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Actu-Environnement

Chauffage au bois : l'État lance un plan pour réduire de moitié les émissions polluantes

La France vise un objectif de division par deux des émissions des particules fines issues du chauffage au bois d'ici 2030, notamment en remplaçant 600 000 vieux appareils. La loi Climat mobilise l'action des préfets dans les territoires les plus pollués.

Risques  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Ce vendredi 23 juillet, le ministère de la Transition écologique lance un plan d'actions pour réduire de 50 %, entre 2020 et 2030, les émissions de particules fines issues du chauffage au bois domestique. Ce plan avait été mis en consultation en avril dernier. Si les bûches ou les granulés de bois sont une « source d'énergie renouvelable et neutre en carbone qu'il faut encourager, leur combustion dans de mauvaises conditions peut également constituer une part significative de la pollution aux particules fines », souligne le ministère. Il est « nécessaire » de bien distinguer le chauffage domestique au bois « avec des appareils performants récents possédant les dernières labélisations flamme verte et les cheminées ouvertes et appareils anciens non performants qui émettent jusqu'à 10 fois plus de particules fines, dangereuses pour la santé », prévient-il.

Et de rappeler que les particules fines sont responsables d'environ 40 000 décès par an en France selon Santé Publique France. Le Gouvernement veut donc réduire les émissions de particules fines, dont le principal émetteur est le chauffage au bois domestique, en particulier pendant les périodes hivernales de chauffe.

Remplacer les vieux appareils

Pour réduire leur impact sur la qualité de l'air, le plan prévoit d'accélérer le renouvellement des vieux appareils peu performants. D'ici 2025, l'objectif du ministère est de remplacer 600 000 appareils non performants via l'installation de poêles à bûches ou granulés performants (100 000 par an) et l'installation d'inserts dans les foyers ouverts (20 000 par an). Les aides publiques à la rénovation énergétique des logements seront mobilisées pour aider les ménages à remplacer leurs appareils : MaPrimeRenov', les certificats d'économies d'énergie (CEE) sans oublier les fonds air-bois mis à disposition par les collectivités territoriales et l'Agence de la transition écologique (Ademe). « Les aides peuvent représenter jusqu'à 90 % du coût d'achat d'un équipement plus récent pour des ménages modestes », indique le ministère.

Les équipements performants labellisés « flamme verte 7 étoiles » sont éligibles à toutes ces aides. Les émissions en particules fines de ces appareils ne doivent pas dépasser en laboratoire 40 milligrammes par normaux mètres cube (mg/Nm3) s'il est alimenté au bois bûche et 30 mg/Nm3 pour les granulés de bois, précise par exemple le ministère.  Il envisage aussi de faire évoluer le label flamme verte au-delà du seuil « 7 étoiles » pour définir des niveaux de performance « plus protecteurs pour la qualité de l'air ».

Promouvoir les combustibles de qualité

 
Remplacer les vieux appareils et utiliser du bois séché diviseraient par dix les émissions des particules fines.  
Ministère de la Transition écologique
 
L'objectif du plan d'actions est aussi de développer les combustibles de qualité, c'est-à-dire du bois qui a un faible taux d'humidité et donc séché au préalable. Dans le cadre de la loi Climat adoptée par le Parlement le 20 juillet, le ministère prévoit de définir dans un prochain arrêté des critères techniques (en particulier un taux d'humidité maximal) auxquels devra répondre le bois de chauffage afin de limiter l'impact de sa combustion sur la qualité de l'air.

« Il s'agit ainsi de s'assurer que le bois combustible vendu a été suffisamment séché avant d'être mis à la vente, ou, le cas échéant, que les distributeurs fournissent des recommandations à l'acheteur sur les conditions de séchage appropriées avant son utilisation », explique le ministère. Il prépare un label « unique national » qui attestera de la qualité du combustible et qui sera lancé d'ici « 12 à 18 mois ». Ce label reconnu par l'État permettra au consommateur « d'avoir une référence très claire sur les bûches de qualité », souligne le ministère. Ainsi, remplacer les vieux appareils et utiliser du bois séché diviseraient par dix les émissions des particules fines.

