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Le photovoltaïque en voie de gagner la bataille de la compétitivité, même en Europe

A moyen terme, le photovoltaïque pourrait devenir compétitif sur le marché européen, porté par un mouvement engagé à l'échelle mondiale. Le solaire est en effet proche de la parité réseau dans une quinzaine de pays.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°352 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°352
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Finies les prévisions moroses. Aujourd'hui, les indicateurs sont au vert pour le photovoltaïque. Pas encore sur le marché européen, mais cela ne devrait tarder, prédisent les spécialistes. "La dynamique internationale rattrape les acteurs européens. Le photovoltaïque va renaître de ses cendres : le secteur est désormais mâture, l'accès aux financements devrait devenir plus facile", analyse Paul Chollet, responsable des études sectorielles chez l'assureur-crédit Coface. Prix compétitifs, innovations et nouveaux services énergétiques… La prophétie de Jeremy Rifkin, la troisième révolution industrielle, serait-elle en passe de se réaliser ?

La parité réseau dans 15 pays, et bientôt en Europe ?

Depuis plusieurs mois, les professionnels du photovoltaïque se réjouissent de voir le photovoltaïque remporter des appels d'offres face aux énergies traditionnelles, notamment au Chili. Cette tendance se confirme, analyse le cabinet Alcimed, dans une étude publiée le 6 octobre : "Le Chili, avec un ensoleillement d'environ 3.400 kWh/m2/an (contre 1.400 kWh/m2/an en France) et un prix de l'électricité élevé, est le premier pays à atteindre une parité « complète », c'est-à-dire que le solaire photovoltaïque est rentable sans aucun tarif d'achat". Et les exemples de projets compétitifs se multiplient dans ce pays : "Les projets tels que Salvador (Sunpower, 70 MW) ou Luz del Norte (First Solar, 141 MW) produisent une électricité compétitive, vendue au comptant sur le marché spot avant d'être livrée à un des quatre réseaux nationaux. Dans d'autres projets, l'électricité est vendue directement à des gros consommateurs, typiquement des compagnies minières".

Ainsi, de plus en plus, le solaire peut se passer de subventions. C'est le cas notamment "dans les pays à fort ensoleillement, et d'autant plus si le prix de gros de l'électricité est élevé et/ou les coûts locaux de construction sont faibles", note Alcimed. Ainsi, la parité réseau serait en passe d'être atteinte dans une quinzaine d'autres pays : Maroc, Mexique, Inde, Dubaï, Etats-Unis…

"En fonction des conditions d'ensoleillement et des coûts d'installation, le coût de l'électricité produite à partir de panneaux photovoltaïques (pour les grands projets au sol) se situe maintenant régulièrement entre 70 et 110 €/MWh. Le solaire devient de plus en plus compétitif avec les autres énergies, aussi bien les nouvelles installations nucléaires, que le gaz et le charbon dans certains pays, ou encore que certaines fermes éoliennes onshore", explique l'étude.

En Europe, la parité réseau devrait plutôt être atteinte à l'horizon 2020, analysent les experts de Coface. "L'Allemagne, qui affiche le prix de l'électricité le plus cher d'Europe, ainsi que l'Espagne et l'Italie, qui bénéficient d'un très bon ensoleillement, devraient être les premiers à atteindre la parité réseau", analyse Paul Chollet.

Même Google s'y met…

Les raisons de ce nouvel élan pour le photovoltaïque ? "L'industrialisation des procédés de fabrication et la baisse du prix du silicium - la technologie silicium représentant 90% du marché des panneaux PV – a permis au prix des modules de chuter drastiquement", souligne Ronan Lucas, responsable de mission chez Alcimed. Les prix de vente des modules atteindraient aujourd'hui 0,56€ le watt, contre 24€ en 1980.

"Avec une baisse du prix des modules qui devrait se poursuivre, nul doute que le solaire PV représentera à moyen terme bien plus que 1% de la production mondiale d'électricité. Les 16% prévus par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à l'horizon 2050 ont toutes les chances d'être atteints bien avant", prédit le cabinet d'étude.

"Les innovations servent aussi le secteur, estime pour sa part Paul Chollet. Même si le marché est dominé par les Chinois et les Américains, quelques petites entreprises européennes ont un rôle à jouer". Le développement des batteries, notamment pour le marché domestique, devrait faire émerger de nouveaux modèles. "L'Américain Tesla a surpris, au mois d'avril, en annonçant une batterie à 3.000 $ alors que ses concurrents attendaient une offre autour de 10.000 $", souligne l'expert de Coface. D'autres technologies arrivent sur le marché : les panneaux hybrides (électricité et eau chaude) du Français Dualsun notamment, les panneaux double faces de l'Italien Megacell qui promettent d'augmenter le rendement, la détection du potentiel des bâtiments avec l'Américain Sunroof… "Google a lancé Sunroof, ce qui symbolise l'attrait pour le solaire aujourd'hui". De nombreux autres services se développent, comme Steadysun qui propose des prévisions de production ou Solarcity qui développe aux particuliers un nouveau business model (installation gratuite des panneaux en échange d'un contrat d'achat de l'électricité produite).

Réactions3 réactions à cet article

 

J’admettrai le PV quand les panneaux seront fabriqués sans CO2 et produiront du courant au prix du base EdF, pas des tarifs iniques à l'allemande. Sinon, c'est une bulle financière doublée d'une pollution inacceptable.

dmg | 15 octobre 2015 à 20h34
 
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Aucun endroit au monde n'a un ensoleillement annuel supérieur à 2500 kWh/m² (pour info Alcimed)

Levieux | 16 octobre 2015 à 17h24
 
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Bonne nouvelle, plus besoin de subventionner le PV, ni de garantir des prix de reprise supérieurs aux prix du marché.

VD69 | 20 octobre 2015 à 23h20
 
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