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Réaménagement des friches urbaines : utiliser les fonctions du sol comme aide à la décision

La prise en compte des fonctions du sol constitue une des clefs pour le réaménagement des friches urbaines. Lors d'une journée technique du programme IDfriches, différents outils et méthodes d'évaluation des services rendus ont été présentés.

Aménagement  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

Comment faciliter le réaménagement des friches urbaines délaissées ? La clef de la réponse à cette question se trouve dans la prise en compte des fonctions du sol, selon les membres du programme IDfriches. Ces derniers ont organisé une journée technique sur ce thème, mardi 14 mai.

Soutenu par la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce programme est animé par le pôle de compétitivité chimie-Environnement Axelera, le cluster dédié aux infrastructures Indura et le pôle de compétences sur le foncier et l'aménagement CERF Auvergne Rhône-Alpes.

Premier constat des participants : l'accès à la connaissance du gisement des friches en France doit être amélioré. "Il n'existe plus une démarche d'envergure nationale permettant de mieux appréhender et de suivre la question des friches, en dehors des données Basias (anciens sites industriels) et Basol gérées par le BRGM", estime un fonds de dotation, le laboratoire d'initiatives foncières et territoriales innovantes (Lifti).

"La numérisation du fonctionnement de la société entraîne la délocalisation et l'apparition de nouvelles friches, là où avant il n'y en avait pas", constate son président, Marc Kaszynski.

Le Lifti a donc lancé avec la Junior Entreprise de l'École Centrale de Lille, un état des lieux des inventaires des friches, en s'intéressant aux démarches nées après 2000. Le document résultant souligne les disparités entre les inventaires réalisés mais également entre les territoires.

Une cartographie du territoire inégale

"L'homogénéisation des résultats issus des inventaires est à ce jour impossible. Chacun d'entre eux utilise sa propre définition des friches et varie dans les types inventoriés, notent les auteurs. Aussi, d'une région à une autre, la cartographie du territoire est inégale, le recensement étant soit exhaustif, partiel ou ponctuel et fait à des échelles différentes". Certaines zones sont moins étudiées que d'autres : ainsi aucune démarche d'inventaire des friches n'a été recensée en région Centre-Val de Loire, Île-de-France, PACA, Pays de la Loire, les DOM et la Corse.

Un autre frein à la reconversion : le coût des opérations mais aussi de l'entretien du site dépollué.

"Dans mon propos, il est hors de question pour les industriels d'échapper à leurs obligations mais nous rencontrons des difficultés pour ensuite transférer à la collectivité ces terrains", souligne Xavier Houzard, directeur de la réhabilitation environnementale de Solvay.

Pour certains participants, une des pistes est le décloisonnement des différents services impliqués. "Les questions environnementales sont transversales mais le fondement historique de l'administration repose sur des silos différents", regrette Marc Kaszynski.

Pour les membres du programme IDfriches, l'accent doit être mis sur les avantages rendus possibles par une seconde vie du site : régulation des températures localement, atténuation des risques des inondations, fourniture d'énergie, etc. Et s'appuyer pour cela sur des outils et méthodes pour évaluer le potentiel des sites.

Evaluer la restauration

Une étude de l'association Record s'est ainsi penchée sur les indicateurs existants du suivi des actions de restauration. Elle propose un outil pour guider l'opérateur dans son choix des indicateurs en fonction du site étudié. Après avoir renseigné les perturbations subies, l'écosystème et les usages ciblés par la restauration du site, une liste d'indicateurs est proposée pour les fonctions du sol.

Les scientifiques ont testé cette grille de lecture sur trois sites : une ancienne installation de stockage des déchets, une ancienne carrière restaurée en milieu humide (bassin d'expansion des crues) et un crassier métallurgique phytostabilisé.

"La grille de lecture est pertinente pour évaluer l'atteinte des objectifs de restauration mais également d'identifier les points d'amélioration au cours du processus de restauration en lui-même, indique Florence Batist, une des scientifiques en charge de l'étude.  Parmi les limites, toutefois : l'utilisation de données qui n'ont pas été relevées dans l'objectif de réaliser un suivi mais également la prise en compte, au travers d'un outil se voulant générique, de la spécificité et de la complexité de chaque site".

Mieux adapter les usages aux potentiels du site

Le projet Destisol s'est efforcé à travers l'élaboration d'une méthodologie de favoriser la prise en compte des potentialités du sol dans les aménagements urbains. Elle permettra notamment de limiter l'excavation et l'apport de terres végétales. Cette méthodologie passe par différentes étapes : une étude documentaire sur le site, un zonage du site en fonction des caractéristiques du sol, une évaluation des services écosystémiques en fonction des couvertures possibles. "Nous établissons des règles de notation en fonction des niveaux des fonctions remplies par les sols, explique Geoffroy Sere, un des scientifiques en charge du projet. Par exemple, dans une zone, tous les usages seront possibles, alors que dans une autre, le sol sera trop superficiel pour implanter des arbres". L'aménageur pourra alors opter pour une adaptation de son projet initial ou de le maintenir avec des opérations de génie écologique.

Un guide est en cours de rédaction au Cerema.

S'appuyer sur le plan local d'urbanisme intercommunal

"Les documents d'urbanisme ne s'intéressent pas à la qualité des sols, constate Fabienne Marseille, directrice d'études en environnement au Cerema. Les bases de données sont accessibles mais pas utilisées par les acteurs de la planification".

Le projet Muse s'est donc donné comme objectif de co-construire avec les collectivités des outils pour mieux prendre en compte la multifonctionnalité des sols. Parmi le panel disponible, les équipes considèrent que le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) est le document qui a la capacité à préserver les sols. Le projet a démarré par un état des lieux des pratiques des collectivités. D'ici cet été, une méthodologie devrait être testée en partenariat avec les trois collectivités partenaires : Nantes métropole, Châteauroux métropole et Aix-Marseille métropole.

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