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Eaux de baignade européennes : une qualité satisfaisante, mais une surveillance à renforcer

Comme chaque année avant la période estivale, l'Agence européenne de l'environnement publie son baromètre de la qualité des eaux de baignade. Si les résultats semblent satisfaisants, le besoin d'intégrer de nouveaux enjeux se fait plus pressant.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Eaux de baignade européennes : une qualité satisfaisante, mais une surveillance à renforcer

L'indicateur reste globalement au vert : pour la saison 2021, 95,2 % des sites de baignade en Europe répondaient à l'objectif de qualité suffisante demandé par la directive sur les eaux de baignade et 84,8 % étaient en excellente qualité. Le texte européen ambitionnait initialement d'atteindre un niveau de qualité suffisante pour l'ensemble des sites à la fin de la saison balnéaire 2015. Mais une petite proportion d'entre eux affiche toujours une qualité insuffisante : en 2021, c'était le cas pour 1,5 % d'entre eux (soit 332, pour 1,3 % en 2020). « Si la part des sites de mauvaise qualité a légèrement diminué depuis 2013, des problèmes persistent au niveau des eaux de baignade de mauvaise qualité ou souvent affectées par des pollutions de courte durée », note l'Agence européenne de l'environnement (AEE).

 
Si la part des sites de mauvaise qualité a légèrement diminué depuis 2013, des problèmes persistent au niveau des eaux de baignade de mauvaise qualité  
AEE
 

Six pays de l'UE se démarquent négativement avec une proportion de 3 % ou plus de leurs eaux de baignade de mauvaise qualité, dont la France (pour 99 sites). Ces baignades devront être fermées pendant toute la saison balnéaire 2022 et faire l'objet de mesures visant à réduire la pollution. Si la contamination persiste et que la qualité de l'eau est classée comme mauvaise pendant cinq années consécutives ou plus, la baignade devra être interdite de façon permanente. « En 2021, c'était le cas pour 45 eaux de baignade de l'UE : 31 en Italie, huit en France, deux aux Pays-Bas et une en Tchéquie, en Estonie, en Pologne et en Suède respectivement », précise l'AEE.

34 sites exclus de la surveillance

Par rapport à 2020, sur l'ensemble des 289 sites européens dont l'eau étaient considérée comme de mauvaise qualité, 201 n'ont pas progressé et 54 se sont améliorés. Les 34 sites restants ont été exclus du programme de surveillance ou n'ont pas pu être évalués (en raison des mesures mises en œuvre, qui pourraient affecter la qualité des eaux de baignade ou du manque d'un nombre suffisant d'échantillons).

Certains acteurs, comme l'association Eau et rivières de Bretagne, dénoncent un « jeu » avec les règles par certains États membres comme la France. La directive permet en effet d'écarter des échantillons touchés par une pollution de court terme, afin de garantir l'aspect aléatoire des analyses réalisées. Pour mémoire, le calcul du classement de la plage en fin de saison est réalisé sur la base de toutes les analyses retenues lors des quatre dernières saisons balnéaires. Et Eau et rivières de Bretagne regrette que certaines communes assimilent la pluie à une pollution de court terme. « Les plages sont fermées de façon préventive et les éventuels mauvais résultats sont écartés du suivi, avait expliqué Brieuc Le Roc'h, chargé de mission juridique de l'association lors d'une interview pour Actu-Environnement. Pour finir, le bilan ne reflète pas la réalité de la qualité des eaux. » Eau et rivières de Bretagne a donc déposé plainte, le 21 août 2020, auprès de la Commission européenne contre la France pour manquement lors de la transposition de la directive Eau de baignade.

Une diminution de 417 sites de baignade

Par ailleurs, le nombre de sites de baignade varie d'une année à l'autre en fonction des ouvertures et fermetures des plages. L'année 2021 se distingue toutefois par la suppression du suivi du Royaume-Uni (640 sites en moins). Cet effacement est contrebalancé par 223 nouveaux sites signalés, notamment par la Grèce, la Pologne, le Portugal, l'Espagne et la France. Au total, l'AEE a relevé une diminution de 1,9 % du nombre total de baignades (417).

