la production électrique, c'est « vive le nucléaire ! ». Sur le site "écolo" Grist dont Bill McKibben, célèbre porte-parole de l'assoc. américaine 350.org (qui est très copine avec Attac-France, Oxfam, greenpeace, Amis de la Terre, toutes généreusement financées au mêmes sources fondations de millionnaires démocrates), 350.org dont des membres clés sont dans le développement de la voiture électrique, on faisait déjà de la pub Macron avant son élection en félicitant la France parce que 80 % de son « électricité vient du renouvelable et de l'énergie nucléaire » (mis dans cet ordre !) :
http://grist.org/briefly/sick-of-american-politics-the-new-president-of-france-just-invited-you-over/

Ano | 08 juin 2017 à 12h16
 
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C'est pitoyable en effet de faire dépendre l'action du gouvernement des actes erratiques du cinglé de Washington.
Le climat et l'énergie méritent davantage de sérieux, dont font preuves, elles, les entreprises (notamment les américaines).
M. Macron fait des bons mots à peu de frais: "Make our planet great again" est sans doute de la bonne "comm", mais ce n'est que de la "comm".

Albatros | 14 juin 2017 à 14h39
 
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