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Déchets : le BEE pointe les avantages d'une politique de réduction des déchets et de recyclage

Alors que l'UE ouvre la révision des principaux textes en matière de déchets, le Bureau européen de l'environnement souligne les avantages d'une politique basée sur la réduction des déchets, la réutilisation des produits et le recyclage des matières.

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

La Commission européenne ouvre la révision des principaux textes en matière de déchets. Objectif : renforcer sensiblement la prévention et le recyclage. Alors que la révision des textes se prépare, le Bureau européen de l'environnement (BEE) a présenté la semaine dernière un rapport synthétisant les gains à attendre d'une politique ambitieuse dans le domaine.

La fédération environnementale qui rassemble 140 ONG européennes, dont le Centre national français d'information indépendante sur les déchets (Cniid), estime qu'"une politique ambitieuse de réduction des déchets et de recyclage peut générer des bénéfices substantiels de réduction de la mise en décharge et des émissions carbonées, d'amélioration du taux de réutilisation et de recyclage des produits, ainsi que des créations d'emplois plus nombreuses".

Permettre un usage efficace des ressources

La Commission entend réviser en 2014 trois directives clés en matière de prévention et gestion des déchets. Il s'agit en premier lieu de la directive cadre sur les déchets de 2008 qui constituait déjà un important effort de synthèse et d'amélioration de la législation européenne établie depuis le milieu des années 1970. Ce texte clarifiait déjà de nombreux points, fixait la hiérarchie des traitements des déchets et établissait des outils de planification nationale en matière de réduction et de gestion des déchets.

Le deuxième texte qui devrait être révisé est la directive de 1994 sur les emballages et les déchets d'emballages. Le travail a débuté avec une proposition de la Commission présentée en novembre 2013 et visant à réduire l'utilisation des sacs plastique, et en particulier les sacs peu ou pas réutilisables dont l'épaisseur est inférieur à 50 microns. Troisième texte à réviser, la directive de 1999 sur la mise en décharges.

Parallèlement, l'Union européenne a lancé en 2013 une grande révision des objectifs européens en matière de déchets. Le but poursuivi par la Commission est d'aligner les objectifs des trois directives sur ceux fixés au travers de la feuille de route de 2011 pour une Europe efficace dans l'utilisation des ressources, de l'initiative sur les matières premières de 2008 et de la stratégie européenne sur l'eau usée et le recyclage.

Le BEE plaide pour une politique ambitieuse

La convergence des objectifs représente un défi compte tenu des "écarts importants en Europe en matière de production de déchets et d'application des directives européennes relatives aux déchets". A ce stade, le rapport du BEE met surtout l'accent sur l'intérêt de la réduction des déchets et l'amélioration du recyclage dans le cadre de la révision des objectifs européens.

Le document s'intéresse en particulier aux effets économiques et environnementaux d'une politique européenne des déchets qui placerait la prévention et la valorisation matière au centre des préoccupations européennes. Parmi les axes d'une telle politique, figurent des objectifs ambitieux de réduction du gaspillage alimentaire, de réutilisation des textiles et du mobilier, et de recyclage. La priorité, selon l'association environnementale, est d'éviter autant que possible la mise en décharge et l'incinération des déchets, même avec valorisation énergétique. Réduction des déchets, réutilisation des produits et recyclage des matières doivent être les trois priorités.

Par ailleurs, une taxe incitative pour les biens recyclés ou réutilisés, des taxes sur les produits mis en décharge, un système de tarification incitative, et un renforcement de la responsabilité du producteur sont autant d'outils disponibles pour mettre en œuvre une politique ambitieuse.

Pour cela, le BEE propose d'évaluer les différentes options à partir d'indicateurs relatifs à l'utilisation des matériaux, des sols et de l'eau et aux réductions des émissions de CO2.

