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Acyvia, un outil pour évaluer les impacts environnementaux de l'agro-alimentaire

Après plus de trois ans de travail, l'Ademe présente un outil facilitant les analyses de cycle de vie dans l'agro-alimentaire. Co-construit avec les acteurs, il pourra être utilisé pour l'affichage environnemental ou des démarches d'éco-conception.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Fruit de travaux initiés en 2013, le programme Acyvia "permet d'évaluer l'impact environnemental de procédés de transformation agro-industriels, de l'entrée des matières sur le site de transformation à la sortie des produits finis, conditionnés ou en vrac", indique l'Ademe qui a coordonné le groupe de travail. Conçu avec les acteurs de la filière et des experts environnementaux (Quantis et Agroscope), cet outil devrait faciliter les démarches d'affichage environnemental mais aussi d'éco-conception. Il met à disposition des acteurs une base de données d'inventaires de cycle de vie (ICV) "représentatifs de certains procédés de transformation agro-industriels en France". L'objectif est de fournir des données du "berceau à la tombe", autrement dit, pour l'agro-alimentaire, de l'entrée des matières premières dans l'usine de transformation à la sortie des produits finis. Cet outil est donc complémentaire de la base de données Agribalyse qui fournit des données environnementales sur les productions agricoles françaises.

Différents niveaux de données

 
Une poursuite du programme dans Agribalyse ? L'Ademe se pose la question de l'avenir de la base de données Acyvia qui devra être actualisée régulièrement afin de ne pas devenir obsolète. "Les difficultés rencontrées dans le projet n'ont pas permis de construire une dynamique permettant d'envisager, en tout cas à court terme, une suite à Acyvia. En revanche, le programme Agribalyse 2, construit comme un « chapeau », permet de couvrir toutes sortes de projets pertinents pour améliorer et compléter la base d'ICV [inventaires de cycle de vie]", analyse l'Ademe. Si le périmètre du programme est aujourd'hui restreint à la production agricole, son extension à l'agro-industrie pourrait permettre une continuation des travaux. Cette possibilité est à l'étude, indique l'Ademe.
 
Huit filières ont participé aux travaux : les industries laitières (représentées par Actalia), la meunerie (représentée par l'ANMF), la viande bovine (représentée par l'Idele), la viande porcine et charcuterie (représentée par l'Ifip), la filière vinicole (représentée par l'IFV) et la production de distillats de vin et d'eau de vie de vin (représentée par l'UNGDA). L'industrie des corps gras (représentée par l'Iterg) et les produits de la conserve (représentés par le CTCPA) se sont retirés en cours de projet en raison d'"achoppement sur la question des allocations". Cette question est déterminante pour mesurer les impacts environnementaux.

"Un grand nombre de procédés ont été évalués pour chaque filière. Des règles transparentes et communes à toutes les filières ont été appliquées garantissant la qualité des données. De plus, elles sont issues de données collectées sur sites industriels et non pas de modèles donc bien plus fiables et représentatives de la réalité", souligne l'Ademe.

Finalement, Acyvia fournit différents types de données, avec "trois niveaux d'agrégation et de paramétrisation". Le niveau usine est représentatif des sites industriels partenaires. Il est donc confidentiel et réservé aux entreprises ayant participé à la collecte de données. Le deuxième, le niveau industriel, fournit des moyennes de données usine. Il est donc public et peut être utilisé pour des travaux d'analyse de cycle de vie (ACV) et d'éco-conception. Il constitue "une base représentative des procédés de production agroalimentaire en France". Le dernier niveau, celui de l'affichage, est similaire au précédent mais les données sont converties au format internationalement partagé (ILCD) afin de pouvoir être intégrées à la base de données Impact, mise en place par l'Ademe pour fournir des données génériques aux entreprises souhaitant s'engager dans l'affichage environnemental.

"De par sa taille et sa qualité, peu de bases de données d'ICV existant à ce jour peuvent revendiquer d'une part de couvrir autant de procédés de transformation agro-industriels, d'autre part d'un tel niveau de représentativité et de qualité", se félicite l'Ademe.

Enrichir les travaux sur l'affichage environnemental

L'objectif d'Acyvia est de faciliter l'affichage environnemental, dont la généralisation est prévue depuis le Grenelle de l'environnement. Une phase de pré-déploiement a été lancée par les pouvoirs publics en janvier 2017, dans les cinq secteurs les plus avancés (textile, ameublement, hôtellerie, alimentaire et électronique). A l'échelle européenne, des travaux sont également menés avec le programme PEF (Product Environmental Footprint). "Il fournira d'ici fin 2017 des règles de modélisation pour certaines catégories de produits (PEFCR, Product Environmental Footprint Category Rules) ainsi qu'une base de données génériques d'ICV, le tout couvrant plusieurs catégories de produits alimentaires (bière, café, produits laitiers, viande, huile d'olive, eau embouteillée, pâtes, vin)", précise l'Ademe. Mais "à ce jour, s'agissant de l'alimentation : les règles finales par catégorie ne sont pas encore établies, et la question des allocations pose problème dans de nombreux secteurs ; il sera intéressant de voir comment elle sera traitée dans la première version des documents finaux ; la base de données est tout juste en cours de constitution ; un appel d'offres a eu lieu dans le courant de l'été 2016 pour les secteurs « food » (alimentation humaine) et « feed » (alimentation animale)". Des ponts devront être trouvés entre travaux français et européens.

Premier pas vers l'éco-conception ?

Une meilleure connaissance des impacts environnementaux doit également permettre aux entreprises d'entrer dans des démarches d'éco-conception, afin d'être plus vertueuses. "L'Ademe sera d'ailleurs intéressée à soutenir ce type de démarches, par exemple par le biais d'appels à projets sectoriels : [elle] invite ici les filières à manifester leur intérêt". Chaque secteur impliqué dans les travaux dispose désormais de données individuelles et de référence pour initier des actions de réduction des impacts environnementaux. Mais un travail de sensibilisation et d'information doit être mené…

Car pour certaines filières, comme la viande ou la filière vinicole par exemple, "actuellement, il ne semble pas y avoir d'intérêt spontané des entreprises pour travailler sur les étapes agro-industrielles, en raison du contexte économique difficile du secteur et de la prédominance des impacts de l'amont agricole (des entreprises sont par contre engagées pour travailler avec l'étape agricole, pour favoriser la mise en place de leviers d'action avec les éleveurs)". Pourtant, par exemple, pour la filière bovine à l'étape agro-industrielle, "des améliorations sont possibles sur les consommations d'eau et d'énergie, qui constituent également des leviers économiques", souligne l'Ademe.

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