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168 entreprises prêtes à tester l'affichage environnemental sur leurs produits

NKM a dévoilé la liste des entreprises retenues pour expérimenter l'affichage environnemental dès juillet 2011. De la PME aux gros groupes de distribution, mille produits seront testés pendant un an avant une éventuelle généralisation du dispositif.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
168 entreprises  prêtes à tester l'affichage environnemental sur leurs produits

La généralisation de l'affichage (ou étiquetage) environnemental des produits, initialement prévue ce 1er janvier 2011, a été conditionnée à la réussite d'une expérimentation nationale d'un an, dans le cadre de la loi Grenelle 2 de juillet dernier. 230 entreprises étaient en lice pour cette expérimentation suite à l'appel à candidature lancé par le ministère de l'Ecologie le 3 novembre 2010 et clôturé le 31 décembre dernier.

168 entreprises ont finalement été retenues pour participer à l'opération qui démarrera en juillet 2011, a annoncé ce mardi 8 mars la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. De la PME artisanale aux grands groupes de distribution, ces entreprises se portent volontaires pour tester pendant un an ''un affichage clair, fiable et transparent des conséquences écologiques qu'ont la fabrication et le conditionnement de leurs produits'', précise le ministère. Il s'agit d'expérimenter l'affichage du prix écologique des produits à côté de leur prix commercial. Quelque 1.000 produits seront testés, indique-t-il.

Un dispositif multicritère ''à destination du consommateur''

De PepsiCo à SFR en passant par Bonduelle, l'EURL Legeron (PME d'ameublement), Leroy Merlin ou Boulanger mais aussi La Redoute ou H&M, L'Oréal, Kickers ou la Fnac et Decathlon …le principal secteur représenté est l'alimentaire (le tiers des entreprises), avant l'équipement (électronique, ameublement...), la papeterie, l'habillement, les boissons ou encore la cosmétique. L'expérimentation aura également lieu dans l'hôtellerie ou sur les services de fourniture d'eau. Elle concerne aussi des produits de construction, de lessive, les secteurs de la téléphonie mobile ou de l'édition mais aussi l'imprimerie et les soins de la personne. Ces entreprises constituent un "panel varié, centré sur la consommation courante des ménages", selon le ministère.

Autre enseignes participantes : Monoprix, Carrefour ou Auchan qui ont développé leur marques de produits ''verts''. Figurent aussi Casino ou Leclerc qui pratiquent déjà depuis 2007 l'affichage sur l'empreinte carbone de leurs produits, précurseurs de la démarche.

Mais l'expérimentation entend aller plus loin et vise un dispositif d'affichage ''multi-critère'', pas centré uniquement sur les émissions de GES des produits et de leur emballage. L'impact sur les ressources naturelles (eau, biodiversité, air, matières premières), outre la consommation énergétique, sera également pris en compte.

   
Projet d'affichage des informations environnementales sur site Internet de vente de produits électroménagers (Hop-Cube) par Hopscore. © Hopscore
 
   
''L'enjeu aujourd'hui est de réussir à passer à la vitesse supérieure en mettant en place une démarche multicritère qui nous renseigne pleinement sur l'empreinte écologique de nos achats'', souligne NKM. Conforama qui participe aussi à l'opération, expérimente déjà depuis un mois ce type d'affichage environnemental multicritère (GES, qualité de l'eau et indicateurs ressources) sur 118 produits ( 80% de meubles et 20% de décoration), a précisé Thierry Guibert, PDG de l'enseigne. De son côté, SFR propose sur sa boutique en ligne des mobiles affichant ce même dispositif. D'autant que cet aspect ''multicritère" de l'affichage environnemental est "une spécificité de la France", souligne encore le ministère quand le Japon, le Royaume-Uni ou les USA ''se limitent au seul CO2''…

''La forte mobilisation des entreprises est un signal positif'', s'est réjouie Nathalie Kosciusko-Morizet. ''Cela montre qu'il est possible de tester plusieurs types d'affichage dans d'autres secteurs'' alors qu'il existe déjà l'étiquette énergie sur l'électroménager (depuis 1995) ou le diagnostic de performance énergétique (DPE) élargi depuis le 1er janvier aux annonces immobilières ou encore l'étiquette CO2 sur les véhicules lancée en 2008. Ces étiquettes ''ont prouvé leur efficacité'', affirme NKM en citant notamment une baisse de 13% des émissions de CO2 des voitures achetées via l'étiquette et les dispositifs incitatifs (bonus malus, prime à la casse) passant de 149gCO2 en 2007 à 130gCO2 en 2010. ''Aucune taxe n'est prévue au travers de l'affichage environnemental qui ne sert pas de support à la fiscalité'', a assuré la ministre tout en précisant que ''la généralisation du dispositif'' est inscrite dans la loi Grenelle 2 et ''ne nécessitera pas de loi supplémentaire''.

Vers une généralisation ''progressive'' ?

