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Un ménage sur trois est touché par la précarité énergétique dans le parc locatif social

Selon l'Observatoire national de la précarité énergétique, un ménage locataire sur trois du parc social peine à régler ses factures d'énergie et souffre d'inconfort dans son logement. Le phénomène touche un ménage sur quatre dans le parc privé.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Un ménage sur trois est touché par la précarité énergétique dans le parc locatif social

Avec la trêve hivernale qui s'est terminée le 10 juillet, l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) alerte sur la situation des locataires « pauvres et à revenus modestes » des parcs sociaux et privés. Ces ménages « vulnérables » connaissent des difficultés à régler leurs factures d'énergie et souffrent d'inconfort dans leurs logements.

Piloté par l'Agence de la transition écologique (Ademe), l'ONPE a publié deux études qui distinguent les locataires en précarité énergétique résidant dans le parc social et ceux dans le parc privé. « Le phénomène touche un ménage sur trois dans le parc social et un sur quatre dans le parc privé », souligne l'ONPE.

Ainsi, en France, 37 % des locataires du parc social (soit 1,59 million de ménages) sont en situation de précarité énergétique, contre 26 % dans le parc privé (1,5 million de ménages). Les ménages locataires du parc social sont plus nombreux à se plaindre du froid (43 % des ménages concernés, contre 37 % du parc privé), « même s'ils dépendent majoritairement d'une chaudière collective (gaz à 59 %) ». Ces ménages se caractérisent par des ressources financières limitées et des dépenses énergétiques moyennes par mètre carré « élevées ». Néanmoins, les logements occupés par ces ménages sont, pour près de la moitié d'entre eux, récents, et disposent de chauffage collectif. Trente-sept pour cent d'entre eux ont une étiquette énergétique du diagnostic de performance énergétique (A, B ou C) et sont donc moins énergivores. Situés en plus grande proportion dans les zones climatiques froides (nord-est de la France), ces ménages sont cependant plus nombreux que dans l'ensemble du parc social à indiquer une sensation de froid liée à une mauvaise isolation thermique du logement et à une mise en route tardive du chauffage collectif.

Une partie des ménages du parc privé « se prive de chauffage »

 
37 % des locataires du parc social sont en situation de précarité énergétique, contre 26 % dans le parc privé en France.  
 
Les locataires en précarité énergétique du parc privé se distinguent, quant à eux, de ceux du parc social par « la qualité des logements et leur fourniture d'énergie qui les pénalisent », ajoute l'ONPE. Près de la moitié des logements occupés par ces ménages ont été construits avant la réglementation thermique de 1948 (contre 9 % dans le parc social). Ils sont, pour plus d'un tiers, équipés de convecteurs électriques (contre 10 % dans le parc social) « dont une partie estime l'installation insuffisante », précise l'Observatoire. Les locataires précaires du parc privé consacrent un peu moins de budget annuel à leurs factures d'énergie (1 403 euros) par rapport aux locataires du parc social (1 480 euros). En revanche, l'ONPE prévient que ces ménages sont « très pénalisés » par les charges liées à leurs logements. « On peut penser qu'une partie d'entre eux se prive de chauffage, d'autant que leurs charges liées au logement (8 354 € par logement par an, contre 6 984 € dans le parc social) pèsent très fortement sur leur reste à vivre. »

Trente-trois pour cent des résidences principales du parc privé en France métropolitaine sont des passoires énergétiques, c'est-à-dire qu'elles ont une étiquette énergie F ou G, les plus énergivores, rappelle l'ONPE. « Ces passoires énergétiques dégradent la situation financière et sociale des ménages qui les occupent ». Le Gouvernement prévoit notamment de rénover 150 000 passoires thermiques par an, habitées par des ménages propriétaires à faible revenu, sur les dix prochaines années.

Selon l'ONPE, 6,8 millions de personnes sont touchées par la précarité énergétique en France métropolitaine, soit 3,4 millions de ménages.

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