Sensibiliser le grand public

Une campagne de communication à l'échelle nationale va, en outre, être lancée par le ministère avant chaque période de chauffe (en octobre), afin d'expliquer aux particuliers l'existence d'aides pour remplacer un appareil peu performant et leur recommander les bonnes pratiques d'utilisation. En vigueur depuis le 1er juillet, le nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE) inclut par ailleurs des recommandations sur les équipements de chauffage au bois. De même, le ministère prévoit un nouveau texte pour rendre le ramonage obligatoire tous les ans au niveau national. Les professionnels du secteur seront associés pour mieux communiquer sur un usage responsable des équipements de chauffage au bois, lors des ramonages obligatoires.

Mesures des préfets dans les territoires les plus pollués

Enfin, la loi Climat prévoit que les préfets prennent les mesures locales nécessaires, avant le 1er janvier 2023, pour atteindre une réduction de 50 % des émissions de particules fines (PM 2,5) issues du chauffage au bois, entre 2020 et 2030, dans les zones concernées par un plan de protection de l'atmosphère (PPA). Les préfets pourront « conditionner l'installation de nouveaux appareils, avec des critères de performance minimaux à respecter, interdire l'utilisation de bois qui n'a pas été préalablement séché, ou développer plus rapidement l'installation d'inserts », explique le ministère. Et en « ultime mesure », le préfet, en concertation avec les collectivités locales, peut choisir d'interdire l'utilisation des cheminées à foyer ouvert « quand la qualité de l'air est particulièrement dégradée ». Comme ce sera le cas à compter du 1er janvier 2022 sur le territoire de la Vallée de l'Arve.

Par ailleurs, un décret sera publié « dans les prochaines semaines » qui interdira aussi les cheminées à foyer ouvert dans les bâtiments neufs à partir de septembre 2022.

Réactions13 réactions à cet article

 

Qui dit ramonage obligatoire par un professionnel dit à déduire des impôts, perso j'ai toujours ramoné moi-même 2x par saison, mais il il y a très peu de suie, l'insert en fait très peu.
Je suis étonné que les poèles déom turbo ne font pas partie des poeles éligibles car sa flamme bleue m'a toujours étonné, peut être trop bon marché, c'est l'air réchauffé par le poele lui-même qui est injecté à la base des braises, le rendement est incroyable.
Normalement une cheminée chemisée en direct sur l'insert ne se ramone que pour le principe, la suie ne tient pas et sans doute finit de cramer.
Et ces petits 800 ha d'incendiés dans le midi?
"Une étude compilant sur 14 ans les données d’hospitalisation montre que les particules fines provenant de la fumée des incendies sont plus nocives pour la santé respiratoire que les particules fines d’autres sources, notamment les gaz d’échappement des voitures." cf pourquoi docteur.
On se doit d'en finir avec la culture de résineux qui finissent toujours par brûler quelque part et brûler aussi la terre qui devient incultivable et évidement Interdiction de son usage en palettes et tout ce qui finira dans des flammes quelque part.

pemmore | 26 juillet 2021 à 09h54
 
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A compter de quel âge et/ou de quelle génération de labellisation Flamme verte considère-t-on qu'un appareil est vieux ?
@ pemmore : dans le Sud-Est, l'immense majorité des résineux qui brûlent lors d'incendies de forêts se sont plantés spontanément (Pin d'Alep par exemple). Mais par ailleurs, d'accord avec vous sur le fait que les plantations intensives de résineux en monoculture sont nocives à bien des égards (on a également pu apprécier leur degré de sensibilité aux aléas climatiques, incendies bien sûr, mais aussi tempêtes).

Pégase | 26 juillet 2021 à 15h31
 
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Ramonage obligatoire annuel? Il ne l'est déjà pas actuellement, ne serait-ce que vis à vis de son assurance habitation?
Sinon, au sujet du bois qui devra brûler "sec", je pense aux habitants de fond de vallée d'ici (Munster, Kruth, Ste Marie aux Mines, Schirmeck, etc..) ou même du fin fond du Queyras, de Bonneval, de la Lozère ou en bas des cols pyrénéens, qui vont sûrement poser la question au préfet avant de ramasser leur bois de chauffage.....

nimb | 27 juillet 2021 à 10h40
 
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Brûler sec est une expression idiote, un bon bois de chauffage brûlé trop tôt fume, s'allume mal et chauffe beaucoup moins, vaut mieux le stocker un an, il y a une transformation chimique au bout d'un an . J'en sais pas plus.
Les meilleurs bois bizarrement sont les bois fruitiers, pommiers, cerisiers etc faciles à trouver, suffit de prévenir les voisins ou faire un tour à la déchèterie pour chauffer gratis.
A 130 € le stère à l'hypermarché on gagne son temps.

pemmore | 27 juillet 2021 à 11h25
 
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@Nimb : "je pense aux habitants de fond de vallée d'ici (Munster, Kruth, Ste Marie aux Mines, Schirmeck, etc..) ou même du fin fond du Queyras, de Bonneval, de la Lozère ou en bas des cols pyrénéens, qui vont sûrement poser la question au préfet avant de ramasser leur bois de chauffage...."

