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L'efficacité énergétique de l'économie française a progressé de 1,4% par an depuis 2000

La France améliore l'efficacité énergétique de son économie. Toutefois, les gains unitaires enregistrés dans les principaux secteurs consommateurs d'énergie, le transport et le bâtiment, sont contrecarrés par des effets rebonds.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Entre 2000 et 2016, l'efficacité énergétique de l'économie française a progressé de 1,4% en moyenne annuelle. Cette amélioration du rapport entre la production de biens ou de services et l'énergie consacrée s'explique par une hausse moyenne du PIB de 1,1% par an et une baisse de la consommation énergétique finale de 0,3% par an. En 2015, l'économie française a consommé 60,5 tonnes d'équivalent pétrole (tep) pour générer un million de dollars de PIB. En 2000, il fallait près de 80 tep pour ce même niveau de production. Telle est la principale conclusion d'une étude publiée fin juillet par le Commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de la Transition écologique.

Piètres résultats en énergie primaire

Globalement, l'intensité énergétique de l'économie française est proche de celle mesurée outre-Rhin sur la même période. De même, son évolution sur les quinze dernières années est très similaire. Pour autant, les performances des deux pays sont difficilement comparables : "L'Allemagne consomme relativement moins d'énergie dans les transports (…) mais davantage dans l'industrie, qui pèse davantage dans l'économie qu'en France". Par ailleurs, les résultats exprimés en énergie primaire, c'est-à-dire en intégrant les pertes liées à la transformation énergétique et son transport, montrent un tout autre résultat. La France consomme 101 tep d'énergie primaire par million de dollars de PIB, quand l'Allemagne n'a besoin que de 86 tep. En cause ? Le plus grand recours à l'électricité en France et la part du nucléaire. La production d'électricité s'accompagne de pertes de chaleur importantes, en particulier lorsqu'elle s'appuie sur le nucléaire.

La comparaison avec le Royaume-Uni conduit elle aussi à relativiser la performance française. Parti d'un niveau similaire à celui de la France et de l'Allemagne, le pays a réduit plus fortement son intensité énergétique. Il affiche aujourd'hui un niveau 20% inférieur à celui de la France.

Progression des déplacements et des surfaces habitables

Bien qu'en constante amélioration, l'efficacité énergétique de l'économie française est pénalisée par les difficultés rencontrées dans les deux principaux secteurs consommateurs d'énergie : les transports (34% de la consommation finale en 2015) et le résidentiel (30%). Ces deux secteurs font l'objet d'effets rebonds qui annulent en partie la baisse de consommation énergétique unitaire.

Côté transports, l'efficacité énergétique des moteurs ne cesse de progresser, mais le nombre de kilomètres parcourus contrebalance partiellement les gains. Si la consommation unitaire par kilomètre des véhicules particuliers a diminué de 0,8% par an en moyenne, le taux d'occupation des véhicules se dégrade (1,70 passager par véhicule en 2000 contre 1,58 en 2015). En conséquence, la consommation énergétique des véhicules particuliers est quasiment inchangée en 15 ans. Le constat est identique pour les poids lourds jusqu'à la crise de 2008. En 15 ans, l'amélioration des moteurs et l'optimisation des chargements ont permis de réduire de 0,5% par an la consommation unitaire des véhicules. Mais l'activité du transport routier de marchandises a fortement progressé jusqu'en 2007, avant de chuter pour retrouver en 2015 son niveau de 2000.

Le secteur résidentiel fait face à la même difficulté : l'amélioration de la performance énergétique du parc français permet d'afficher une baisse de la consommation par mètre carré de 1,4% par an, mais la hausse de la population (+ 0,6% par an), la hausse du nombre de logements par habitant (+ 0,4%) et la hausse de la surface moyenne des logements (+ 0,3%) annulent quasi intégralement les gains. Entre 2000 et 2015, la consommation d'énergie du secteur résidentiel n'a diminué que de 0,1% par an.

Une industrie en recul et plus efficace

Hors transports et résidentiel, le secteur productif a réduit de 2,1% par an son intensité énergétique. Les trois quarts de cette performance s'expliquent par l'amélioration de l'efficacité énergétique, le quart restant par la baisse de 2,6 points de la part de l'industrie dans la valeur ajoutée française. Corrigée de cette désindustrialisation, l'amélioration énergétique du secteur productif s'établit à 1,6% par an.

Outre son recul relatif dans l'économie française, l'industrie française a réalisé de gros efforts d'efficacité énergétique. "La consommation d'énergie de l'industrie manufacturière a baissé de 1,9% par an en moyenne entre 2002 et 2015, résultant d'une croissance de sa valeur ajoutée de 0,6% et d'une baisse de son intensité énergétique de 2,5%", note l'étude. Quant au secteur tertiaire, dont la part dans la valeur ajoutée est passée de 76,7% à 79,5% en 15 ans, il ne parvient pas à réduire sa consommation énergétique. La baisse annuelle de 1,2% de l'intensité énergétique ne compense pas la hausse de 1,4% de la valeur ajoutée du secteur. Enfin, l'agriculture, qui représente 3% de la consommation finale d'énergie en 2015, affiche une intensité énergétique en très légère baisse (- 0,2% par an moyenne).

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