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Le Syndicat des énergies renouvelables estime que l'objectif 2030 peut être dépassé

Le Syndicat des énergies renouvelables estime qu'en 2030, 35 à 40% de la consommation d'énergie pourraient être couverts par les EnR. Eolien, solaire et hydraulique pourraient fournir la moitié de l'électricité.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Les objectifs d'énergies renouvelables de la loi de transition énergétique peuvent être dépassés à l'horizon 2030, estime le Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui a présenté ce mardi 19 décembre ses scénarios pour la décennie à venir. Une quinzaine de scénarios abordant l'ensemble des filières, du bois énergie à l'éolien, en passant par la géothermie et le gaz renouvelable. Ils s'appuient sur les gisements disponibles, la compétitivité des technologies, la création d'emplois et d'activités économiques, ou encore la gestion des conflits d'usage.

Mais pour que ces scénarios se réalisent, il faudra "une volonté politique déterminée", prévient le syndicat, estimant que le débat sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui doit avoir lieu au premier semestre 2018 sera "décisif". Pour le SER, il s'agit à cette occasion de "poser les bases du nouveau modèle énergétique français".

Couvrir 35 à 40% de la consommation en 2030

 
Il n'y a rien d'autre à faire que de doubler le fonds chaleur, quitte à le réduire ensuite pour accompagner la hausse de la contribution climat énergie  
Jean-Louis Bal, SER
 
Actuellement, les objectifs d'énergies renouvelables visent une couverture de 32% en 2030. Mais au rythme actuel, seulement 24% de l'énergie consommée devrait être d'origine renouvelable. Pour autant, le SER estime qu'il est encore possible de renforcer l'ambition dans deux secteurs : en 2030, 54% de notre électricité (l'objectif actuel est de 40%) et 30% de notre consommation de gaz (objectif de 10%) pourraient être renouvelables. En matière de chaleur et de transport, le syndicat vise les objectifs actuels fixés à respectivement 38% et 15% de la consommation.

Quelle part de la consommation totale d'énergie pourrait être ainsi couverte par les renouvelables ? Le SER ne donne qu'une estimation : avec ses scénarios, les renouvelables pourraient couvrir 35 à 40% de la consommation en 2030. Il est difficile de fixer un chiffre précis, explique le syndicat, car il n'est pas toujours possible de rapporter la production renouvelable à la consommation projetée en 2030. C'est notamment le cas de l'objectif pour l'électricité qui n'est exprimé qu'en fonction de la production.

Jusqu'à 25% de l'électricité produite par l'éolien

En matière d'électricité, le SER s'appuie sur le scénario Ampère de RTE qui prévoit une production de 590 térawattheures (TWh) en 2030. Pour que les renouvelables assurent la moitié de la production, le syndicat mise d'abord sur l'éolien qui pourrait couvrir à lui seul 25% de la production. Les capacités installées en éolien terrestre pourraient progresser de 11.700 mégawatts (MW) actuellement à 40.000 MW en 2030, pour couvrir 16% de la production. L'éolien terrestre produirait alors autant d'électricité que l'hydraulique qui disposerait de 27.200 MW installés (en hausse de 1.700 MW sur la période). L'éolien en mer pourrait couvrir 9% de la production, si la France parvient à installer 18.000 MW.

Pour atteindre ces niveaux, le SER propose de simplifier les procédures, de mieux répartir les taxes locales au profit des communes qui accueillent des parcs, ou encore de limiter les recours en supprimant un niveau de contentieux (comme pour l'éolien en mer).

EDF devra se faire une place dans le marché photovoltaïque

En matière de photovoltaïque, le SER propose d'installer 45.000 MW supplémentaires d'ici 2030 pour atteindre 52.000 MW (7.134 MW installés fin 2016). Le photovoltaïque assurerait alors 9,7% de la production électrique. Pour atteindre ces volumes, le syndicat propose notamment d'augmenter le volume des appels d'offres et de mieux les piloter en vérifiant la mise en œuvre des projets. De même, il défend une ouverture du guichet à tous les projets de moins de 500 kilowatts (kW), contre 100 kW aujourd'hui.

La volonté d'EDF d'installer 30.000 MW de solaire entre 2020 et 2035 n'est pas passée inaperçue. Mais le SER n'a pas calibré son scénario en fonction de cette annonce. Pour autant, le scénario du syndicat est "assez cohérent" avec l'objectif d'EDF, juge Jean-Louis Bal, expliquant que l'entreprise souhaite installer 20.000 MW d'ici 2030. "Mais rien ne dit que EDF sera toujours le plus performant [dans les appels d'offres] et qu'ils arriveront à tenir [leurs objectifs]", prévient le président du SER qui rappelle que le secteur est très concurrentiel. En outre, la création d'appels d'offres dédiés aux centrales au sol de plus de 100 MW, comme le souhaite EDF, n'est pas évoqué actuellement, rapporte le SER . Aujourd'hui, la limite est de 30 MW, ce qui semble satisfaisant pour le syndicat.

Le fonds chaleur est efficace

La chaleur présente un vrai potentiel, mais son développement "n'est pas du tout en concordance avec les objectifs fixés par la loi", regrette Jean-Louis Bal. Les ressources du fonds chaleur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sont au cœur du problème. Ce fonds utilise particulièrement bien les deniers publics, insiste le syndicat qui rejette la possibilité de "doubler l'efficacité" du fonds comme suggéré par le gouvernement. "Il n'y a rien d'autre à faire que de doubler le fonds chaleur, quitte à le réduire ensuite pour accompagner la hausse de la contribution climat énergie", défend le président du SER. Le prix du carbone est justement le deuxième frein évoqué. Si la progression de la contribution carbone proposée dans le projet de loi de Finances pour 2018 est "tout à fait intéressante", le prix des quotas de CO2 sur le marché européen (5 à 6 euros par tonnes) "n'a aucun effet", résume Jean-Louis Bal.

Si une politique appropriée est mise en œuvre, le bois-énergie pourrait couvrir 31% de la consommation finale de chaleur en 2030. Cela représenterait 16.000 milliers de tonnes équivalent pétrole (ktep) en 2030 (pour une consommation estimée à 52.000 ktep), contre 9.525 ktep aujourd'hui. Le biogaz (progression de 177 à 1.420 ktep), la géothermie (420 à 1.280 en incluant les pompes à chaleur) et le solaire thermique résidentiel (de 167 à 780 ktep) progresseraient aussi sensiblement, mais ne représenteraient chacun que 2 à 3% de la consommation de chaleur.

Quant au biogaz, il pourrait couvrir 30% de la consommation de gaz en 2030. Ce dernier objectif "est le plus surprenant", explique Jean-Louis Bal, président du SER, puisque l'objectif actuel est de 10%. Mais, estime le SER, la tendance est bonne : la méthanisation bénéficie d'un vrai intérêt, notamment en agriculture.

Réactions2 réactions à cet article

 

Faut-il redire que si ce résultat correspond aux intérêts d'un syndicat patronal , le payer du prix qu'illustre la photo en tête d'article n'est pas acceptable .

sirius | 20 décembre 2017 à 10h05
 
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Le titre de l'article a commencé à me filer des boutons. Pas de biomasse, pas de géothermie, pas d'hydrogène. Dans le corps du texte, j'ai été rassuré, mais j'ai failli, sans doute comme pas mal de lecteurs constater que les EN, c'est le vent et le soleil et rien d'autre!
Quant à la méthanisation, la valo c'est l'injection réseau, point à la ligne. On n'avait pas parlé de diversification ?

CHOCHO | 02 janvier 2018 à 12h05
 
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