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Véhicules électriques : quelle valeur ajoutée au pilotage de la recharge ?

Le gestionnaire de réseau Enedis s'est penché sur le pilotage de la recharge des véhicules électriques. Si cette solution de flexibilité présente un intérêt pour le système électrique, pas sûr qu'elle soit attractive pour les usagers.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°410 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°410
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Dans un rapport publié en décembre, le gestionnaire du réseau de distribution Enedis évalue les bénéfices d'un pilotage de la recharge de véhicules électriques (VE) pour les consommateurs, comme pour le système électrique.

Dans un précédent rapport, publié en 2019, Enedis observait que le déploiement important de l'électromobilité ne devrait pas poser de difficultés sur le réseau électrique. « L'absence de difficultés d'intégration n'exclut toutefois pas la nécessité de mettre en œuvre des efforts conséquents d'optimisation », souligne le gestionnaire de réseau. Le pilotage de la recharge pourrait en effet offrir de nouvelles flexibilités locales, tout en permettant au consommateur de réduire sa facture.

Enedis a souhaité évaluer la valeur de ces services. En parallèle, le gestionnaire de réseau participe à plusieurs démonstrateurs, pour évaluer la faisabilité technique des différentes solutions.

Particuliers et flottes d'entreprises : des économies sur la facture

Pour les propriétaires de VE, le pilotage de la recharge peut permettre de réaliser des économies à plusieurs niveaux. Le pilotage temporel permet de recharger le véhicule au moment où la demande d'électricité est faible, afin de bénéficier de tarifs avantageux. Des offres se développent pour les heures creuses, « super creuses » ou weekend.

Le pilotage de la puissance consiste quant à lui à moduler l'appel de puissance de la recharge (en kW). Cela permet d'éviter d'augmenter la puissance d'abonnement, et donc son coût, et, dans certains cas, d'éviter un renforcement du raccordement. Le pilotage peut enfin permettre d'augmenter l'autoconsommation d'un site équipé de panneaux photovoltaïques, à condition de recharger en journée.

« Les véhicules électriques se rechargeant à domicile peuvent espérer capter une valeur maximum grâce au pilotage de 318 €/VE/an TTC, dans le cas d'une utilisation intensive d'une berline (15 000 km/an à 23 kWh/100 km) et pour un consommateur qui envisagerait d'augmenter sa puissance souscrite ; cette valeur est de 90 €/VE/an TTC dans le cadre d'un véhicule citadin pour une utilisation plus légère (12 000 km/an à 16 kWh/100 km), pour un utilisateur qui ne souhaite pas augmenter la puissance souscrite de son logement », estime Enedis.

Pour les véhicules utilitaires, le gain peut atteindre 430 €/ VE/an, en décalant et en étalant la recharge en pleine nuit. En revanche, pour les véhicules pouvant être rechargés en journée, le gain est réduit (65 €/VE/an). Enfin, les économies liées à l'autoconsommation sont « de l'ordre de quelques dizaines d'euros par véhicule et par an ».

Flexibilités locales : un parc important et dense est nécessaire

Des signaux prix peuvent également être envoyés pour inciter le consommateur à participer à la flexibilité locale du système électrique. « Il s'agit alors de moduler la puissance de recharge, à la demande d'un opérateur et contre rémunération, afin d'optimiser les coûts de production, d'aider le réseau à absorber des pics temporaires de production ou de consommation, ou de consommer local », explique Enedis. Plusieurs actions peuvent être demandées : l'effacement de consommation ou, au contraire, l'accélération de consommation pour absorber un surplus de production, ou encore le stockage temporaire afin de réinjecter l'électricité sur le réseau en période de forte demande (vehicule-to-grid).

 
Une expérimentation pour la réserve secondaire Sur le réseau de transport d'électricité, géré par RTE, les enjeux et les besoins liés à la recharge des véhicules électriques peuvent être différents. RTE a signé un partenariat avec le groupe Renault et la plateforme de services de recharge intelligente Jedlix pour évaluer le rôle que pourrait jouer le pilotage de la recharge sur le marché de la réserve secondaire. « Aujourd'hui, le réglage secondaire repose principalement sur des centrales thermiques ou hydrauliques », explique RTE. L'expérimentation devra évaluer la capacité de réponse du pilotage de la recharge, à partir d'un signal envoyé par RTE, pour injecter ou soutirer de l'électricité sur le réseau. Pour rappel, la réserve secondaire doit être activée dans un délai de 30 secondes à 15 minutes.
 

Sur le réseau de distribution, « la valeur de la flexibilité locale est étroitement dépendante de sa localisation sur le réseau (là où se situent précisément les congestions) et de sa fiabilité (il n'est pas possible de compter sur un foisonnement de ressources de flexibilité pour pallier leur éventuelle défaillance) ». Elle peut atteindre jusqu'à 200 € par véhicule et par an, en cas d'incident réseau ou de zone contrainte. Mais cette somme est à partager entre les différents acteurs (utilisateurs du réseau, distributeur, opérateurs de flexibilité, utilisateur du véhicule électrique…), ce qui réduit l'attractivité de ce débouché.

Autre contrainte : la disponibilité et le volume disponibles au moment où la flexibilité est nécessaire. Pour des zones en contrainte, de 50 000 à 100 000 habitants, « le nombre de véhicules électriques devant participer au service pour fournir la flexibilité locale recherchée est estimé entre 500 et 6 500 ».

Le parc de véhicules électriques devrait atteindre un volume suffisant pour pouvoir participer à la flexibilité locale à partir de 2025, estime Enedis, notamment dans les zones urbaines et semi-urbaines, où la densité de véhicules électriques devrait être plus importante.

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