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De l'importance d'évaluer les bénéfices de la biodiversité à l'échelle locale selon le TEEB

Le dernier rapport du groupe d'étude ''Economie des écosystèmes et de la biodiversité'' insiste sur la nécessité de prendre en compte les services liés aux écosystèmes dans les politiques locales pour des raisons aussi bien économiques que sociales.

Biodiversité  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
De l'importance d'évaluer les bénéfices de la biodiversité à l'échelle locale selon le TEEB
   
''En étudiant les différents avantages que nous offre la nature, il est possible de voir en quoi nous dépendons directement ou indirectement de notre environnement, et cette façon d'appréhender la situation peut considérablement soutenir les politiques locales et la gestion des affaires publiques, explique Pavan Sukhdev, à l'occasion de la publication le 9 septembre du nouveau rapport élaboré par le groupe d'étude ''Economie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB) et intitulé ''L'économie des écosystèmes et de la biodiversité pour les décideurs politiques locaux et régionaux''. Nous recommandons la lecture de ce rapport aux acteurs locaux et les invitons à prendre conscience des avantages offerts par la nature économique associée à leur patrimoine naturel local''.
C'est le troisième acte des travaux initiés en 2007 sous la direction de l'économiste Pavan Sukhdev, visant à mesurer l'ampleur des services rendus par la nature et à leur donner une valeur économique1. Deux rapports TEEB, destinés aux décideurs nationaux et aux entreprises, ont déjà été publiés. Les résultats complets de l'étude devraient être présentés lors de la dixième Conférence des parties (COP 10) de la Convention sur la diversité biologique, qui aura lieu en octobre prochain à Nagoya.

Fournir aux autorités locales les outils de gestion de la biodiversité

À grand renfort d'exemples, ce dernier rapport du TEEB tend à démontrer aux autorités locales qu'une bonne gestion de la biodiversité est indispensable. Il souligne notre dépendance à la nature et va plus loin en démontrant comment les services fournis par les écosystèmes constituent des solutions rentables pour les politiques locales. Car faire la liste des services rendus par la nature (alimentation, eau potable, matières premières médicinales, régulation du climat et de l'air, modération des événements climatiques extrêmes, prévention de l'érosion des sols et maintien de la fertilité des sols, pollinisation…) ne semble pas suffire, il s'agit de démontrer, outre l'utilité de la biodiversité et l'importance de la protéger, en quoi la nature ''peut permettre aux municipalités de réaliser des économies, de booster les économies locales, d'accroître la qualité de vie et de sécuriser les moyens d'existence'', explique le rapport.
Comme le rachat et la restauration du bassin versant pour 2 milliards de dollars qui a permis à la ville de New York d'obtenir une source d'eau potable quand l'investissement dans une usine de prétraitement de l'eau aurait coûté 7 milliards.
Ou encore, la protection et la restauration des mangroves dans les régions côtières du nord du Vietnam (1,1 million de dollars depuis 1994) contre une estimation de 7,3 millions de dollars par an pour l'entretien de digues) ont permis aux collectivités locales, où plus de 70 % de la population est menacée par les catastrophes naturelles, de mieux se protéger. Lors du passage du typhon Wukong en 2000, ces zones auraient subi beaucoup moins de dommages que les provinces voisines.

Le rapport décline ensuite une véritable boîte à outils pour les décideurs locaux. Dans un premier temps, il s'agit de dresser un état des lieux de la biodiversité, d'évaluer les services rendus par les écosystèmes et de mieux appréhender l'impact des différentes politiques sur la nature.
Il passe également en revue certaines solutions de gestion de la biodiversité comme la mise en place d'aires protégées, la rétribution des services rendus par les écosystèmes ou la labellisation/certification.

Une hiérarchisation anthropocentrée de la biodiversité ?

''Nous ne pouvons pas protéger ce que nous ne savons pas mesurer'', martèle Pavan Sukhdev. Certains s'inquiètent pourtant d'une telle approche de la biodiversité. Donner une valeur économique à la biodiversité revient à poser la question de son utilité et de son éventuelle substitution. Cette évaluation économique des services rendus par la nature crée une hiérarchisation anthropocentrée et repose sur une connaissance incomplète des écosystèmes. Ceux-ci sont en effet complexes et leur articulation reste aujourd'hui un mystère. La disparition ou la dégradation d'un milieu peut nuire à certaines espèces et profiter à d'autres, d'où la complexité d'appréhender cette problématique.
Selon le rapport, il s'agit au contraire d'éclairer la décision et les arbitrages entre différents intérêts (économique, général…) : ''de nombreux problèmes environnementaux se produisent parce que les gens ne comprennent pas les implications de leurs actions ou les options disponibles. Les agriculteurs peuvent ne pas être au courant des alternatives qui permettent une utilisation plus durable des terres. Une fois que les avantages d'un écosystème ont été identifiés, les dirigeants locaux peuvent partager ce qu'ils ont appris, offrant des conseils sur l'atténuation des catastrophes, les pratiques de pêche, la conservation de l'eau…''.

Notes

1 - Ces travaux sont soutenus par l'organisation des Nations unies pour l'environnement (Pnue) et financés par la Commission européenne, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, la Belgique et le Japon. 2 - TEEB for local and regional policy 3 - Les autres rapports du TEEB

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