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Politique énergétique : les quatre conseils de l'AIE à la France

À travers sa « revue en profondeur » de la politique énergétique française, l'Agence internationale de l'énergie apporte ses recommandations à une France « à la croisée des chemins » en la matière.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Politique énergétique : les quatre conseils de l'AIE à la France

C'est un rapport qui tombe à point nommé. À l'heure où plusieurs scénarios de mix énergétique à l'horizon 2050 font parler d'eux – RTE, Négawatt, Ademe – l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publie sa « revue en profondeur 2021 » de la politique énergétique de la France. Une analyse réalisée tous les cinq ans avec l'aide d'une dizaine d'experts internationaux et qui balaie tous les volets de la politique énergétique du pays. « Ce rapport arrive au bon moment, car la France est à la croisée des chemins », estime le directeur exécutif de l'AIE. « Les émissions de carbone liées à la production d'électricité en France sont très, très basses, comparées à d'autres pays. Les résultats sont bons, mais comment maintenir cette empreinte carbone aussi basse ? En maintenant les prix de l'électricité à un niveau raisonnable ? C'est une question cruciale », pointe Fatih Birol. La revue présente les chantiers auxquels la France doit s'atteler pour réussir à maintenir ses émissions au plus bas. Une analyse que la ministre de la Transition écologique Barbara Pompilli a qualifiée « d'outil précieux pour relever le défi de la transition énergétique (…) neutre, externe et sans concession ».

Chantier 1 : accroître la confiance pour encourager les investissements privés

« Tout signal contradictoire augmentant l'incertitude, le risque et le coût de l'investissement doit être soigneusement évité. Toute mesure rétroactive est particulièrement dommageable à cet égard », prévient l'AIE, en faisant directement référence aux va-et-vient des soutiens aux énergies renouvelables. Rappelons que le gouvernement français a décidé de renégocier certains tarifs d'achat solaire signés entre 2006 et 2010 pour des installations photovoltaïques et thermodynamiques d'une puissance supérieure à 250 kilowatts-crête (kWc). Plusieurs syndicats de la filière ont d'ailleurs déposé un recours en référé devant le Conseil d'État. Selon l'AIE, cette révision rétroactive des mécanismes de soutien est « chaotique » et leur mise en œuvre est « trop longue ». « Le déploiement de ces énergies doit être assoupli, avec des régimes de soutien stables (…). Il faut que les investisseurs aient confiance », explique Fatih Birol.

Chantier 2 : Suivre les objectifs de façon précise et régulière

 
Le déploiement des énergies renouvelables doit être assoupli, avec des régimes de soutien stables (…). Il faut que les investisseurs aient confiance  
Fatih Birol, AIE
 
« La France n'a pas atteint ses objectifs 2020 en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables. Et ses objectifs d'émissions 2030, adoptés en 2015, restent inchangés. Le deuxième budget carbone a été revu à la hausse en 2020, abaissant l'effort requis jusqu'en 2023 », tance l'AIE qui parle d'une « progression lente » de la transition énergétique en France. L'agence estime qu'il est essentiel pour l'Hexagone d'accélérer l'exécution de sa politique en opérant un « changement radical » dans sa mise en œuvre. « Il n'y a pas de cadre pour suivre, évaluer ou guider les progrès vers les nombreux objectifs nationaux car de nombreux politiques et objectifs restent fragmentés au sein du gouvernement », note l'AIE, qui recommande donc un suivi régulier des objectifs pour ajuster le tir, et ce, sous la houlette du Premier ministre.

Au-delà, la France va surtout devoir aligner ses objectifs climatiques sur ceux de l'UE dans le respect du paquet Fit-for-55 de la Commission européenne. Ce texte en discussion demande aux États membres de l'Union d'atteindre, ensemble, une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Ce qui pourrait se traduire pour la France par un objectif de réduction de 47,5 % contre - 40 % voté dans le cadre de la loi Climat et résilience.

Chantier 3 : clarifier les ambitions en matière de nucléaire

La France va devoir prendre « une décision opportune » sur son mix électrique à long terme au-delà de 2035, résume l'AIE, à l'heure où les scénarios possibles se dévoilent. « Quel que soit le scénario retenu, le rôle du nucléaire et des énergies renouvelables devra être garanti », estime l'agence, rappelant au passage qu'elle a mené une étude conjointe avec RTE en 2020 sur la base de scénarios incluant des parts élevées d'énergies renouvelables variables en 2050. Pour elle, « il est temps de clarifier les ambitions de fermeture et d'exploitation à long terme des réacteurs nucléaires existants et de construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France, y compris les mécanismes de financement pour atténuer les incertitudes ».

Chantier 4 : ne pas oublier les transports

L'AIE n'est pas confiante sur les objectifs de réduction des émissions des transports car, pour l'instant, elles continuent d'augmenter. Mais l'agence reconnaît des ajustements récents bienvenus, notamment la loi sur le climat et la résilience de 2021, qui prévoit une interdiction de la vente des véhicules les plus polluants à partir de 2030. « De nombreux pays ont déjà des objectifs plus ambitieux (malgré un mix énergétique beaucoup moins décarboné). Il est heureux que la nouvelle loi sur le climat et la résilience soit passée à un objectif 2030 », remarque l'AIE. Mais l'agence craint un retard du côté de l'électrification des véhicules : « Il s'agit d'un signal critique, car la France risque de manquer son objectif de déploiement et d'infrastructures de recharge de véhicules électriques dans le cadre de la PPE », prévient l'AIE. La PPE qui prévoit la vente de 1,2 million de véhicules électriques et hybrides rechargeables d'ici à 2023 et de 4,8 millions d'ici à 2028, à comparer aux quelque 671 000 vendus à la mi-2021.

Réactions1 réaction à cet article

 

Il faut lire ce rapport en creux. La France a d'ores et déjà un bon bilan carbone, grâce au couple hydraulique-nucléaire. L'améliorer ne doit pas se faire aux dépens des consommateurs : en particulier, il faut stopper les systèmes de rachats imposés à des tarifs faramineux des intermittentes, il faut arrêter de souffler le chaud et le froid sur l'avenir de la filière nucléaire ! Et faire porter l'effort d'abord sur l'amélioration de l'habitat et des transports, fret en tête, sur l'agriculture, et, énorme point aveugle, les importations qui représentent 60% de nos émissions carbone. Bref, sortir de schémas essentiellement dogmatiques et de courte vue.

dmg | 02 décembre 2021 à 10h21
 
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