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La filière construction-bois mise sur une sortie de crise proche

En 2016, les maisons individuelles construites en bois, gros marché de la filière, ont encore reculé. Le secteur des extensions-surélévations, qui opère sur le marché de l'isolation par l'extérieur en rénovation, contribue à relancer la filière.

Bâtiment  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Selon la quatrième enquête nationale de la construction bois présentée le 6 juin, la crise économique, qui a frappé les professionnels du secteur entre mi-2014 et 2016, "s'estompe". Cette enquête, lancée depuis 2011, est financée par les professionnels du bois et de l'ameublement regroupés au sein du Codifab ainsi que l'interprofession nationale France Bois Forêt. Elle est réalisée par la cellule économique de la construction de Bretagne. 1.015 entreprises du secteur ont été interrogées, de janvier à fin mars 2017, afin d'analyser l'évolution de l'activité pour l'année 2016.

Recul des mises en chantier des maisons individuelles

Si des années 2011 à 2013, le marché de la construction bois était "en progression, il s'est effondré au second semestre 2014 et en 2015", a expliqué Christian Piquet, vice-président de l'Union des métiers du bois, représentant de France Bois Région, partenaire de l'enquête. En 2016, sur un marché global d' 1,7 milliard d'euros HT, l'activité des entreprises de la construction bois est restée centrée sur la construction neuve (75% du chiffre d'affaires total) avec le logement comme marché principal (61% du chiffre d'affaires en construction neuve). Or, l'an dernier, les parts de marché des maisons individuelles neuves en bois ont continué de chuter pour atteindre les 9,8% (contre 10,6% en 2014), selon la dernière enquête. Soit 12.435 maisons construites l'an dernier (contre 14.500 en 2014 et 18.970 en 2012).

La part de marché des logements collectifs construits en bois s'établit, quant à elle, à seulement 4% en 2016, contre 2,6% en 2014 et 3,8% en 2012. Le nombre de constructions est toutefois en hausse de 72% en 2016 par rapport à 2014, dans un contexte national de progression du nombre total de mises en chantier (+17%). "Ce nombre de réalisations en bois peut intégrer du logement intermédiaire ou collectif horizontal. De plus, le nombre de réalisations mixte bois-béton ou bois-métal est prépondérant", a précisé Eric Toppan, coordinateur de l'observatoire de France Bois Forêt.

L'année 2016 a vu la relance du logement neuf, notamment grâce au nouveau prêt à taux zéro et à la loi Pinel qui ont facilité l'accès à la propriété des primo-accédants dans la maison individuelle et l'investissement locatif dans les immeubles collectifs. "Toutefois, le matériau bois, ayant toujours été peu présent sur ces marchés, la reprise n'a pas pu profiter à la profession", a ajouté Christian Piquet, en dénonçant "les idées reçues" sur la cherté du bois. Le bois a aussi reculé dans les constructions à vocation agricole : 25,8% de part de marché (contre 26,6% en 2014). Même si les entreprises "sont plus structurées", M. Piquet a aussi pointé "les autres modes constructifs plus agressifs commercialement ". Une concurrence qui s'ajoute aux difficultés de la filière.

Relance dans la rénovation énergétique

En revanche, l'enquête confirme une reprise de la filière au second semestre 2016 qui "montre un rebond", notamment sur le marché des extensions-surélévations construites en bois. La part de marché en 2016 est de 27,8%, soit 9.930 chantiers. Un chiffre en hausse de 8% par rapport à 2014, dans un contexte national de baisse du nombre total d'extensions-surélévations. "La performance de ce marché montre bien la réponse du matériau bois aux besoins des habitants et se révèle un indicateur important du développement du marché pour notre filière", se félicitent les professionnels. D'autant que la moitié des entreprises présentes sur le marché de l'extension-surélévation (51%) déclarent avoir réalisé des travaux d'isolation thermique par l'extérieur (ITE) en rénovation en 2016. Des constructeurs bois qui sont de plus en plus nombreux à mener cette activité complémentaire.

Le marché de l'ITE, qualifié de "segment porteur", est évalué à 185 millions d'euros HT. Soit 5% de l'activité totale des entreprises de la construction bois. Ce secteur anticipe une relance pour 2017 alors qu'un décret, entré en vigueur en janvier dernier, impose une obligation d'ITE en cas de travaux de ravalements importants. Les secteurs des extensions-surélévations et de l'entretien-amélioration (+6% du chiffre d'affaires) atténuent la baisse globale d'activité en 2016, comme en 2014.

Future RE 2020 : le bois peut tirer avantage

Les professionnels se veulent optimistes pour 2017,"quel que soit le secteur d'activité" : "La crise nous a fait l'effet d'une véritable tempête, mais nous sommes aujourd'hui sur le rebond, dans une vraie dynamique", a affirmé Christian Piquet. "Fin 2016, l'activité est repartie et les entreprises investissent et embauchent de nouveau", a ajouté Eric Toppan.

Pour accompagner cette croissance, 29% des entreprises interrogées prévoient des investissements en 2017 et 2018 et 40% déclarent vouloir embaucher cette année. Alors que leur marché recule, les constructeurs de maisons individuelles sont les plus nombreux à vouloir investir (37%) et recruter (50%). "Nous voyons aussi des initiatives portées par des professionnels visant à développer la construction bois sur le marché de la maison économique ou sur celui du petit immeuble collectif", a indiqué M. Toppan. De même, "le succès et l'intérêt suscité par les bâtiments bois de grande hauteur, portés par AdivBois, contribueront à mobiliser la filière pour accroître la consommation de bois dans le neuf".

Entre 2014 et 2016, le bois a également été "plébiscité" dans le domaine de la construction de bâtiments industriels et artisanaux, avec une part de marché passant de 12 à 17%.

L'ex-ministre du Logement Emmanuelle Cosse avait lancé, en mars dernier, avec l'Association des régions de France, les acteurs de la filière bois et l'Ademe, une Alliance nationale visant à encourager l'utilisation du bois dans la construction et la rénovation des bâtiments. Cette Alliance mise sur la prochaine réglementation environnementale (RE) des bâtiments neufs à l'horizon 2020, préfigurée par le label Energie+Carbone-, pour encourager le recours au bois. Le label impose la réalisation d'une analyse du cycle de vie pour évaluer les émissions de carbone tout au long de la durée de vie du bâtiment. Le choix des matériaux influence les résultats et le bois peut sortir son épingle du jeu sur ce point. "Cette réglementation, elle est dans nos objectifs", a réaffirmé Christian Piquet. Selon la filière, l'utilisation d'un mètre cube de bois dans la construction éviterait l'émission de 3 Mt (millions de tonnes) de CO2, "soit 25% des émissions fossiles liées à la production de ciment".

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