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Réchauffement climatique : les collectivités peinent à s'adapter

Deuxième pilier d'une politique climatique, l'adaptation a tendance à être délaissée. Grenelle de l'environnement oblige, les collectivités commencent à se saisir du sujet, non sans difficultés.

Energie  |    |  Victor Roux-Goeken Actu-Environnement.com
   
Réchauffement climatique : les collectivités peinent à s'adapter
   
''Adaptation et atténuation du changement climatique doivent être menées de front'', a rappelé Nicolas Bériot, secrétaire général de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc) au cours d'une conférence organisée mercredi 22 septembre par l'association Orée. Quelque peu négligées car difficiles à mettre en œuvre, les politiques d'adaptation sont d'autant plus d'actualité que les lois Grenelle I et II prévoient que les collectivités mettent en œuvre des schémas régionaux du climat, de l'air et de l'énergie (SCAE) d'ici l'été 2011, ainsi que des plans climat énergie territoriaux (PCET) pour les collectivités de plus de 50.000 habitants d'ici la fin 2012.

Ces mesures d'adaptation peuvent être de nature institutionnelle (mécanisme de gestion de crise), stratégique (recul dans les terres), physique (installation de volets traditionnels, ce que ne peut pas faire Paris du fait d'un plan d'occupation des sols de 1970)… Mais la mise en place de ces mesures nécessite une connaissance précise du territoire auquel elles sont destinées. Ce qui n'est pas sans difficultés.

Voir plus loin qu'un mandat

D'abord car temps climatique et politique ne font pas bon ménage. ''Les élus ont déjà du mal à voir plus loin qu'un mandat, relève Julien Lavaud, conseiller technique Changement climatique à l'Agence régionale pour l'environnement Midi-Pyrénées (Arpe). Alors au-delà d'une dizaine, voire d'une vingtaine…''

Pour sensibiliser ''ses'' élus, Julien Larpaud recourt à l'analyse de vulnérabilité par secteur économique. ''En Aveyron, le fourrage est de plus en plus rare. S'il n'y a plus de fourrage aveyronnais, et qu'il faut importer du fourrage breton, le roquefort pourra-t-il toujours avoir l'AOC ?''. Etant donné le poids économique de cette activité, la question semble faire mouche.

L'accès à des données fines et précises est une gageure, quand il n'est pas impossible : il faut engager de lourdes dépenses pour réaliser des études sur l'ensemble du territoire. ''Nous ne connaissons pas, par exemple, le débit naturel de la Garonne car l'eau est stockée dans des barrages en Pyrénées. S'il n'y a pas d'eau l'été, cela peut être dû au fait qu'on ne l'a pas turbinée. Nous n'avons pas accès à ces données confidentielles''.

Ajouter ensuite à cela l'échec de Copenhague et la progression des thèses climatosceptiques. ''Cela fait beaucoup de mal localement. L'opposition s'en sert pour dénigrer le plan climat, et il faut donc que l'engagement politique des élus soit sans failles''.

Les exigences des lois Grenelle posent aussi un problème de mise en cohérence de la stratégie d'adaptation entre les territoires, estime Jean-Yves Boutet, chargé de mission Climat-énergie au conseil général de Gironde, département où l'adaptation est d'actualité - la forêt landaise a connu trois tempêtes entre 1999 et 2010, et la centrale nucléaire du Blayais, dans l'estuaire de la Gironde, a été inondée au cours de la première tempête.

''Il y a sept collectivités de plus de 50.000 habitants, donc sept PCET, explique Jean-Yves Boutet. Sept autres plans climat seront mis en œuvre par sept autres collectivités de moins de 50.000 habitants. D'ici 2012, la Gironde va se retrouver avec quatorze PCET, qu'il va falloir coordonner alors qu'ils seront tous différents, et qu'ils n'auront pas été conçus avec la même méthodologie…''

Une vaste consultation du public a été lancée par le département, à laquelle 5.000 personnes ont répondu. Or, ''le conseil général n'est directement concerné que par 10 à 15% des sujets du livre vert issu de cette concertation''. Enfin, la compétence PCET étant devenue obligatoire avec le Grenelle II, ''l'Ademe ne les financera plus''. ''Nous attendons un accompagnement méthodologique, mais aussi financier''.

L'adaptation n'est pas un discours défaitiste

Pour Pierre Crépeaux, chargé de mission Air, plan climat et bruit à la mission écologie de l'agglomération du Grand Lyon, ce n'est pas parce ''politiquement, un discours d'adaptation peut paraître défaitiste'' qu'il faille ne rien faire. Nous assistons, dans le Grand Lyon, à l'émergence d'une telle politique''.

Comme dans les autres zones urbaines denses, la lutte contre les îlots de chaleur est une priorité, comme l'a dramatiquement montré la surmortalité qu'a connue la ville au cours de la canicule de l'été 2003.

Parmi les actions mises en place par l'agglo : un plan d'augmentation des surfaces ombrées, en sélectionnant des essences xérophiles, la cartographie des îlots de chaleur, ou la création d'une direction de la prospective afin notamment de faire des partenariats avec le monde de la recherche.

Réactions1 réaction à cet article

 
éolienne de centre ville

Les décorateurs de l'habitat urbain commencent à proposer des machines au design futuriste.

Asthéolien | 30 septembre 2010 à 07h34
 
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