« Les eaux de baignade sans classification de qualité constituent une partie notable d'un inventaire global des eaux de baignade, reconnait l'AEE. La raison de l'absence de classification est un ensemble de données d'échantillons manquant, particulièrement important pendant la saison 2020 en raison des restrictions liées à la Covid-19 (y compris l'accès interdit pour la baignade et l'échantillonnage). Il y avait 1 342 eaux de baignade non classées lors de la saison 2020, suivies de 711 lors de la saison la plus récente (2021). »

Vers une révision de la directive sur les eaux de baignade ?

Le rituel de la publication du résultat de ce baromètre des plages par l'Agence européenne de l'environnement (AEE) a débuté en 1976, avec la première version de la directive sur la qualité des eaux de baignade. Celle-ci a ensuite été modifiée en 2006, avec trois grands changements. Tout d'abord, les paramètres microbiologiques recherchés ont été réduits à deux germes, en renforçant les exigences de qualité : Escherichia coli et les entérocoques intestinaux. Ensuite, la classification ne repose plus sur une notion de seuil, mais sur une évaluation statistique des données des saisons balnéaires. Les gestionnaires doivent également réaliser des études de vulnérabilité des sites, les profils de baignade.

Ces règles pourraient à nouveau évoluer : la Commission européenne a lancé une procédure d'évaluation de l'efficacité du texte. Parmi les points sur lesquels l'instance a plus particulièrement porté son attention figure la prise en compte des polluants émergents (les microplastiques et les produits pharmaceutiques) ou encore les risques liés, par exemple, aux cyanobactéries. Des évolutions que souhaite l'association Surfrider Foundation Europe. « D'un côté, les proliférations d'algues ou encore les déchets plastiques ne sont intégrés que dans les profils de plage ou ne font l'objet que d'une inspection visuelle ; de l'autre, la pollution chimique n'est pas considérée du tout, regrette l'association. En outre, le rapport ne fait état que de prélèvements réalisés au cours de la saison estivale, et uniquement sur les sites de baignade identifiés en tant que tels. Est-il vraiment juste d'affirmer que 84,7 % des eaux européennes sont de bonne qualité dans ces conditions ? »

La Commission a également identifié le « jeu » des fermetures de plages. Elle a également souhaité analyser la valeur ajoutée de la classification des sites de baignade (notamment le statut « suffisant ») ainsi que les informations fournies au public. Bruxelles devrait arbitrer sur les potentielles mises à jour du texte au premier trimestre 2023. Une analyse qui s'inscrit dans un contexte plus vaste : « La directive sur les eaux de baignade n'a pas été analysée isolément car sa mise en œuvre s'appuie sur un vaste cadre européen de législation sur l'eau, rappelle l'AEE. La révision en cours de la directive sur le traitement des eaux urbaines examine, entre autres, les moyens de lutter contre la pollution résiduelle d'origine urbaine, y compris les débordements d'eaux pluviales qui ont un impact sur la qualité des eaux de baignade. » La révision des directives sur les normes de qualité environnementale (EQSD) et la directive sur les eaux souterraines (GWD) devraient, par ailleurs, se pencher sur l'évolution des listes de polluants chimiques.

Réactions1 réaction à cet article

 

Mais il faut aller plus loin, toujours. Pas de bonnes nouvelles dans ce fil. Il faut marteler que c'est la catastrophe et que l'homme est vraiment nuisible avec toutes ses activités.
Il faut donc "mettre à bas le système", comme c'est dit dans le programme de la NUPES.
YAKAFOKON
Courage tout de même aux gens qui bossent du mieux qu'ils peuvent sur les sujets environnementaux sans prétendre "sauver la planète" ou "lancer des alertes".

Albatros | 08 juin 2022 à 13h18
 
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