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Le Gouvernement fixe les objectifs de développement des énergies renouvelables pour 2023

L'arrêté fixant les objectifs de développement des EnR pour 2018 et 2023 est publié. Ce texte permettra d'atteindre l'objectif de 32% d'EnR dans la consommation finale brute d'énergie en 2030, assure Ségolène Royal.

Energie  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°359 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°359
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L'arrêté de la ministre de l'Environnement relatif aux objectifs de développement des énergies renouvelables (EnR) est paru mardi 26 avril au Journal officiel. La publication de ce texte avait été annoncée par Ségolène Royal au début de mois afin, avait-elle expliqué, de motiver les filières des EnR et de disposer d'une base claire pour lancer de nouveaux projets.

Une manière de dire que le Gouvernement n'était pas en mesure de publier le décret sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) prévu par la loi sur la transition énergétique promulguée l'été dernier. La raison de ce retard ? La difficulté pour l'exécutif d'arbitrer sur la question du nucléaire. Ce texte doit en effet établir les priorités d'action des pouvoirs publics pour la gestion de l'ensemble des formes d'énergie, atome compris, afin d'atteindre les objectifs fixés par la loi. Le Président de la République a précisé en ouverture de la quatrième conférence environnementale, ce lundi, que la PPE serait mise en consultation d'ici le 1er juillet et adoptée d'ici l'automne.

   
   
Dans cette attente, c'est donc un simple arrêté, qui vient modifier ceux du 15 décembre 2009 relatifs à la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production d'électricité et de chaleur, que le Gouvernement publie aujourd'hui. Ce qui suscite les critiques de nombreuses ONG, comme le Réseau pour la transition énergétique (Cler), mais le soutien de la plupart des professionnels des EnR. "La traduction des objectifs de la loi de transition énergétique en trajectoires de court et moyen terme pour les énergies renouvelables était une exigence absolue pour nos filières dont le besoin en visibilité est crucial. L'annonce de la signature de l'arrêté PPI en attendant un exercice PPE plus complet est une excellente nouvelle donnée au secteur des énergies renouvelables", se félicite Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

France Energie Eolienne (FEE) semble moins convaincue et réclame un cap plus clair sur le développement des EnR. "C'est l'installation de 24 à 27 GW d'éolien terrestre, 12 GW en éolien offshore ainsi que 6 GW en éolien flottant, engagés avant 2023, qui permettront de répondre aux attentes créées par la loi de transition énergétique", estime la fédération professionnelle.

Calendrier prévisionnel des appels d'offres

Ségolène Royal estime de son côté que cet arrêté permettra de respecter l'objectif de 32% d'EnR dans la consommation finale brute d'énergie en 2030 fixé par la loi de transition énergétique. Et liste les "objectifs ambitieux" du texte : augmenter de plus de 50% la capacité installée des EnR électriques par rapport à 2015, plus que doubler la puissance installée des éoliennes terrestres, plus que tripler la puissance installée du parc photovoltaïque, plus que doubler la puissance installée pour le bois-énergie, augmenter de plus de 50% la production de chaleur renouvelable, multiplier par trois la quantité de chaleur et de froid renouvelables….

En fait, "cet arrêté (…) comporte des objectifs qui peuvent faire l'objet de deux lectures", explique l'avocat Arnaud Gossement. "Ces objectifs peuvent apparaître généralement ambitieux s'ils sont comparés à la capacité déjà installée. Ils le sont généralement moins si l'on compare ces objectifs à ceux fixés en 2009, voire à ceux fixés par nos voisins européens", analyse-t-il.

La ministre de l'Environnement rappelle qu'elle met en place plusieurs "actions immédiates" pour atteindre ces objectifs : soutien au développement de 1.000 km de route solaire, renforcement du soutien aux projets de chaleur renouvelable grâce au doublement du Fonds chaleur, soutien de la R&D à travers le programme des investissements d'avenir, sécurisation des appels d'offres biomasse/biogaz lancés récemment, lancement de nouveaux appels d'offres biomasse, méthanisation, éolien en mer et petite hydroélectricité.

Le texte apporte effectivement des précisions sur les appels d'offres qui seront lancés. "Pour contribuer à l'atteinte des objectifs fixés (…) en favorisant la production locale d'énergie, des appels d'offres expérimentaux de soutien à l'autoconsommation/autoproduction seront lancés d'ici le 31 décembre 2016", prévoit l'arrêté. Le texte fournit également un calendrier prévisionnel pour la période 2016-2019 des procédures de mise en concurrence pour le photovoltaïque au sol, le photovoltaïque sur bâtiments, la biomasse, la méthanisation, l'éolien en mer et la petite hydroélectricité. De même que pour l'hydrolien et pour l'éolien flottant pour la période 2019-2021.