Sur le plan de l'emploi, une telle politique permettrait de créer jusqu'à 750.000 emplois d'ici 2025 et jusqu'à 867.000 d'ici 2030. Le scénario "modeste" créerait pour sa part 635.000 et 710.000 postes d'ici 2025 et 2030, selon le BEE.

Le rapport estime à plus de 415 millions de tonnes équivalent CO2 (MtCO2eq) d'ici à 2030 la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'une politique ambitieuse. Les émissions évitées représenteraient quelque 85 MtCO2eq de GES grâce à la lutte contre le gaspillage alimentaire, 31 MtCO2eq par le biais du réemploi des textiles et produits et plus de 303 MtCO2eq de GES grâce au recyclage.

Par ailleurs, la réduction du gaspillage alimentaire ainsi que la réutilisation des textiles permettraient des économies de ressources agricoles substantielles. D'ici 2030, 61 millions de litres d'eau, 1 million de tonnes d'engrais et de pesticides et 57.000 km2 de terres cultivées seraient économisés.

Réactions4 réactions à cet article

 

Encore un texte qui reste au niveau des bonnes intentions, sur le terrain par contre rien ne bouge, le PNPD 2009/2013 n'a pas été respecté et le PNPD 2014/2020 n'est pas encore sorti. Vous parlez de tarification incitative et de taxe, c'est le pire dispositif car il ne fera pas baisser la production de déchets ménagers et assimilés, la taxe c'est un impôt, injuste comme tous les impôts, certains payent la TEOM et ne produisent pas de déchets alors que d'autres produisent des déchets et ne payent pas de TEOM, c'est désespérant de continuer à galvauder un système qui existe depuis 1926. La TEOM incitative est inconstitutionnelle car elle est calculée sur la valeur locative du bâtiment et non sur la quantité de déchets produits. Seule la redevance REOM au service rendu permet d'appliquer le principe incitatif avec une partie fixe et une partie variable. Que les fonctionnaires des ministères arrêtent d'inventer des usines à GAZ pour prélever toujours plus d'impôts. Ce n'est pas la TEOM incitative qui permettra de faire baisser la production de déchets, sinon cela se saurait déjà, sur le terrain rien ne bouge.

DECHETS | 22 avril 2014 à 07h27
 
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LA Question en effet n'est pas de recycler les déchets mais d'en produire moins...Arrêtons ce gaspillage scandaleux. Nos pays sont inconscients de poursuivre leurs concepts de vie du "toujours plus"...Quand allons nous arrêter ce gaspillage dans tous les domaines: consommations des biens et des services, gaspillage des ressources naturelles, déplacements intempestifs etc... Quand allons nous apprendre à notre jeunesse à vivre simplement. Cette réclamation permanente des hausses de salaires pour davantages gaspiller...En réduisant de 50% nos déchets, nous ne serons pas encore véritablement dans le besoin...le reste est du surplus par snobisme, prétentions, orgueil ou bêtises...

bertrand | 22 avril 2014 à 11h12
 
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Le seul dispositif qui vaille pour faire baisser la production de déchets c'est de respecter le principe du pollueur payeur, c'est à dire d'appliquer la REDEVANCE INCITATIVE pour tous les producteurs de déchets ( ménages, entreprises, collectivités) avec une partie FIXE et une partie variable.
La cour des comptes l'a confirmé dans ces rapports annuels, tout le reste n'est que discussion stérile, IL FAUT PASSER AUX ACTES.

EUROREGIONS | 08 mai 2014 à 07h17
 
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Une bonne façon de faire baisser les déchets ménagers: faire la collecte sélective des bio déchets ou du compostage de proximité...la matière organique les sols en ont besoin....mais n'ont pas besoin des composts issu des ordures grises par les usines de ti mécano biologique qui respectent des normes françaises laxistes remises en cause au niveau européen depuis 2008 et que la France refuse ayant investit des sommes énormes dans la construction de ces usines et dans le fonctionnement!

dada | 05 juin 2014 à 07h47
 
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