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Programmation énergétique : le détail par filière et par secteur

Le gouvernement a enfin dévoilé le contenu de la programmation pluriannuelle pour les dix ans à venir. Les grands objectifs avaient déjà été annoncés mais leur déclinaison par filière et par secteur a été précisée.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Emmanuel Macron a présenté, ce mardi, les grands axes de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui fixe la trajectoire énergétique de la France pour les dix prochaines années. Des annonces détaillées dans la foulée par le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy. Le gouvernement confirme l' objectif de sortie des énergies fossiles d'ici 2050 et la baisse de la part du nucléaire à 50 % d'ici 2035, sans nouvelle fermeture durant ce quinquennat. Pour réussir cette transition, il mise sur une montée en puissance des énergies renouvelables les plus compétitives, avec un doublement de la capacité électrique installée d'ici 2028. Il mise en parallèle sur une baisse de la consommation finale d'énergie de 7 % en 2023 par rapport à 2012 et de 14 % en 2028.

Une concertation de trois mois sera lancée dans les territoires pour élaborer des solutions et des outils de mise en oeuvre de la PPE.

Baisse de la consommation fossile de 35 % d'ici 2028

Le président de la République a confirmé l'ambition française de neutralité carbone d'ici 2050. Cela passe par la fermeture des centrales à charbon d'ici à 2022. Coté demande, le gouvernement table sur une baisse de 20 % de la consommation primaire d'énergies fossiles en 2023 par rapport à 2012 et de 35 % en 2028. Les secteurs des transports, du bâtiment et de l'industrie seront particulièrement ciblés.

Ainsi, en matière de transports, François de Rugy a rappelé les objectifs européens : atteindre 80g CO2/km pour les véhicules neufs en 2020 et 60 gCO2/km en 2025. Le gouvernement mise également sur le déploiement de 1,2 millions de véhicules électriques d'ici 2023 et 4,8 millions d'ici 2028 et sur la mise sur le marché de véhicules thermiques consommant 4l/100 km d'ici 2030.

Le gouvernement table également sur 2,5 millions de logements rénovés de manière performante ou très performante en 2023. Il prévoit aussi "le remplacement de 10.000 chauffages charbon (la moitié de ceux restants) et 1 million de chaudières fioul (sur un parc restant de 3 millions) par du chauffage plus performant ; 9,5 millions de logements chauffés au bois avec un appareil efficace ; 3,4 millions d'équivalents logements raccordés à un réseau chaleur". La nouvelle réglementation sur les bâtiments rendra obligatoire un taux minimum de chaleur renouvelable dans tous les bâtiments neufs (individuel, collectif et tertiaire) dès 2020 et en intégrera un critère sur les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment.

L'industrie sera également mise à contribution. Elle devra réduire de 75 % sa consommation de charbon, hors sidérurgie, d'ici 2028 au profit de la biomasse.

ENR : doublement des capacités électriques

La PPE réaffirme l'objectif de 40 % de la production électrique renouvelable à l'horizon 2030 (contre 17 % en 2017), en se concentrant sur les filières les plus compétitives. Le soutien public en faveur des énergies renouvelables devrait passer de 5,5 milliards en 2019 à 8 milliards d'ici dix ans, a indiqué le ministre. Le fonds chaleur sera porté à 315 M€ en 2019, 350 M€ en 2020 et 2021 puis 339 M€ en 2022.

Le parc éolien terrestre sera multiplié par trois pour atteindre entre 34,1 et 35,6 GW en 2028, avec un objectif intermédiaire de 24,6 GW en 2023, se situant dans la fourchette de l'objectif fixé dans la PPE actuelle.

Quatre nouveaux appels d'offres devraient être lancés pour l'éolien en mer, pour développer 1 GW d'éolien posé en 2020 et 1,5 GW en 2023-2024, 250 MW d'éolien flottant en Bretagne et 250 MW en Méditerranée entre 2020 et 2022. Après cette date, le rythme de développement devrait être de 500 MW par an. Au total, l'éolien offshore devrait représenter 2,4 GW en 2023 (parcs déjà attribués) et 4,7 à 5,2 GW en 2028.

Le parc photovoltaïque sera multiplié par cinq, pour atteindre de 35,6 à 44,5 GW en 2028, et 20,6 GW en 2023, soit un peu plus que l'objectif haut de la PPE actuelle, fixé à 20,2 GW. Les installations au sol seront privilégiées, pour limiter les coûts.

Le parc hydroélectrique sera "renforcé" et atteindra 25,7 GW en 2023, et entre 26,4 et 26,7 GW en 2028.

"Le gaz va continuer à jouer un rôle important dans notre stratégie énergétique", a déclaré Emmanuel Macron. Alors que le biogaz représente aujourd'hui 0,1 % de la consommation de gaz, le gouvernement veut atteindre 10 % en 2030, sous condition d'une baisse des coûts. "Des plafonds de prix seront mis en place, et si les coûts de production ne baissent pas autant qu'attendu, le rythme de construction de nouvelles capacités de production sera adapté", indique le gouvernement.

Les objectifs fixés pour la méthanisation sont de 0,27 GW en 2023 et entre 0,34 et 0,41 GW en 2028. Au total, la production de chaleur renouvelable augmentera de 40 à 59 % d'ici 2028.

Nucléaire : 4 à 6 réacteurs fermés en dix ans

Le président de la République a confirmé la baisse de la part du nucléaire à 50 % d'ici 2035. Pour y parvenir, 14 réacteurs seront fermés, a-t-il annoncé. Les deux réacteurs de Fessenheim seront fermés d'ici 2020, quatre à six autres réacteurs le seront entre 2025 et 2030. Le rythme de fermeture sera déterminé en fonction de la sécurité d'approvisionnement, des interconnexions avec les voisins européens et de la montée en puissance des énergies renouvelables. Le gouvernement a déjà identifié les sites qui pourraient être concernés par une ou plusieurs fermetures : Tricastin, Bugey, Saint Laurent, Le Blayais, Gravelines, Dampierre, Cruas et Chinon. Le choix définitif sera déterminé par la vétusté, l'ampleur des travaux de mise à niveau à engager et l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il devrait être annoncé à la fin de la concertation de trois mois avec les territoires. Aucun site ne fermera complètement, a précisé Emmanuel Macron. En revanche, les sites où des réacteurs seront fermés pourront être utilisés pour construire de nouveaux réacteurs, a indiqué François de Rugy.

Sur cette question justement, aucune décision n'a été prise par le gouvernement. Celui-ci a demandé à EDF de lui remettre d'ici 2021 un programme détaillant les avancées technologiques attendues et l'évolution des coûts. Le gouvernement planchera également sur l'avenir d'EDF et sur son éventuelle restructuration, avec notamment la création de filiales.

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