Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Les accidents industriels en baisse en 2020 sous l'effet de la pandémie

Le nombre d'accidents dans les installations classées a connu une baisse significative l'année dernière en raison de la pandémie. Mais un regain a été constaté en mai-juin lors de la reprise d'activité après le premier confinement.

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Les accidents industriels en baisse en 2020 sous l'effet de la pandémie

« L'année 2020 constitue, avec la survenance de la pandémie liée au Covid-19, une situation inédite vis-à-vis des activités industrielles. Il s'agit indéniablement du fait marquant le plus significatif qui se sera imposé aux entreprises », relève Cédric Bourillet, directeur général de la prévention des risques, en introduction de l'inventaire 2020 des accidents technologiques. Cet inventaire, réalisé par le Bureau d'analyse des risques et pollutions industriels (Barpi), recense 1 417 événements technologiques survenus en France et enregistrés dans la base Aria au 1er avril 2021, tous domaines d'activités confondus (ouvrages hydrauliques, canalisations, transport, mines, etc.).

Dans les installations classées (ICPE), l'année 2020 a été marquée par 979 événements (incidents, accidents, accidents majeurs) contre 1 145 en 2019. Soit une baisse de 14 %. Cette baisse est plus marquée parmi les installations non Seveso (-15 %). « Une baisse significative des accidents est constatée avec un retour à des niveaux connus plus de cinq ans en arrière pour les établissements soumis à autorisation, enregistrement ou déclaration », rapporte le Barpi.

La baisse des événements est un peu moins marquée parmi les établissements Seveso (-12,5 %). Elle concerne davantage les incidents que les accidents. « Le nombre d'accidents majeurs reste compris dans la fourchette habituelle (environ une demi-douzaine par an) », rapporte le service du ministère de la Transition écologique, avec des conséquences principalement économiques.

Hausse des accidents après le premier confinement

Si l'année 2020 a connu une baisse globale de l'accidentologie, le Barpi a toutefois relevé une évolution contrastée au cours de l'année, en lien direct avec la pandémie : une baisse significative en mars-avril liée à l'arrêt des activités lors du premier confinement, une hausse en mai-juin liée à une reprise d'activité « généralement associée à un regain d'accidents » mais finalement « relativement bien maîtrisée », puis une accidentologie « dans la fourchette basse des cinq dernières années » sur la période septembre-décembre.

   
Influence de la pandémie sur l'accidentologie © Barpi
 
   
« L'épidémie de Covid-19, la nécessaire continuité d'activité, pendant et après les confinements, sans réelle visibilité d'un « retour à la normale » et la mise en place de mesures sanitaires drastiques, ont mis à mal l'organisation de certains sites. Les phases transitoires, particulièrement critiques dans la vie d'une installation, ont alors été plus fréquentes », relèvent les fonctionnaires du ministère de la Transition écologique. Même si les incidents d'exploitation n'ont pas quantitativement augmenté, ces derniers recensent des effets induits par la pandémie qui ont participé à la survenue d'événements accidentels. Parmi ceux-ci le report de travaux, l'arrêt d'activités courantes assurées par des entreprises sous-traitantes, la non-observation des consignes de sécurité habituelles, le non-respect des conditions de stockage, ou encore des délais d'intervention après sinistre trop longs.

 
La situation de pandémie n'a jamais été étudiée en tant que telle, hormis au travers de plans de continuité d'activité, lorsqu'ils existent.  
Cédric Bourillet, directeur de la prévention des risques
 
L'inventaire rapporte plusieurs événements significatifs à cet égard. C'est le cas d'un incendie dans un élevage avicole du Maine-et-Loire résultant d'une opération de désinfection réalisée par l'exploitant à la place de son prestataire qui avait suspendu son activité suite au confinement. C'est aussi le cas de la surchauffe d'un groupe motopompe incendie (GMPI) dans une société gazière jurassienne résultant d'un allongement des délais d'intervention lié au manque de personnel. Toujours dans le Jura, le Barpi rapporte un déversement dans le réseau d'assainissement communal de lait et de soude par une fromagerie, en raison de l'absence de consignes suite à un fonctionnement en mode dégradé. Dernier exemple en lien avec la crise sanitaire : l'incendie en Dordogne d'une unité de conditionnement de gel hydroalcoolique qui a conduit à la destruction totale du site et au chômage technique de 45 personnes.

« Si l'organisation pour faire face à certaines situations exceptionnelles (agressions naturelles, malveillance, grèves…) doit être prévue et éprouvée par les exploitants, l'analyse de certains événements survenus en 2020 dans un contexte inédit, révèle que la résilience des sites industriels doit également être renforcée en ce qui concerne la sécurité », conclut le rapport. Car, comme le souligne Cédric Bourillet, « la situation de pandémie n'a, à notre connaissance, jamais été étudiée en tant que telle, hormis au travers de plans de continuité d'activité, lorsqu'ils existent ».

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Laurent Radisson

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

Plateforme web de pilotage de conformité pour installations industrielles EALICO