Plus qu'une labellisation, l'affichage environnemental vise à informer le consommateur de l'impact écologique des produits et ''l'inciter'' à acheter "vert'', a réitéré Nathalie Kosciusko-Morizet. Le ministère entend par la même encourager les entreprises à privilégier ''une production soucieuse de l'environnement''. L'affichage est aussi ''gage de compétitivité de l'entreprise'' en ''travaillant sur l'analyse du cycle de vie (ACV) du produit'', estime NKM. ''L'affichage contribue à renforcer la compétitivité du site France'', selon elle, ''en termes de qualité et de proximité".

Mais il ne faut pas ''s'attendre à un changement immédiat de comportement des consommateurs'', à l'issue du test, a toutefois prévenu Michèle Pappalardo, commissaire générale et déléguée interministérielle au développement durable. ''Il faut qu'on évalue cette expérimentation et qu'on tire des enseignements pour la généralisation (du dispositif) qui ne va pas tarder'', a-t-elle expliqué. D'autant que ''plusieurs solutions d'étiquetage vont être expérimentées'', souligne Mme Pappalardo, et que ''les travaux continuent au sein de la plateforme Ademe/Afnor'' pour développer une méthodologie adéquate par type de produits. Avant fin 2012, les opérations menées dans le cadre de l'expérimentation feront donc l'objet d'une évaluation.

Des informations ''fiables '' et ''simplifiées''

Verra-t-on l'étiquette sur le produit ou le rayon du magasin, ou sera-t-elle in fine dématérialisée et renvoyée vers un site Internet ? Reste encore à finaliser le dispositif avant ''une généralisation progressive''. Mais ce nouvel affichage doit ''être simplifié'', a indiqué la ministre de l'Ecologie en prédisant qu'il "sera sans doute mixte", c'est-à-dire une donnée de base sur le produit, et un renvoi à un site Internet . Mais des distributeurs craignent déjà des surcoûts en matière de packaging… alors que les produits ''verts'' (écolabellisés, éco-conçus, bios,…) restent encore plus chers que les traditionnels.

Or, les associations environnementales et de consommateurs telles que FNE et ADEC (association pour la défense de l'environnement et des consommateurs) plaident pour des informations ''fiables'', ''visibles'' et ''accessibles'' sur le produit ou sur son emballage. ''Pour être utile, l'affichage environnemental devra être clair, fiable et cohérent dans lequel le consommateur puisse avoir confiance pour faire son choix'', estime Gaël Virlouvet, responsable Economie de France Nature Environnement (FNE) en saluant "le début d'un processus considérable qui va prendre du temps". La fédération écologiste ''souhaite une intégration de l'aspect qualitatif dans le dispositif et une cohérence avec les écolabels, les produits bio ou sans OGM qui devront être clairement valorisés''.''L'expérimentation doit également permettre d'étudier le contrôle des données affichées'', ajoute FNE. La direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) ''pourrait intervenir'', selon Nathalie Kosciusko-Morizet tout en assurant qu' ''il n y a pas lieu de greenwashing'' (ou écoblanchiment) dans cette démarche ''volontaire''.

Réactions7 réactions à cet article

 

Nous tenons à signifier notre scepticisme devant cet affichage. Nous avons en effet démontré, chiffre à l'appui, que l’étiquette énergie, montrée en exemple par Madame la Ministre a été utilisée par les distributeurs pour augmenter les prix et maximiser leurs profits. Les consommateurs sont en effet orientés majoritairement vers les produits proposant le coût global (achat et usage) le plus élevés. Il est pourtant possible de distribuer d’avantage de produits de qualité.
Nous craignons fortement que l’affichage environnemental expérimenté à partir de juillet 2011 ne provoque, lui-aussi, une hausse des prix de la part des distributeurs, sur les produits présentant les meilleurs compromis environnementaux.

Bonne journée et merci de votre lecture

Conso-Responsables | 09 mars 2011 à 12h12
 
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Je partage tout à fait cet avis, même si un produit coûte moins cher en étant plus proche de la nature, on nous le vend avec une belle étiquette beaucoup plus cher, mais comment être des spécialistes de tout, on se fera toujours rouler dans la farine.

