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Linky doit s'intégrer dans une politique d'économies d'énergie, selon l'Ademe

L'Ademe conditionne, dans un avis, le potentiel environnemental du compteur électrique intelligent Linky à son intégration dans une politique globale d'économies d'énergie.

Energie  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
 Linky doit s'intégrer dans une politique d'économies d'énergie, selon l'Ademe

"Divers retours d'expériences étrangères montrent que le compteur communicant peut être un instrument efficace s'il est intégré dans une politique globale d'économies d'énergie incluant différentes mesures incitatives pour le consommateur (mesures tarifaires, outils de communication", pointe l'Ademe, présentant son avis sur le compteur intelligent Linky. Après une première phase d'expérimentation sur 300.000 compteurs à Lyon et dans la région de Tours, le gouvernement a en effet souhaité généraliser ce test et remplacer les 35 millions de compteurs électriques installés en France entre fin 2015 et 2021. Après un appel d'offres européen, ERDF a ainsi attribué les premiers marchés de pose des compteurs Linky à seize entreprises françaises. Des consultations successives seront lancées au fur et à mesure du déploiement. La directive européenne sur les règles communes pour le marché intérieur de l'électricité estime quant à elle que "si la mise en place de compteurs intelligents donne lieu à une évaluation favorable, au moins 80% des clients seront équipés de systèmes intelligents de mesure d'ici à 2020", au niveau de l'UE.

Un développement des énergies renouvelables décentralisées

Dans son avis, l'Ademe note que les possibilités de pilotage offertes par Linky pourraient effectivement appuyer le développement des énergies renouvelables décentralisées. En effet comme ce compteur enregistre à la fois les index de production et de consommation (service aujourd'hui assuré par deux compteurs), il facilite l'autoconsommation ou la vente du surplus de la production d'électricité. Aujourd'hui, " [leur]rentabilité peut en effet être fortement impactée par le coût de raccordement actuel incluant la pose de deux compteurs supplémentaires", explique l'agence. Autre avantage environnemental du système : lisser les pointes de consommation et éviter le recours par exemple à des centrales thermiques (notamment au fioul), fortement émettrice de CO2, ou les importations à la pointe. "Les fournisseurs pourront, en effet, piloter certains usages à l'aide d'incitations tarifaires proposées aux clients favorisant le décalage et/ou l'effacement des appels de consommations à certaines heures", développe l'Ademe. Le compteur intelligent, selon l'agence, pourrait également servir d'outil de sensibilisation pour une culture de la sobriété énergétique. "Des études à l'international ou en cours de réalisation en France montrent que, selon les outils mis en place et leur appropriation par les ménages, des gains en termes d'économies d'énergie sur les gestes du quotidien peuvent aller jusqu'à 10%", pointel'Ademe.

Les précisions de la loi de transition énergétique

Toutefois, pour que ces leviers puissent être actionnés, l'agence souligne l'importance de la mise à disposition des consommateurs d'indicateurs de suivi de la demande énergétique dans le temps et une comparaison par rapport à des foyers équivalents. ERDF a prévu un espace personnel pour que les usagers puissent visualiser, gratuitement, l'évolution de leurs consommations. La loi de transition énergétique, adoptée définitivement le 22 juillet, confirme que les gestionnaires devront fournir les données de comptage, des systèmes d'alerte liés au niveau de leur consommation, ainsi que des éléments de comparaison issus de moyennes statistiques basées sur les données de consommation locales et nationales. Les fournisseurs pourront accéder aux données de comptage de consommation, en aval du compteur et en temps réel, sous réserve toutefois de l'accord du consommateur. De la même manière, le propriétaire ou du gestionnaire de l'immeuble, s'il justifie de la mise en œuvre d'actions de maîtrise de la consommation d'énergie, pourra accéder aux données de comptage de consommation sous forme anonymisée et agrégée à l'échelle de l'immeuble. "Les coûts résultant de l'agrégation des données de comptage ne peuvent être facturés au consommateur et peuvent être facturés au propriétaire ou au gestionnaire de l'immeuble, sur une base non lucrative, précise la loi. Un décret précise les modalités d'application du présent alinéa, notamment la nature des justifications devant être apportées par le propriétaire ou le gestionnaire de l'immeuble et les modalités de leur contrôle, ainsi que les caractéristiques des données de consommation communiquées".

Un nécessaire suivi de la consommation en temps réel

"Il sera important, au-delà des exigences législatives et réglementaires, de proposer des services complémentaires pouvant répondre à la diversité des besoins et attentes des consommateurs, recommande l'Ademe. Notamment, des études tendent à montrer que le développement de cette culture de l'énergie dans le foyer peut être plus efficace si l'information de consommation est accessible de façon ergonomique en temps réel". Pour l'agence, il est donc indispensable de mettre en place des équipements complémentaires au dispositif actuel (afficheurs, thermostats intelligents, etc) et de proposer des services de visualisation de la puissance instantanée, tarif en cours, alertes de consommation, etc.

Le dispositif au cœur de ces possibilités de communication, l'émetteur radio Linky doit être "déployé sans surcoût le plus largement possible, à tout consommateur qui en ferait la demande", selon l'Ademe. L'avis rappelle également le potentiel stimulant de l'intégration de la démarche du consommateur dans un mouvement collectif (à l'échelle du quartier ou de la région). Dans ce cadre, elle recommande "que le compteur conserve par défaut dans sa mémoire tampon un historique de courbe de charge pour permettre la mise à disposition de quelques mois d'historique directement après l'activation de ce service par le consommateur". Pour ce qui concerne les nouvelles offres commerciales pour gérer la consommation, l'Ademe pointe le manque de retours d'expériences significatifs. Elle préconise donc des dispositifs d'accompagnement par internet individuel (gamification) comme par le groupe (opération de type Défi Famille à énergie positive) plutôt ludiques et au coût le plus bas possible pour les consommateurs.

Du coté du gestionnaire du réseau, le dispositif devrait également permettre des économies d'énergie de par la meilleure connaissance des lieux de pertes du réseau. "Les bénéfices de plusieurs TWh escomptés en termes de réduction des pertes devraient être nettement supérieurs aux consommations induites par le système Linky", assure l'Ademe. Selon elle, un changement du parc de compteurs électromécaniques et électroniques actuels par des compteurs Linky impliquerait une augmentation de la consommation électrique annuelle de l'ordre de 0,5 TWh. La connaissance du niveau de tension en tout point de son réseau pourrait également permettre au gestionnaire de réseau de mieux appréhender les mesures à mettre en place pour faciliter le déploiement du photovoltaïque notamment sur certaines zones de réseau sensibles, selon l'Ademe.

Un accès aux données de consommation pour les collectivités

Dans son avis, l'agence souligne enfin que ce système ouvre également un accès aux données de consommation pour les collectivités. "Le système d'information Linky permet d'agréger les données de consommation à différentes mailles géographiques ou temporelles, rappelle l'Ademe. Cette agrégation (…) peut permettre à une collectivité, par exemple à l'échelle d'un quartier, de connaître sa consommation réelle et d'ainsi évaluer l'impact potentiel d'une mesure d'économie d'énergie". Les collectivités pourront ainsi identifier une zone prioritaire de rénovation.

Ces recommandations s'appliquent également au compteur communicant de gaz Gazpar qui sera déployé par GrDF de 2016 à 2022, selon l'Ademe.

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