Déjà que l'incinération des déchets verts, majoritairement interdite, est transgressée régulièrement avec des volutes de fumée qui se voient à des kilomètres à la ronde, alors le reste...
Nos autorités vont envoyer un petit dépliant avec les recommandations d'usage que les usagers respecteront selon leur bon vouloir. Comme d'habitude.

Cyril31 | 27 juillet 2021 à 12h11
 
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1 an de séchage, ça ne vaut que pour certains bois comme le Charme et la plupart des résineux. Pour les autres feuillus, c'est minimum 2 ans, l'idéal étant 1 an en forêt et 2 à 3 ans recoupé, en stockage sur palettes, abrité en partie supérieure et naturellement bien ventilé tout autour. Le but étant que le maximum d'eau contenue dans les cellules du bois s'évacue, pour descendre sous un taux d'humidité du bois de 20 %.
La déchetterie où je récupérais aussi un peu de bois, parfois excellent (chutes d'un ébéniste local), le fait désormais déposer depuis le quai dans une benne spécifique, inaccessible. Selon le gardien, du temps où le bois était déposé directement sur plateforme de plain pied et loin des regards, il y avait trop de "petits malins" à y glisser de l'amiante, des bidons d'huile usagée, des plastiques et toutes sortes d'autres polluants. L'incivisme archaïque de quelques uns nuit toujours à l'intérêt du plus grand nombre.

Pégase | 27 juillet 2021 à 13h49
 
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J'aime bien les objectifs de "diviser par deux" des grandeurs qui n'ont jamais été mesurées !
Mais je préfère encore les "Zéro", c'est encore mieux, plus cliquant et, comme ils ne sont jamais atteints (et pour cause, non seulement on ne sait pas d'où on part mais en plus on est certains de ne pas faire Zéro), cela fait la joie des pisse vinaigre qui disent constamment que "la France est le mauvais élève de (choisissez votre item).
Mais ça fait le bonheur de pas mal de sophistes qui sévissent sur ce fil...
Allez, courage à ceux qui bossent !

Albatros | 29 juillet 2021 à 19h24
 
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@Albatros : Ces données ne sont pas directement mesurables avec les moyens actuels mais une estimation assez fine peut être réalisée à partir des chiffres de vente notamment.
Je vous invite à creuser le lien donné au tout début de l'article puis à vous rendre sur le site du Citepa (que je ne connaissais pas), centre technique en charge de l'établissement et de la communication des données liées à la pollution atmosphérique. Vous verrez que tout ne sort pas d'un chapeau ou est fait au doigt mouillé.

Cyril31 | 30 juillet 2021 à 14h01
 
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Si c'est aussi fiable que leurs données sur les HFC, on n'est effectivement pas loin du "doigt mouillé"...

Albatros | 30 juillet 2021 à 15h16
 
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@Albatross : et sinon on est pas au café du Commerce. C'est possible d'avoir les détails ? En quoi leurs données ne sont pas fiables ?

Cyril31 | 30 juillet 2021 à 16h50
 
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Confusion entre consommation, stocks et fuites, par exemple, ça fait de grosses erreurs. La collecte de données n'est pas non plus exempte de lacunes, etc.
On y est un petit peu quand même, au café du commerce... C'est parfois pas plus mal et d'ailleurs, j'y vais de ce pas clore la semaine avec des potes.

Albatros | 30 juillet 2021 à 17h01
 
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Les préfets pourront "interdire l'utilisation de bois qui n'a pas été préalablement séché". Elle est bien bonne. Le ministère dit vraiment ça?
D'ailleurs je me demande comment on fait pour brûler du bois qui n'est pas sec.

Bidule | 01 août 2021 à 10h10
 
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Le Royaume Uni a bien interdit la vente de bois "vert", pourquoi pas la France?
Oui, ça brûle, mais ça fume.

Erikk | 09 août 2021 à 16h52
 
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