ecologeek | 09 mars 2011 à 21h24
 
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Tous ces politiciens (nes) qui ne servent à rien et qui se foutent bien de nous !
Question environnement, ils détiennent la palme de l'esbroufe...
Je vais pas faire le détail, vous les connaissez aussi bien que moi.
Et concernant l'affichage environnemental, qu'est-ce que l'on en a à foutre Mme NKM...
Lorsque l'on est pas capable de militer contre le nucléaire.
Que l'on va voir se réduire la filière photovoltaïque par manque d'aide sous prétexte qu'il ne faudrait pas porter préjudice au nucléaire dont les centrales sont en plus obsolètes et dangereuses.
Que l'on tolère être le premier pays européen consommateur de pesticides...
Qu'un abrutit, sans doute sous enfile d'un ministre, lance des lampes basses énergies, mais dont les dangers sont bien pires...
Que malgré lui,le citoyen investit sur ces ampoules à ses frais, mais se voit tout de même augmenter les tarifs EDF...
Que tous les aliments y compris l'eau, sont complètement pollués...
Alors votre affichage environnemental, Mme NKM, vous pouvez vous le mettre ou je pense que bon nombre de citoyens bien informés vous en diraient de même...
Même si ce serait une petite avancé à reculons, c'est loin d'être une priorité !
Ce qui compte davantage avec l'industrie agroalimentaire, c'est de les obliger à mentionner sur les étiquettes, la composition exacte de toute la merde qui se trouve dans les produits en vente, PCB, dioxines, pesticides, médicaments humains et vétérinaires !

patrick25 | 09 mars 2011 à 22h37
 
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Vous citez Hopscore comme étiquette écologique or il me semble que le score est simplement calculé sur la partie utilisation (consommation) du produit, comme top ten de WWF or il faut savoir que pour des produits électroniques l'impact environnemental le plus important est celui de la fabrication, qui est donc tout simplement ignoré, idem pour la fin de vie du produit... bref aussi du greenwashing sans le dire.

julien56 | 11 mars 2011 à 16h25
 
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Bonjour julien56,

Je me permets de vous répondre directement concernant votre remarque sur le HopScore.

Vous avez raison d'indiquer que le HopScore *actuel* ne prend en compte que la partie utilisation de l'appareil. Soyez assuré que nous aimerions qu'il en soit autrement, et notre système de calcul est déjà conçu pour tenir compte d'autres critères, issus des autres phases du cycle de vie. La raison principale de ce manque de données est que les fabricants communiquent très peu sur ces informations.
Remarquez tout de même notre approche "pragmatique" qui est de commencer par agréger les données disponibles, sans attendre le moment idéal où toutes les données nécessaires à une représentation complète de l'impact environnemental d'un produit seront disponibles.

D'autre part, dans le cadre de l'expérimentation, nous serons amenés à réaliser une étude plus complète des produits, et nous intégrerons de façon certaine les autres phases du cycle de vie dans un affichage multicritère.

Pour toute question, je vous invite à nous contacter par e-mail via contact@hop-cube.com.

A bientôt,

Romain Vailleux

RomainV | 11 mars 2011 à 18h43
 
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Greenwashing et hypocrysie que cet affichage: les étiquettes A,B,C,D,E,F n'apportent strictement rien et ne couvrent que l'usage, sans prendre en compte l'obtention du produit. Elles sont au moins un tout petit peu reliées à un dispositif de mesure (on peut mesurer la consommation d'une voiture ou d'un appareil électro-ménager). Ces consommations théoriques sont entachées de très grandes incertitudes, et surtout ne reflètent pas la réalité des consommations, en fonction du mode d'utilisation (si une voiture est conduite par ma grand-mère ou par un fou du volant, par exemple). Si j'ai bien compris, l'expérience s'attaque à la performance globale, obtention et usage. Elles conduiront à des approximations du genre 30g +/- 1000g pour les émissions de CO2 par portion d'un produit alimentaire, par exemple, tout en additionnant des données non vérifiées, collectées par des petits malins qui ont développé des bases dans lesquelles les choux et les carottes sont allègrement mêlés.

Remi Aubry | 18 mars 2011 à 19h51
 
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L’affichage environnemental sera basé sur l’analyse dite «cycle de vie», et portera sur la fabrication (dont extraction des matières premières, emballage, transport…) sur l’usage, et sur la fin de vie (déchets recyclable ou non, quantité, impact etc.). Il est impossible de connaître avec exactitude quel est l’impact environnemental d’un produit. Mais il y a des outils qui ont été développés depuis des années et qui sont de plus en plus fiables.

On peut toujours dire « oui mais l’eau est polluée », « oui mais les lampes basses énergies gnagnagna » (lampes qui subiront soit dit en passant une vrai analyse de leur impact environnemental). L’intérêt du projet d’affichage environnemental est notamment d’utiliser un des plus puissants leviers existant pouvant modifier les habitudes des producteurs : le choix du consommateur. Le consommateur dispose d’un pouvoir immense s’il est bien informé.

Certes, les difficultés sont majeures. Notamment
- choisir quels impacts seront analysés (biodiversité, toxicité …)
- trouver des outils d’analyse transparents, efficaces, et à un coût non prohibitif (USEtox, RiskPoll, EUTREND, SWISS Ecoscarcity ...)
- choisir quelles données seront issues de bases de données publiques, et lesquelles seront fournies par le producteur.
- impliquer la DGCCRF
- respecter le droit européen
Au final, je souhaiterais dire que je ne porte pas M. Sarkozy dans mon cœur (loin de là), mais que ce projet est un très bon projet qui ne plombera pas le budget de l'état

Mxa | 21 mars 2011 à 14h19
 
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