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Néonicotinoïdes : vers une interdiction en France ?

La commission du développement durable de l'Assemblée a auditionné différentes parties prenantes et experts au sujet de l'impact des néonicotinoïdes sur les abeilles. La question de leur interdiction a rythmé l'ensemble des discussions.

Agroécologie  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

"Nous ne sommes pas loin de décisions qui pourraient être importantes, a assuré Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable de l'Assemblée à l'issue de la table ronde sur l'apiculture et les néonicotinoïdes, mercredi 6 mai. Les alternatives [aux néonicotinoïdes] existent mais je pense que si nous souhaitons qu'elles émergent, il faut passer par une phase d'interdiction". Le long feuilleton de la bataille contre les néonicotinoïdes français pourrait en effet voir son dénouement à travers un amendement au projet de loi sur la biodiversité, adopté courant mars par les députés, interdisant l'utilisation de ces derniers à partir du 1er janvier 2016. Reste toutefois pour cette disposition à franchir le passage devant le Sénat et dépasser les craintes manifestées par certains parlementaires concernant l'Europe. "Nous sommes sur une question de souveraineté, a opposé Delphine Batho, coauteur de l'amendement. En 1999, en 2001, en 2003, en 2006, en 2012, en 2013, chaque fois que la France a retiré ses autorisations de mise sur le marché pour certaines de ces substances, il n'y a pas eu de problème de conformité au droit européen".

Une homologation à revoir

La question de l'homologation de ces substances et de leur autorisation de mise sur le marché a également alimenté les discussions de cette table ronde. "Les évaluations sont réalisées à partir des documents remis par les firmes, il y a une forme de pré tri, a dénoncé Frank Aletru, apiculteur professionnel, vice-président de l'ONG Terre d'Abeilles et membre du groupe de travail Méthodes-Pesticides-Abeilles. Notre groupe a créé un nouveau schéma et des tests d'évaluation des pesticides. Il faut désormais qu'ils soient imposés ". Par ailleurs, les Etats membres doivent se prononcer sur les nouvelles lignes directrices d'évaluation des pesticides proposées par l'Agence européenne de sécurité sanitaire (Efsa). "Les homologations doivent évoluer avec celle des connaissances scientifiques, l'Efsa doit être plus en pointe sur l'évaluation de l'exposition chronique des colonies, a avancé Joël Limousin, vice-président de la commission apiculture de la FNSEA. Les conclusions de l'Efsa sont attendues en septembre 2015. Le monde agricole est à l'écoute et prendra en compte ces résultats".

Une sensibilité accrue des abeilles

"C'est la découverte des effets létaux et sub létaux par intoxication chronique qui a pu être reliée directement au surmortalité d'abeille, a constaté Jean-Marc Bonmatin, membre de la task force internationale sur les pesticides systémiques et chercheur au CNRS. La survie de l'espèce est compromise par des effets sub létaux sur la reproduction jusqu'à des concentrations de 0,1 milliardième de gramme dans un gramme de nourriture". Cinq années d'études pointant les impacts de ce type de pesticides sur les vertébrés et invertébrés ont été examinées au cours d'une méta-analyse. D'après le chercheur, les néonicotinoïdes cumulent cinq caractéristiques particulières : ils sont utilisés préventivement et massivement, présentent une forte toxicité pour les invertébrés, haute pour les vertébrés, persistent dans les sols et contaminent les eaux de surface et profonde. Tous les compartiments naturels seraient touchés. Leurs caractères persistant et remanent posent également problème. "Seulement 2 à 20% des néonicotinoïdes pénètrent les plantes puis contaminent les pollens et les nectars", note-t-il. L'utilisation des néonicotinoïdes n'est pas durable. Comme les antibiotiques, ils ne sont pas automatiques".

Des effets sont également suspectés chez l'homme. "Les néonicotinoïdes sont moins bien documentés que les autres pesticides, pointe Michel Nicolle, membre de l'association Alerte des médecins sur les pesticides, nous demandons des études de biomonitoring pour mesurer l'exposition réelle, ce qui n'est pas fait aujourd'hui alors que la notion d'exposome est désormais prise en compte par le projet de loi santé". D'après lui, certaines études, constituent déjà des alertes : elles décrivent par exemple des perturbations endocriniennes chez l'animal sur la thyroïde et les testicules, ou montre des effets semblables à ceux de la nicotine sur le cerveau (action au niveau des récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine). Ainsi, selon le médecin généraliste, une étude japonaise de 2014 présente des troubles apparus chez l'homme en lien avec une exposition aux néonicotinoïdes (épandages aériens ou denrées contaminées). Les signes d'intoxications (céphalées, trous de mémoire, palpitations, etc.) s'effacent toutefois quand l'exposition disparaît, la molécule n'étant pas bioaccumulable.

"La question de l'empoisonnement est certaine comme sa généralisation, a souligné Laurence Abeille, député EELV. Les néonicotinoïdes affaiblissent les abeilles qui sont alors plus sensibles à des agresseurs comme le varroa, quand elles sont en meilleures santé, elles résistent mieux".

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