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Éco industries : faire de la France une locomotive

Nathalie Kosciusko-Morizet et Luc Chatel ont installé le 10 juillet le Comité stratégique des éco industries. L'objectif : faire de la France un pays pionnier dans les technologies de l'environnement et faire de ce secteur un moteur de croissance.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
La France est la quatrième mondiale au niveau de l'éco industrie. Il faut aller plus loin et faire ce que les Etats-Unis ont réussi dans les technologies de l'information. La question est comment faire de l'écologie un moteur pour notre société, expliquait Nathalie Kosciusko-Morizet le 10 juillet lors de la présentation à la presse du Comité stratégique des éco industries installé le jour même. Ce comité, composé de chefs d'entreprises et de personnalités qualifiées en matière d'industrie et de technologies de l'environnement a été mis en place dans le cadre du lancement du plan stratégique Ecotech 2012. L'objectif ? Faire de la France un centre international d'excellence en matière d'éco technologies.
Selon la définition de l'OCDE, les éco industries sont toutes les activités qui produisent des biens et services visant à mesurer, prévenir, limiter ou corriger les atteintes à l'environnement touchant l'eau, l'air ou le sol, et les problèmes en rapport avec les déchets, le bruit et les écosystèmes.
Gestion de la pollution, techniques et produits peu polluants et gestion des ressources sont les principales activités touchant au domaine des éco industries. La question est de savoir si on va vers un verdissement de l'économie française ou si l'on se concentre sur les industries liées à l'environnement, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. La question n'est pas tranchée. Je pencherai pour la limitation du concept à quelques domaines, commentait Thierry Chambolle, membre de l'Académie des technologies et auteur d'un rapport commandé par le Premier ministre en 2006 sur le développement des éco technologies. Ce dernier préconisait alors le lancement d'un plan d'envergure de promotion des éco entreprises françaises : un comité stratégique des éco entreprises associant largement les professionnels concernés devrait être mis en place auprès des Ministres de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (Industrie) et du Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable pour assurer la gouvernance de ce plan dans la continuité qui lui est nécessaire pour porter ses fruits. Deux après la remise du rapport à Dominique de Villepin, le comité stratégique préconisé voit le jour.

Les éco technologies, moteur potentiel de croissance et d'emplois

Il ne s'agit pas que de voir comment on veut assumer les nouvelles contraintes environnementales qui pèsent sur nous mais comment en faire une opportunité, explique la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Nous sommes convaincus que ce ne sont pas autant de problèmes mais autant de solutions. Nous sommes dans le concret, dans ce sentiment d'urgence qu'il y a là un train à prendre et que nous ne pouvons pas le laisser passer. Nous voulons monter dedans et même le conduire.
Pour y parvenir, le Ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi et le MEEDDAT se sont donc associés pour lancer le comité stratégique des éco industries.
C'est symboliquement assez fort que les ministères de l'Ecologie et de l'Industrie soient réunis pour une mobilisation générale autour des éco industries, commente Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation,. Nous avons la chance en France d'avoir un certain nombre d'acteurs engagés depuis longtemps sur les technologies vertes et les éco industries, souvent de grandes multinationales internationales mais aussi un tissu de PME qui s'est développé, que nous avons aidé à structurer. On sent bien qu'il faut aller plus loin si demain la France veut être la locomotive des éco industries.
L'idée est de faire de l'industrie un moteur face aux grands défis écologiques actuels mais aussi de transformer les contraintes environnementales en opportunité de marché.
L'évolution de la réglementation va s'imposer à nous. Elle peut être considérée par beaucoup d'industriels comme une contrainte : si du jour au lendemain on interdit des produits qui étaient fabriqués depuis longtemps, évidemment dans l'absolu ça peut poser des difficultés. Si par contre on est capables d'anticiper, de trouver des produits de substitution et faire en sorte en sorte que notre pays devienne pionnier dans le domaine des éco industries, il prend immédiatement une longueur d'avance, et d'une contrainte il la transforme en opportunité, explique Luc Chatel, avant d'ajouter : nous avons la volonté de mobiliser l'ensemble du secteur : grandes entreprises, PME, organismes de financement, transfert de technologies pour gagner ce combat économique qui est essentiel si on considère le poids aujourd'hui des éco technologies. On estime aujourd'hui que c'est 420.000 emplois directs dans notre pays et surtout un taux de croissance annuel situé aux alentours de 5 %. Il y a un véritable réservoir d'emplois et de création d'activité économique.
Selon l'OCDE, la marché mondial des éco technologies atteindrait annuellement 550 Mds€. L'Union européenne représenterait 30 % du marché, derrière les Etats-Unis (37 %).

