Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Le congrès mondial de la nature s'achève sur un bilan en demi-teinte

Le congrès de l'UICN s'est achevé après une semaine intensive de rencontres autour de la biodiversité. Qu'en ressort-il ? Un satisfecit de l'organisateur et du gouvernement français. Un bilan partagé selon les associations environnementales.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Le congrès mondial de la nature s'achève sur un bilan en demi-teinte

Les attentes des participants au congrès mondial de la nature étaient à la hauteur de l'urgence à agir face à l'effondrement de la biodiversité. Celles-ci ont-elles été satisfaites à l'issue d'une semaine intensive en négociations, conférences et sommets en tous genres tenus dans la cité phocéenne ?

La réponse est positive à en croire l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organisateur du congrès, et le gouvernement français qui l'a accueilli. L'ONG se félicite dans le « Manifeste de Marseille », document bilan de l'événement, des « contributions substantielles et significatives à la reprise post-pandémie et à la crise biodiversité-climat » auxquelles les membres et partenaires de l'UICN se sont engagés.

De son côté, Bérangère Abba, secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, a salué un bilan très satisfaisant au micro de Radio France internationale. « L'action de la France est saluée au niveau national, elle est reconnue au niveau international », s'est félicitée la représentante du gouvernement. Le bilan est en revanche mitigé selon les grandes ONG environnementales.

Avancées positives

« Parfois décrié, ce congrès a permis des avancées positives », juge France Nature Environnement (FNE). Et de citer les éléments qui font peser la balance du bon côté : les motions adoptées, le niveau d'échange entre experts, la participation du public et des ONG, la mobilisation des établissements publics, l'engagement de nouveaux acteurs comme les banques centrales, ou encore la compréhension du lien climat-biodiversité.

De nombreuses motions ont en effet été adoptées par l'assemblée des membres de l'UICN. Des motions qui, si elles ne présentent pas de caractère contraignant pour les États, ont vocation ensuite à être reprises dans les politiques publiques. Ainsi, l'objectif de porter le pourcentage des aires marines protégées à 30 % d'ici à 2030 a vu le jour lors du congrès d'Hawaï en 2016, rappelle Pierre Cannet. « Il se retrouve dans le dur maintenant », se félicite le directeur du plaidoyer du WWF France.

Une vingtaine de motions ont été votées pendant le congrès et viennent rejoindre les 109 adoptées par vote électronique en octobre 2020. Elles portent sur le cadre mondial pour la biodiversité post-2020, la reconnaissance des droits des peuples autochtones, même si le rôle de l'UICN est contesté par certains en la matière, la réduction des impacts de l'industrie minière, la restauration des forêts primaires, la protection de l'Amazonie ou encore la protection de la santé humaine, animale et environnementale. « Charge désormais aux gouvernements de s'emparer de cette feuille de route d'ici la COP 15 », exhorte Pierre Cannet.

Cruelle désillusion sur la réponse politique

« Mais le niveau de réponse politique à l'extrême urgence de la situation, une fois encore, est loin d'être à la hauteur des enjeux. Ce qui constitue la plus cruelle et la plus impactante des désillusions », déplore FNE.

 
La France continue de donner des leçons à tous sur les enjeux de biodiversité et de climat, mais reste largement dans l'incantation  
France Nature Environnement
 
Si Pierre Cannet salue le rôle de la France « très active dans la discussion des motions », il réclame en revanche la traduction concrète des annonces du président de la République dans le prochain projet de loi de finances et le plan 2030 en cours de préparation. L'abstention de la France sur le vote de la motion en faveur d'un moratoire sur les exploitations minières dans les grands fonds marins a fait tâche. Une France « à rebours de l'histoire », fustige Greenpeace.

Côté déception, FNE pointe également des annonces qui ne sont « ni à la hauteur des enjeux ni assorties de moyens ». « La France continue de donner des leçons à tous sur les enjeux de biodiversité et de climat, mais reste largement dans l'incantation », déplore la fédération d'associations de protection de la nature. Les annonces d'Emmanuel Macron, en ouverture de salon, sur une initiative sur les pesticides dans le cadre de la présidence française de l'UE et sur la protection des océans, laissent en effet les ONG dubitatives. La présidence française « risque d'être très affaiblie par la concomitance avec la campagne électorale présidentielle française et les négociations sur la nouvelle PAC », craint FNE.

