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Les éco-activités : un secteur stratégique pour l'économie

Avec un petit décalage, le Commissariat au développement durable publie ses données pour l'année 2012 sur le marché des éco-activités. La balance commerciale du secteur présentait alors un excédent de 3,2 milliards d'euros.

Gouvernance  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

"En 2012, la production des éco-activités rest[ait] plus dynamique (+ 5,6%) que l'ensemble de l'économie (+ 1,2%)", constate le Commissariat général au développement durable (CGDD) dans le Chiffres & statistiques
publié en mai de cette année. Ce secteur confirmait ainsi sa reprise économique post-crise déjà observée en 2010. Il continuait également en 2012 à progresser doucement sur le marché. Avec 85 milliards d'euros, les éco-activités représentaient, en effet 2,3% de la production totale contre 2% en 2010.

Selon le ministère, deux facteurs expliquent cette croissance. "Ce dynamisme résulte principalement d'une poursuite des conversions à l'agriculture biologique", détaille-t-il. Toutefois, si l'augmentation des surfaces certifiées bio (portant une production mise sur le marché avec la mention bio) est estimée à 25% en 2012, l'objectif fixé par le Grenelle de l'environnement n'a cessé d'être difficile à atteindre 16917.

Autre facteur, d'après le document : une hausse de plus de 15% de la production dans le domaine de la récupération.

En terme de production, les eaux usées (avec 16,9% du total des éco-activités) et les déchets (20,6%) demeurent les secteurs phares. Même si pour ce qui concerne les déchets, le marché semble montrer des signes de faiblesses.

Un excédent de balance commerciale de 3,2 milliards d'euros

Au final, la balance commerciale des éco-activités présentait un excédent de 3,2 milliards d'euros (1,2 milliard d'euros en 2011). Ce chiffre s'explique notamment par une baisse sensible des importations (- 25,3%) principalement des deux plus gros contributeurs (3,2 milliards d'euros) : les énergies renouvelables et la récupération, selon le CGDD.

Les importations de cellules photovoltaïques ont en effet baissé entre 2011 et 2012 (alors qu'elles avaient doublé entre 2009 et 2010). La répartition des pays fournisseurs de cellules photovoltaïques s'établissait à 60% en Asie et 40% en Europe en 2012.

Ce constat est toutefois à mettre en perspective avec une échelle de temps plus large : sur la période 2004-2012, les importations dans les éco-activités ont augmenté de 5,8% en moyenne annuelle contre 4,7% dans l'ensemble de l'économie, selon le CGDD.

A l'inverse, les exportations dans les éco-activités ont augmenté de 0,6 % entre 2011 et 2012.

Elles s'élevaient à 9,1 milliards d'euros et représentaient 2,1% de l'ensemble des exportations. Le domaine de la récupération constituait le plus gros contributeur (5,1 milliards d'euros) et pesait pour plus de la moitié de la valeur des exportations dans le domaine des éco-activités. Cependant, en raison d'une diminution des principaux postes d'exportations que sont l'acier (2.168 millions d'euros, en diminution de 4,9%) et le carton (388 millions d'euros, en diminution de 10,4 %), ce dernier a vu sa croissance chuter de 13,6% entre 2010 et 2011 à 2,0% entre 2011 et 2012. Dans le même temps, les pneumatiques rechapés ont connu une hausse de leur exportation (+ 220,1% pour 493 millions d'euros), selon le CGDD.

Cependant si la réglementation a contraint les producteurs à organiser la collecte et le traitement des pneumatiques usagés (dans la limite du tonnage qu'ils ont mis sur le marché durant l'année N – 1), la filière a rencontré quelques difficultés. Aliapur estimait ainsi à 22.000 tonnes les pneus qui échappent chaque année à l'éco-contribution tout en étant collectés dans les points de vente, créant des problèmes de financement pour ce surplus de déchets.

Une valeur ajoutée de 32 milliards d'euros

Si elle ne représente que 1,8% du produit intérieur brut (PIB), la valeur ajoutée dans les éco-activités atteint 32 milliards d'euros (en augmentation de 8,5% par rapport à 2011).

Les secteurs qui ont le plus profité de cette tendance ? La récupération et les énergies renouvelables (+ 600 millions d'euros). Pour ces dernières, c'est la hausse de la production de la petite hydraulique qui a permis cet essor : les GWh produits ont quasiment doublé en un an, selon le CGDD. Le potentiel hydraulique provoque précisément aujourd'hui des débats autour du classement des cours d'eau.

Concernant le domaine de la récupération, il a profité de l'augmentation de vente des matériaux ferreux : de 2.423 millions d'euros en 2011 à 3.110 millions d'euros en 2012.

447.500 employés dans les éco-activités

Au final, les éco-activités ont employé 447.500 personnes en "équivalent temps plein (ETP)" en 2012, selon le CGDD. Alors que sur la période 2004-2012, l'évolution moyenne annuelle des effectifs a atteint + 3,9% (contre 0,3 % dans le reste de l'économie), entre 2011 et 2012 elle est restée quasi stable (+ 0,3% contre 0% dans le reste de l'économie).

A noter : la chute de l'emploi dans les installations de panneaux photovoltaïques 13196 (13.800 ETP en 2012 contre 24.900 en 2011).

Le secteur de l'agriculture biologique quant à lui employait 51.300 ETP.

Les domaines du traitement des déchets et des eaux usées s'affichaient respectivement comme le premier et le deuxième employeur : 84.900 ETP dans la gestion des déchets et 69.800 ETP dans les eaux usées. "Depuis 2004, la dynamique de l'emploi reste très différenciée entre ces domaines « historiques » : croissance relativement forte avec +2,8 % de taux de croissance annuel moyen entre 2004 et 2012 pour les déchets et diminution sensible pour le domaine des eaux usées : - 1, % sur la même période", note le CGDD.

Sur la période 2004-2012, le domaine de la lutte contre la pollution de l'air perd 3,3% d'emplois en raison d'une baisse importante de la fabrication de parties de pots d'échappements pour les voitures, selon le ministère (- 2.000 emplois).

Vivier d'emploi et secteur stratégique, les éco-activités ont notamment fait l'objet d'une table ronde lors de la conférence environnementale en septembre 2013.

La feuille de route résultante a acté l'accompagnement dans leurs mutations des filières les plus concernées par la transition écologique et énergétique.

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