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Sobriété énergétique : le gouvernement tente la mobilisation générale

Dans le cadre de son plan de sobriété national, le gouvernement réunit un par un l'ensemble des secteurs d'activité du pays. Sans rien de très concret pour le moment malgré quelques effets d'annonce.

Energie  |    |  N. Gorbatko
Sobriété énergétique : le gouvernement tente la mobilisation générale

Deux de plus… Ce que les dérèglements climatiques, la sècheresse et les incendies estivaux n'avaient pas encore réussi à déclencher, la hausse des coûts de l'énergie et la peur de plus en plus palpable d'une pénurie de gaz l'hiver prochain y parviennent enfin. Ce jeudi 28 juillet, après les administrations publiques, les entreprises, les commerces et les professionnels du logement, les représentants du secteur « Numérique et télécommunications » et ceux des collectivités territoriales ont à leur tour été conviés, par le gouvernement, à former leur groupe de travail pour se saisir de la question de la sobriété énergétique.

Objectif pour tous ces acteurs : construire une feuille de route susceptible de faire économiser 10 % d'énergie à leur secteur, à l'échéance 2024, dans le cadre d'un plan national général. Une première marche, concédait Agnès Pannier-Runacher, ministre en charge de l'Energie, mercredi 27 juillet, lors d'une audition au Sénat. « Les 30 % restant [d'ici à 2030] seront probablement plus difficilement atteignables. »

À chacun son plan de bataille

Pour franchir cette première étape, le gouvernement entend s'appuyer sur les initiatives prises par les acteurs eux-mêmes, notamment en termes de gestion de leurs bâtiments et de transports de leurs salariés, ainsi que sur les échanges de bonnes pratiques. « Certes on peut faire des petits gestes à la maison, mais l'essentiel doit être trouvé par cette mécanique collective et structurée d'action des grands acteurs », estime Agnès Pannier-Runacher. Du côté des collectivités locales, les élus évoquent par exemple la sensibilisation des agents aux écogestes, la généralisation de l'éclairage LED, la modulation de l'éclairage public ou l'installation d'équipements de Gestion Technique des bâtiments (GTB) pour un meilleur pilotage. En cas de crise, un effacement ponctuel, dans les équipements sportifs, pourrait également faire partie des solutions.

Dans les administrations, en revanche, rien de très révolutionnaire pour l'instant. Le 26 juillet dernier, Elisabeth Borne a ainsi publié une circulaire à leur intention, les encourageant à se montrer « exemplaires ». Oubliant au passage que nombre de ces mesures sont déjà obligatoires quand elles ne procèdent pas du simple bon sens, la première ministre leur suggère notamment de ne pas laisser leurs appareils électroniques en veille ou de s'assurer que « les portes d'accès des bâtiments recevant du public restent fermées ». Elle leur demande aussi de limiter la climatisation « aux locaux dont la température dépasse 26°C » et le chauffage à 19°C, mais aussi d'encourager la mobilité durable.

Des déclarations de bonnes intentions

Autant d'annonces jugées « dérisoires par rapport à la gravité de la situation », par les écologistes du parti EELV qui réclament au contraire « un projet de rupture majeur (…) et non pas une simple lettre d'intention pour montrer l'exemple au milieu de l'été.» Le 26 juillet à Bruxelles, en marge du Conseil européen, Agnès Pannier-Runacher s'était pourtant montrée déterminée. « L'Etat, les administrations, les ministères, ce sont des centaines de milliers d'emplois, des millions de mètres carrés, qui sont chauffés et occupés (…). On peut économiser comme ça beaucoup de kilowatts de gaz, de carburant, d'électricité », soulignait-elle alors.

Par la voix de leurs fédérations respectives, les grandes surfaces, rapidement rejointes par les plus petits commerces, ont quant à elles déjà annoncé des mesures concrètes en termes d'éclairage et de chauffage, mais aussi de refroidissement et de ventilation : extinction des enseignes lumineuses dès la fermeture du magasin, baisse de l'intensité lumineuse avant l'arrivée du public et diminution ponctuelle de l'éclairage de la surface de vente, coupure du renouvellement d'air la nuit…

À quand les décrets attendus ?

Issu d'une proposition de la Convention citoyenne pour le climat et mis en consultation en janvier 2021, un décret jamais publié devrait finalement interdire bientôt l'ouverture des portes des bâtiments tertiaires lorsque le chauffage ou la climatisation fonctionne. En attendant, si la commune a publié un arrêté dans ce sens, les maires peuvent d'ores et déjà prononcer des sanctions administratives. Pour les gros acteurs, Agnès Pannier-Runacher se déclare prête à se montrer « implacable ». Pour les plus petits, en revanche, « nous travaillons avec les associations de commerçants. Le premier temps sera un temps de pédagogie » précise-t-elle.

La ministre promet aussi la publication d'un autre décret généralisant l'interdiction des publicités lumineuses entre une heure et 6 heures du matin, quelle que soit la taille de la commune, qu'elle soit couverte ou non par un règlement local de publicité. Elle a également demandé aux grands énergéticiens de proposer à leurs clients des outils de pilotage de leur consommation à distance.

Des propositions alternatives

Si les sénateurs du groupe Écologiste, Solidarité et Territoires se disent heureux d'entendre parler de sobriété, solution défendue « depuis longtemps » par leurs membres, ils déplorent sa transformation en « mesurettes » et son absence de la loi de protection du pouvoir d'achat. En réaction, ils proposent dix nouvelles mesures susceptibles selon eux d'avoir un impact « fort et rapide »  : l'application d'un taux de TVA à 5,5 % aux billets de train et aux autres transports publics, la réduction de la vitesse sur les routes, déjà préconisée par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'obligation de proposer un forfait mobilité durable (FMD), sans plafond, dans le public comme dans le privé, deux jours de télétravail pour tous les salariés, l'interdiction générale des panneaux publicitaires lumineux…

En parallèle, ils insistent sur la nécessité d'une co-construction des plans de sobriété au sein des entreprises, avec les représentants du personnel, mais surtout sur l'incontournable rénovation thermique des logements et sur l'extension des aides à tous les ménages, y compris dans le secteur du logement social. Ils ont été en partie entendu : à l'occasion du lancement du groupe de travail « logement », les ministres de la Transition énergétique et du Logement ont en effet annoncé une hausse de 25 % du niveau d'obligation de la cinquième période des certificats d'économies d'énergie (CEE) qui devrait permettre de rebooster les chantiers d'isolation des habitations. La France n'est pas le premier pays à tenter d'alléger ainsi son empreinte énergétique : l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne se sont penchés sur la question avant elle. Des expériences dont les groupes de travail pourront peut-être également s'inspirer.

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