Réactions5 réactions à cet article

 

Les objectifs en ce qui concerne l'éolien, au moins sous sa forme actuelle, ne sont pas éco-défendables et soutenables, sauf pour ceux que ça enrichit.
Certains détenteurs d'une rente payée avec l'argent des contribuables commençant à le regretter un peu partout en Europe.
Evidemment des éoliennes marines non subventionnées au "fin loin" des regards des vacanciers, avec un probable meilleur rendement que l'éolien terrestre, ça peut se défendre, mais il faudrait alors assumer les coûts - abordable ? - d'atterrage de l'énergie produite.
Par contre il y a probablement à creuser du côté des éoliennes de tailles domestiques à propulsion verticale ou horizontale parce que l'exploitation de cette énergie inépuisable avec ces outils-là a probablement de l'avenir éco-défendable.

Sagecol | 27 avril 2016 à 10h32
 
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@Sagecol,

Votre lubie (tout comme à Sirius) de disqualifier l'éolien comme énergie respectueuse de l'environnement et uniquement le fait de méchants capitalistes corrompus est fatiguante. Les parcs éoliens n’émettent quasi aucun gaz à effet de serre, d’ailleurs leur bilan énergie grise est rembourse en 6 mois à 2 ans selon le site. Les parcs éoliens sont très souvent l’occasion de la création locale de chemins de randonnée, de recréation de haies et autres milieux pour les espèces qui seraient potentiellement impactées. Bref, elles ont un bilan environnemental positif. Quant à l’impact paysager, il diffère selon chacun. L’éolien est actuellement l’énergie déployée à grande échelle la moins polluante, la plus éco-défendable (comme vous dites) et de plus en plus, la moins chère. Votre combat est d’arrière-garde.

RMG | 28 avril 2016 à 11h26
 
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Il est hilarant de voir préciser les 32% d'énergie finale BRUTE... On en déduit qu'on applique la même règle que pour le nucléaire (rendement moyen thermodynamique de 35%, donc énergie brute triple de l'énergie électrique effective, une sacrée victoire des écolos traduite dans la RT2012 et dont la conséquence est que quasi tous les projets immobiliers récents (et dieu sait qu'il y en a, il faut tout construire avant 2017, année où les bâtiments neufs devront soit-disant être à énergie positive) sont repassés d'un chauffage électrique à un chauffage gaz, plutôt que d'améliorer l'isolation, bravo pour le bilan CO2 du pays, fin de la parenthèse). Et donc :
* pour le solaire, disponibilité 20-25% : multiplier par 4 ou 5 l'électricité produite (et si on intégrait le rendement des cellules PV, 12-15%, on atteindrait à des sommets),
* pour l'éolien terrestre : rendement 20-25% : multiplier par 4 ou 5 l'électricité produite,
* pour l'éolien offshore : ben, on n'en sait rien...
* pour l'hydroélectricité : rendement supérieur à 80%, c'est la seule source d'énergie renouvelable réaliste, ne pas l'oublier.
Avec ces tripatouillages, on peut effectivement espérer arriver à 32% en brut sans complètement détruire le socle de notre production, vital, c'est à dire le nucléaire...

@ RMG : l'éolien, c'est 500m de voirie grand gabarit, 1000 tonnes de béton armé, 200 tonnes de ferraille, 500kg de néodyme, pour chaque éolienne de 1MW (crête), importée, visible à 20km à la ronde. Vive l'écologie !

dmg | 30 avril 2016 à 18h36
 
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"leur bilan énergie grise est remboursé en 6 mois à 2 ans selon le site".
Même si c'était vrai, ce serait grâce à un coup d'achat excessif et ultra-subventionné du Kilowatt
Etc. Qui ne veut pas voir ne voit pas
JMG
PS. Ce sont mes vraies initiales :-)

Sagecol | 02 mai 2016 à 05h01
 
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@dmg:
La voirie grand gabarit come vous dite emprunte les chemins ruraux existant et les renforce et parfois elargi mais reste non goudronnee. Sur l'importation, vous devriez vous informer sur la provenance des composants des eoliennes installees en France. Selon les constructeurs, jusqu'a 50% de la valeur ajoutee d'une machine vient de fournisseurs francais. Certains mats sont aussi produits en France. Enfin, on ne peut pas reprocher a l'eolien d'importer sachant que du fait de notre politique energetique pro-nucleaire, les renouvelables ont ete completement abandonnes dans les 70' et snobes dans les 90/2000. Le resultat est sous nos yeux. Je ne vois pas le rapport entre la visibilite a 20 km a la ronde (qui depend en premier lieu du relief) et l'ecologie. Quand aux tonnes beton et ferraille, on peut en discuter meme si alors il faut remettre en cause l'ensemble de notre societe basee sur ces elements.

@Sagecol:
Je ne parlais pas argent mais energie grise. En gros, l'energie utilisee pour leur production est remboursee (autant d'energie est emise de maniere non polluante) entre 6 mois et 2 ans selon la production du site. Donc rien a voir avec le tarif d'achat pretendument excessif (vous voulez voir celui de Flamanville, d'Hinkley Point ?) et ultra-subventionne (coucou le dvt du nucleaire ancien sur nos impots et bientot le demantelement) mais seuleemtn avec le bilan energetique.

RMG | 02 mai 2016 à 09h55
 
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