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Ecophyto 2 : accompagner 30.000 exploitations dans la réduction des phyto

Le plan Ecophyto 2 vise à accompagner 30.000 exploitations agricoles vers la réduction de moitié des phytos. Le réseau des fermes Dephy et les certificats d'économie de produits phyto seront au cœur du dispositif pour diffuser les bonnes pratiques.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

S'appuyer sur les dispositifs qui ont fonctionné lors du premier plan Ecophyto et combler les faiblesses, tel est l'objectif d'Ecophyto 2. Le projet de plan est soumis à consultation publique par le ministère de l'Agriculture jusqu'au 29 juin.

 
Les effets des phytos à la loupe Un dispositif de phytopharmacovigilance sera mis en place pour surveiller les effets indésirables des produits phytopharmaceutiques sur l'homme, les animaux d'élevage (abeille domestique…), les plantes cultivées, la biodiversité, la faune sauvage, l'eau et le sol, la qualité de l'air, les aliments et l'apparition de résistances à ces produits. L'Anses sera en charge de ce dispositif.
 
"Entre 2009 et 2014, de nombreuses actions structurantes ont été mises en place et reconnues par les différentes parties prenantes du plan", souligne le ministère. Ainsi, les bons résultats du réseau des fermes Dephy "ont conforté la possibilité de concilier la réduction de la dépendance aux produits phytopharmaceutiques et la performance économique des exploitations". Mais reste à diffuser sur l'ensemble des exploitations françaises "les techniques et systèmes économes et performants éprouvés par quelques uns". Ce transfert de savoir-faire a failli lors du premier plan.

Pour y remédier, le réseau Dephy sera amplifié et mieux articulé avec les autres réseaux. Les expérimentations seront favorisées au travers d'appels à projets. L'agriculture biologique sera encouragée, notamment dans les grandes cultures, très gourmandes en intrants. Mais le ministère mise également sur l'expérimentation des certificats d'économie de produits phyto qui démarrera le 1er janvier 2016, pour embarquer la distribution dans la dynamique de réduction des phyto.

Pour rappel, l'objectif de réduction de 50% de l'usage des produits phytopharmaceutiques, initialement fixé entre 2008 et 2018, a été repoussé à 2025, avec une étape intermédiaire. "D'abord, à l'horizon 2020, une réduction de 25% est visée, par la généralisation et l'optimisation des techniques actuellement disponibles. Ensuite, une réduction de 50% à l'horizon 2025, qui reposera sur des mutations profondes des systèmes de production et des filières soutenues par des déterminants politiques de moyen et long terme et par les avancées de la science et de la technique".

Objectif : 30.000 exploitations accompagnées

Pour atteindre ces résultats, le ministère affiche un objectif précis : accompagner 30.000 exploitations dans leur transition vers l'agro-écologie à faible dépendance des produits phytopharmaceutiques. Le réseau Dephy sera le pivot de cet accompagnement.

1.900 exploitations constituent aujourd'hui ce réseau. Réunies en groupes, animés par un ingénieur-réseau, ces fermes ont identifié et/ou expérimenté depuis 2009 "une centaine de systèmes de cultures économes en produits phytopharmaceutiques et performants économiquement".

Le nombre d'exploitations du réseau sera progressivement porté à 3.000, afin d'y intégrer l'ensemble des exploitations des établissements d'enseignement agricole (103 sur 1.000 en font déjà partie) et d'augmenter le nombre d'exploitations en production biologique participantes. Les groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) seront également ciblés.

Pour améliorer la diffusion des bonnes pratiques testées dans ces fermes pilotes, "les méthodes innovantes de transfert développées par certains réseaux existants seront recensées et largement partagées". Les résultats du réseau de recherche Expe seront également mieux valorisés et le plan devra favoriser la mise en œuvre opérationnelle des solutions techniques développées. Un outil de rapprochement des données sera créé afin de réaliser des analyses croisées entre systèmes de culture et systèmes d'exploitation.

Les démarches de parrainage seront encouragées, "notamment [le parrainage] par les agriculteurs Dephy et les structures hébergeant les ingénieurs-réseaux, qui devront s'engager à la valorisation et à l'appropriation des résultats et de la démarche". Les Chambres d'agriculture, les Organismes nationaux à vocation agricole et rurale (Onvar) et la distribution agricole seront associés à l'accompagnement des 30.000 fermes, via des groupes techniques locaux dédiés à la protection intégrée des cultures (prévention, pratiques culturales, reconnaissance des bioagresseurs et auxiliaires, utilisation de produits de biocontrôle, réglage des matériels de pulvérisation et optimisation de l'application…).

Enfin, le métier de conseiller en agro-écologie sera mieux défini, avec l'élaboration d'un référentiel et d'un parcours de formation en accompagnement et conseil de transition vers l'agro-écologie.

Améliorer le conseil aux agriculteurs

Le conseil, c'est justement le deuxième outil placé au cœur d'Ecophyto 2. Pour que les agriculteurs investissent dans des agroéquipements performants (matériel de désherbage mécanique, filets en arboriculture, outils d'aide à la décision…), des évaluations indépendantes et des référentiels seront élaborés par les instituts techniques. Ces solutions seront également encouragées dans le cadre du dispositif expérimental de certificats d'économie des produits phytosanitaires (CEPP).

Cette expérimentation de cinq ans sera lancée le 1er janvier 2016. Les distributeurs et les agriculteurs soumis à la redevance pour pollution diffuse, qui seront les obligés de ce mécanisme, "devront favoriser la mise en place d'actions dans les exploitations agricoles afin de faire diminuer la consommation de produits phytopharmaceutiques". L'objectif, au bout de cinq ans, est de couvrir 20% du nombre de doses unités vendues.

Le certificat professionnel évoluera également au 1er janvier 2016 pour prendre en compte les avancées dans ce domaine. Cette évolution coïncide avec la vague de renouvellement des certificats, qui sont délivrés pour une durée de cinq ans. Pour rappel, cet agrément est devenu obligatoire en 2011 pour "tous les professionnels de l'application, de la vente et du conseil (…), quelles que soient leur fonction et leur zone d'activité". Il est délivré après une formation sur la réduction des produits phytos et la sécurité des usagers.

Les particularités régionales mieux prises en compte

Chaque région devra élaborer une feuille de route de la politique régionale de réduction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques qui détaillera, en fonction des spécificités locales, les objectifs opérationnels, les actions à mettre en œuvre et à promouvoir. Elle devra décliner le référentiel de la protection intégrée par filière, en tenant compte de "la diversité des systèmes de production, des conditions de milieu et des situations phytosanitaires locales. Ce référentiel sera un outil central pour permettre à tous les agriculteurs et les gestionnaires d'espaces de s'inscrire dans une démarche de progrès".

Ce document devra également être articulé avec les autres documents de planification existants (déclinaison régionale du projet agro-écologique, schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux, schéma régional de cohérence écologique, programme régional santé environnement …).

Il fixera les priorités des appels à projets régionaux. "Une place importante sera accordée à la réduction de l'utilisation des herbicides (notamment le glyphosate). Des projets territoriaux visant le développement des alternatives à l'utilisation de produits contenant des substances néonicotinoïdes seront soutenus".

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