Mettre fin aux méthodes de chasse illégales des oiseaux, renforcer la protection des tourterelles et rétablir le débit écologique du Rhin : la Commission européenne a tapé sur les doigts de la France concernant trois sujets ce mois de juillet.
Elle lui a ainsi adressé une lettre de mise en demeure de stopper les pratiques illégales de chasses d'oiseaux. "La France autorise des pratiques de chasse non sélectives, comme la chasse à la glu et au filet, qui ne sont pas conformes aux exigences de [la] directive [2009/147/CE sur les oiseaux], dénonce-t-elle. Les États membres peuvent déroger à certaines dispositions de la directive, mais seulement à certaines conditions strictes, qui ne sont pas remplies en l'espèce". Elle s'inquiète notamment des pratiques tolérées de chasse à l'oie cendrée, après que celle-ci a commencé sa migration vers ses sites de reproduction. En avril dernier, l'association La ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avait transmis des éléments témoignant du non-respect de la directive oiseaux à la Commission européenne.
La Commission a également mis en demeure la France de renforcer la protection de la tourterelle (Streptopelia turtur) conformément au droit européen. "La tourterelle était autrefois un oiseau très courant en milieu agricole, mais elle est désormais menacée, ce qui illustre comment la pression de l'agriculture et de la chasse contribue à une perte de biodiversité", indique-t-elle. La France accueille 10% de la population reproductrice dans l'UE. Malgré un déclin de sa population de 44%, la France n'a pas pris de dispositions pour la protéger ou préserver ses habitats.
Autre sujet de grief de la commission : contrairement aux objectifs de la directive cadre sur l'eau (DCE), la continuité écologique du Rhin n'est pas assurée et des obstacles gênent la migration des poissons. "La Commission s'inquiète du fait que la France n'ait pas fourni de motifs suffisants pour repousser la date de mise en conformité. En outre, les autorités françaises n'ont pas soumis de calendrier de mise en conformité", souligne-t-elle.
La France dispose désormais de deux mois pour répondre aux différentes alertes de la Commission européenne.