Quant à la protection forte de 5 % de la Méditerranée d'ici à 2027, « il s'agit d'une promesse déjà formulée en 2019 et qui attend d'être concrétisée », cingle la fédération d'associations. « Derrière cette annonce, il faut comprendre qu'il n'est pas prévu d'atteindre 10 % de zones fortement protégées pour chacune des façades maritimes de la France, dont la Méditerranée », analyse Greenpeace, qui y voit une régression par rapport à l'objectif réaffirmé par le président en janvier 2021. Quant à l'annonce d'un sommet consacré aux océans, ce « ne doit pas être un sommet de façade de plus, comme les "One Planet Summits" ou le "Global Forests Summit", qui n'a fait que permettre à des entreprises de promouvoir des solutions simplistes ou dangereuses comme la compensation carbone et la plantation d'arbres », tonne Greenpeace.

Mobiliser tous les acteurs

Les grandes entreprises n'étaient pas étrangères non plus au congrès de Marseille, avec la présence remarquée de Nutella parmi les sponsors. « Cinq entreprises multinationales - Kering, Holcim, L'Occitane, LVMH, Pernod Ricard - avec un chiffre d'affaires annuel combiné de 92 milliards de dollars et près de 300 000 employés se sont engagées à restaurer et à améliorer la biodiversité grâce à des stratégies et des actions d'entreprise favorables à la nature », se félicite l'UICN, qui cherche à mobiliser l'ensemble des acteurs.

« Le "succès" économique ne peut plus se faire aux dépens de la nature. Nous avons un besoin urgent d'une réforme systémique, ajoute l'ONG. Pourtant, il y a lieu d'être optimiste. Nous sommes parfaitement capables d'apporter des changements transformateurs et de le faire rapidement. » La preuve ? « Pendant la pandémie mondiale, nous avons changé notre comportement pour protéger notre santé et celle de ceux qui nous entourent. »

Réactions5 réactions à cet article

 

Bonjour

pas un mot me semble t-il sur la pollution par les rejets et déchets du nucléaire.
Tout le vivant est pollué par les rejets des centrales nucléaires. en particulier le tritium que l'on retrouve dans l'eau du robinet à un taux de 30-40Bq quotidiennement et parfois plus. On ne peut pas le filtrer car trop petit. Le taux normal devrait être à 1Bq/l. d'autres radionucléides aussi, des produits chimiques et des métaux comme le Cu en grande quantité devenant toxique à haute dose.
Que dire de l'enfouissement des déchets hautement radioactifs avec un avis défavorable de l'autorité de l'environnement.
Que dire s'agissant de la santé quand la médecine allopathique utilisant des molécules chimiques et injections géniques depuis le covid avec bien souvent de nombreux effets indésirables pour le vivant est privilégiée aux dépens de la médecine naturelle.
Tout ceci ne va pas dans le sens de la biodiversité et de l'écologie.
S.O.S " Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

FS | 13 septembre 2021 à 09h50
 
Signaler un contenu inapproprié
 

30% du territoire marin, quelle belle utopie. Les congressistes ont ils fait le total des cotes des pays occidentaux et le total des cotes marines des pays qui n'aspirent à une seule chose au développement de leur pays à la manière des occidentaux ( voiture, Tv, machine à laver etc etc)et pour lesquels la défense de l'environnement est une de idée colonialiste occidentale de pays qui ont déjà tous les objets de la civilisation tant désirée par les peuples sous développé en majorité sur terre.

le papet | 13 septembre 2021 à 11h00
 
Signaler un contenu inapproprié
 

"Non contraignant"... tout est dit. Exercice dialectique et effet de robe. Même si l'intention est peut-être sincère, elle ne résistera pas aux lobbies extractiviste. On ose parler de forêt Amazonienne et le monde n'est pas capable de calmer un fou furieux qui à doublé la vitesse de déforestation dès son arrivée au pouvoir, sans parler des droits des autochtones. C'est étonnant comment les embargos ou répression économiques sont vites mises en place lorsque des intérêts occidentaux, ou plutôt américains sont juste potentiellement menacés.

BDE | 13 septembre 2021 à 15h27
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Lire l'analyse critique proposée par FNE suffit pour une vision lucide de cette nouvelle mascarade.
Entre autres absences : rien sur la valeur des paysages , donc sur les ravages des éoliennes dans nos sites naturels (ou culturels)

sirius | 14 septembre 2021 à 09h07
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Du Bla Bla encore du Bla Bla dès lors qu'il n'y a aucune mesure contraignante, comme dab...on n'en sortira pas. Que dire de Nutella comme sponsor ??? On touche le fond ! Mais qui peut croire de nos jours aux promesses de nos personnalités politiques, Macron en tête, le pire menteur que la France ait connu.

gaïa94 | 18 septembre 2021 à 02h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Laurent Radisson

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

Conseil en résilience environnementale LPA-CGR avocats