Une mise en œuvre des mesures retenues au printemps 2009

Le Comité stratégique devrait permettre d'identifier les leviers d'action permettant de diffuser les éco technologies dans l'économie française, notamment au niveau de la réglementation et du soutien financier. Trois groupes de travail public-privé vont travailler, dans les prochains mois, sur les questions de l'innovation et la diffusion des éco technologies, l'émergence et le développement des petites et moyennes éco industries, et l'évolution de la réglementation et de la normalisation pour renforcer les performances des éco industries. Les groupes de travail devraient remettre leurs propositions fin novembre, lors du salon Pollutec. Celles-ci seront présentées les 4 et 5 décembre lors d'un événement labellisé présidence française de l'UE. Les mesures retenues seront mises en œuvre à partir du printemps 2009, selon la secrétaire d'Etat à l'Ecologie.

Réactions6 réactions à cet article

 
opportunisme vert

ceux qui pensent qu'il faut adapter l'écologie à l'économie on tout faux c'est l'economie qui doit s'adapter à l'écologie.

lg | 14 juillet 2008 à 10h23
 
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cocoricooo ....

c'est le cri du coq !
Très à l'image du pays, crier plus fort que tout le monde, dire qu'on a les meilleures idées, pavoiser, et c'est tout !
pendant ce temps d'autres pays ont pris un virage "économico écolo" avec des idées et surtout des bras ...
Alors arrêtons d'inventer des concepts pour dire mieux et plus fort que le voisin et retroussons nos manches

StephG | 15 juillet 2008 à 15h54
 
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Re:opportunisme vert

¨Pour répondre au message précédent, adapter l'économie à l'écologie est actuellement impossible. L'homme est profondément égoïste et continuera à faire du profit sur le dos de l'environnement. Même si on arrive à convaincre les sociétés qui exploitent le bois d'Amazonie par exemple il y aura immédiatement quelqu'un d'autre pour prendre leur place...Pour développer l'écologie, la seule solution c'est de la rendre profitable pour nourrir la cupidité humaine.
C'est utopique de croire que tout les habitants de la planète vont se dire du jour au lendemain qu'ils faut renoncer au profit pour respecter l'environnement.

pubalgie | 17 juillet 2008 à 02h30
 
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Re:Re:opportunisme vert

Bonjour,
Je reste beaucoup plus optimiste quant à la prise de conscience de nos congénères sur l'urgence et les moyens écologiques d'un changement écologiques depuis la lecture des exemples réussis tant au niveau social qu'au niveau de la cupidité humaine, qu'il ne faut certes pas oublier...
Pou référence : "80 hommes pour changer le monde" ! Il s'agit bien sûr d'hommes et femmes et heureusement, il y a bien plus de 80 exemples !
Bonne lecture !

Agidoo | 17 juillet 2008 à 09h05
 
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verdir l'économie ?

l'économie et l'écologie devraient ("auraient du" depuis longtemps, plutôt) faire un cheminement plus intelligent ensemble ; on est tout d'un coup dans une diarrhée verte ! accentué par la colique présidentielle (ministérielle ?). et les entreprises vont s'en mettre plein les poches au détriment du citoyen.

il faut espérer que la locomotive n'oublie pas ses wagons comme elle l'a fait sur le social depuis 25 ans ; à force d'être dans l'excellence d'une part, le zapping d'autre part, on a perdu le sens des réalités quotidiennes ; en étant "dans le comptable", on a laissé les plus faibles, et on a développé l'individualisme ; on fait tout pour les "handicapés", on oublie les gens ordinaires.

brigitte | 17 juillet 2008 à 12h49
 
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Oui, très bien, mais

méfions nous de ne pas tomber dans le commercial pur, comme trop souvent avec tous ces labels et ces publicités mensongers qui permettent aussi de vendre plus cher la même chose qu'avant.
les certifications, trop nombreuses, mériteraient de faire partie de la réflexion pour aller vers quasiment un seul logo "écologique" et supprimer tous les escrocs de la certification, labélisation. Ce logo doit devenir le seul et valider une démarche réelle de gain écologique.

Plus important que l'éco-industrie qui trouvera sa place (leur problème sera la formation professionnelle), car les industriels sont tous les mêmes et ne pensent que croissance à tout prix, ce qui n'est pas forcément écologique, la reconversion des industries en perte de vitesse comme l'automobile et le nucléaire doivent être étudiée.

Ceci dit la première éco-industrie est l'agriculture. Et elle est en danger.

René-Pierre | 17 juillet 2008 à 12h52
 
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