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La crise sanitaire n'a pas freiné les investissements en faveur du climat

En ayant résisté à la crise sanitaire, les investissements en faveur du climat ont augmenté en 2020 en France, selon le panorama d'I4CE. Mais ils demeurent insuffisants pour respecter les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone d'ici à 2030.

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
La crise sanitaire n'a pas freiné les investissements en faveur du climat

Ce mercredi 1er décembre, l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) a dévoilé les résultats de son dernier panorama annuel des financements climat en France. Cette édition 2021 s'est concentrée sur les secteurs pour lequels les chiffres et les tendances sont les plus récents (2019-2021), afin de mieux prendre en compte l'impact de la crise sanitaire de la Covid-19 sur les investissements climat. Ainsi, en 2020, ces derniers ont augmenté, mais pas dans tous les secteurs : près de 45 milliards d'euros ont été investis dans des équipements en faveur du climat par les ménages, les entreprises et les administrations publiques. Soit une hausse de plus de 10 % par rapport à 2019.

Des investissements climat globalement préservés pendant la crise sanitaire

« Cette hausse des investissements climat est essentiellement dans les voitures électriques et les hybrides rechargeables, et dans une moindre mesure dans les aménagements cyclables », a expliqué Maxime Ledez, chargé de recherche chez l'I4CE, lors d'une conférence de presse. En 2020, l'association observe également des investissements « stables ou en baisse », que ce soit dans la rénovation énergétique des logements, les infrastructures de transports, les énergies renouvelables ou encore dans le nucléaire.

« L'année 2020 était pourtant mal engagée : le premier confinement a interrompu les chantiers du bâtiment, des infrastructures et de la production d'énergie, et les restrictions sanitaires ont menacé les revenus des porteurs de projets », rappelle M. Ledez. Cependant, les mesures d'urgence, prises par les pouvoirs publics, ont permis de « limiter les menaces » d'une baisse des investissements climat. En effet, le chômage partiel, les prêts garantis par l'État et la compensation des pertes de revenus des opérateurs de transport et des collectivités ont permis aux porteurs de projets « de conserver des ressources suffisantes pour investir. Et la plupart des ménages et des entreprises, estimant que le ralentissement économique serait temporaire, ont maintenu leurs programmes d'investissements ».

Mais, malgré cette hausse en 2020, ces investissements climat demeurent « insuffisants » pour respecter les objectifs, d'ici à 2030, de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). L'I4CE estime qu'il faudrait 13 à 15 milliards d'euros au minimum d'investissements publics et privés supplémentaires, chaque année, jusqu'en 2023. « Et environ le double jusqu'en 2028 ». Néanmoins, ces estimations ne couvrent pas notamment les secteurs de l'agriculture, de l'industrie et de l'adaptation au changement climatique. Alors qu'ils « nécessitent des investissements très certainement conséquents, ce qui pourrait amener à accroitre encore ce chiffre des besoins d'investissements », ajoute Maxime Ledez.

   
Répartition des investissements réalisés et des besoins en plus selon les secteurs. © I4CE
 
   

Inscrire les financements publics pour le climat dans le prochain quinquennat

En 2021 et en 2022, les investissements climat, soutenus par les mesures du plan de relance, devraient continuer leur progression, estime l'association, que ce soit dans la rénovation énergétique des logements (budget alloué à MaPrimeRénov'), les voitures électriques et hybrides et le réseau ferroviaire. Toutefois, cette progression demeure insuffisante et ne devrait pas « combler le déficit d'investissements climat », prévient M. Ledez. « En effet, sur la base des premiers indicateurs disponibles, des besoins subsistent, notamment dans la production d'électricité renouvelable (éolien terrestre et en mer, ndlr), les véhicules utilitaires (électriques, ndlr) et les pistes cyclables. Si les ménages réalisent davantage de travaux énergétiques dans leurs logements, bien peu entreprennent les rénovations globales et performantes recommandées par la Stratégie nationale bas carbone », explique l'étude.

 
Nous mettons en évidence dans ce panorama le défi des investissements dans les équipements installés : la rénovation énergétique des logements, les véhicules et les infrastructures des transports (...) après le plan de relance.  
Maxime Ledez d'I4CE
 

Or, les principaux financements climat du plan de relance prendront fin en 2022, s'inquiète l'I4CE. Tandis que France 2030 est un programme d'investissements qui vise « surtout l'industrie pour financer notamment des équipements bas carbone et la recherche et le développement dans la décarbonation. Nous mettons en évidence dans ce panorama le défi des investissements dans les équipements installés : la rénovation énergétique des logements, les véhicules et les infrastructures des transports où il n'y a pas de perspectives d'engagements de financements publics à moyen terme, après le plan de relance », ajoute Maxime Ledez.

Par ailleurs, la reprise économique en cours pourrait alimenter un rebond en faveur des investissements liés aux énergies fossiles « dans les années à venir ». Ces investissements s'élèvent à 45,3 milliards d'euros en 2020. Ils ont pourtant chuté de 32 % en 2020 par rapport à 2019, notamment en raison d'un durcissement de la réglementation européenne sur les voitures neuves.

L'association I4CE appelle par conséquent les pouvoirs publics à anticiper l'après-relance. Pour Benoît Leguet, son directeur : « L'État aurait intérêt à se doter d'une "stratégie climat des finances publiques" pour expliquer comment ces besoins d'investissements vont être couverts pour la partie qu'il lui revient, par des financements publics ou par des actions publiques pour attirer des capitaux privés. Il faut se poser la question de la pérennité de l'effort public pour dépenser plus, mieux et pour tous ». L'I4CE entend solliciter sur ce sujet les candidats à l'élection présidentielle pour le prochain quinquennat.

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