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Dans les Hauts-de-France, une subvention à la fédération Stop Éoliennes provoque des turbulences

Fidèle à sa promesse de campagne, Xavier Bertrand vient d'octroyer une très confortable subvention aux anti-éoliens. L'opposition en colère dénonce une approche partisane, à la limite de la légalité.

Energie  |    |  Nadia Gorbatko  |  Actu-Environnement.com
Dans les Hauts-de-France, une subvention à la fédération Stop Éoliennes provoque des turbulences

En mars 2021, le président du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, avait fait de la lutte contre les éoliennes l'une de ses promesses phares de campagne. En accordant, jeudi 19 mai, une subvention de 170 000 euros sur trois ans, dont 40 000 pour cette année, à la toute nouvelle fédération Stop Éoliennes Hauts-de-France, il vient de se doter d'un nouvel outil pour soutenir son combat. Objectif officiel de ce budget, plus que conséquent pour ce type d'association, et octroyé dans le cadre d'une convention pluriannuelle d'objectifs et de moyens : « Lutter contre l'essor éolien dans les Hauts-de-France afin de préserver de manière durable paysages, patrimoine et attractivité. » Les Hauts-de-France totalisent un tiers des 9 000 mâts que compte la France, souligne Christophe Coulon, vice-président de la Région. « Les habitants n'en peuvent plus de cette ultra-concentration. Or, les enquêtes publiques ne se déroulent plus en présentiel, mais en distanciel et les voies de recours se sont réduites. »

Un désaccord sur l'objectif…

D'où la volonté des dirigeants de la collectivité, soutenus sur ce point par le Rassemblement national, de « combler ces trous démocratiques », en offrant à cette fédération des leviers mutualisés pour « sensibiliser et informer les populations, éclairer les élus, mettre les études en réseau. » Mais aussi d'aider les associations « lors des enquêtes publiques, en justice et par des études sur les nuisances ». Dans le cadre de son programme d'action 2022, la fédération souhaite ainsi, en particulier, mobiliser les avocats et mettre en place des actions de communication grand public, via la réalisation de photomontages sur les impacts paysagers des projets, des tracts ou un site internet.

 
Quand il y a une adhésion des habitants, pourquoi donner à une association les moyens de bloquer ces projets-là ?  
Katy Vuylstecker, conseillère régionale des Hauts-de-France
 
Pour l'opposition, il s'agit clairement de donner à ces associations la possibilité de faire barrage à l'ensemble des projets sans aucune distinction. Une approche partisane, voire « obsessionnelle », qui hérisse considérablement la délégation écologiste. « Comment peut-on s'opposer par principe à une énergie dont nous avons besoin ? » s‘interroge l'une de ses conseillères, Katy Vuylstecker. « Il n'est plus question du bon ou du mauvais projet, du bon ou du mauvais endroit, de l'adhésion ou pas des citoyens… Certains territoires sont extrêmement dotés en éoliennes, d'autres non. Il faut regarder au cas par cas si c'est pertinent. Et quand il y a une adhésion des habitants, pourquoi donner à une association les moyens de bloquer ces projets-là ? »

… mais aussi sur la méthode

Les élus de la délégation écologiste contestent aussi la méthode adoptée par le conseil régional, qu'ils jugent opaque et à la limite de la légalité. Ces derniers s'étonnent notamment de la générosité de cette manne de 40 000 euros, dès la première année, soit 77 % du budget prévisionnel de l'organisme, pour une association opérationnelle depuis mars seulement, incapable de produire un premier bilan d'activité et de faire la preuve de ses capacités à agir. Ils regrettent aussi un vote en commission permanente, non publique, plutôt qu'en plénière, et la non-transmission de certains documents demandés afin d'étudier le dossier. Enfin, ils dénoncent cette utilisation « anormale » des fonds publics à des fins de communication politique qui limitera de fait la possibilité de contrôler leur utilisation.

Pour Christophe Coulon, qui assure avoir remis aux conseillers tous les éléments requis, cette initiative du conseil régional respecte parfaitement les règles : les associations adhérentes de la fédération sont déjà connues et la délibération a déjà été présentée il y a une semaine, souligne-t-il. L'élu, qui affirme, par ailleurs, vouloir donner toute leur places aux renouvelables, notamment à la biomasse et à la méthanisation, assure qu'un débat sur l'énergie aura, de toute façon, lieu dans le cadre de la révision du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet) et celle de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Dans l'attente d'une mobilisation citoyenne, rendue plausible par le tollé déclenché par cette affaire, les élus écologistes envisagent de demander un « contrôle de légalité » du dossier au préfet. Ils n'excluent pas non plus un recours en justice pour « excès de pouvoir ».

Réactions10 réactions à cet article

 

Lutte anti éoliennes dans les Hauts de France, soutien aux chasseurs partout...etc (liste hélas non exhaustive), au moins avec la droite on sait où on va en matière d'environnement: en arrière!

BIB57 | 23 mai 2022 à 09h43
 
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Deux stupidités opposées : être "pour" les éoliennes et être "contre" les éoliennes. Les gens veulent bien consommer de l'électricité et continuer à s'envoyer des petites vidéos rigolotes depuis leur portable - voyez dans les transports en commun la "fabrique du crétin connecté" - mais ne veulent pas savoir d'où cela vient. Interrogez : ils vous diront que c'est dans le Cloud, dans les nuages, et ignorent que les data-center et le numérique en général sont en passe de consommer bientôt 20% de l'électricité. Mais s'ils semblent ne plus voir les innombrables pylônes des lignes à moyenne ou haute tension, ils hurlent à la mort contre les éoliennes, par principe. Comme membre d'un CODERST, j'en ai refusé comme j'en ai accepté : chaque cas est un cas d'espèce. Une fois pour toutes, la production d'énergie sous quelque forme qu'elle soit a un impact. Et certains arguments sont spécieux : si bien des marins-pêcheurs s'opposent aux éoliennes en mer, c'est parce qu'ils ne pourront plus y chaluter et ratisser les fonds, alors même que ces zones peuvent devenir des réserves marines.

petite bête | 23 mai 2022 à 10h12
 
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Y habitant, dans les Hauts-de-France, il faudrait vraiment être de mauvaise fois pour dire que l'éolien terrestre dégrade les paysages
Ils sont quasi tout le temps installé dans des champs immenses, ennuyeux et plats. Les éoliennes ne font que rythmer les longs trajets sur autoroutes

Matthieu F. | 23 mai 2022 à 10h17
 
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Quand les populations se donnent les moyens de défendre leur cadre de vue contre un lobby politco-industriel on entend les défenseurs du lobby crier haro .

sirius | 23 mai 2022 à 10h26
 
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Dans un souci d'égalité ,de liberté et fraternité ,il faut aussi financer les associations comme sortir du nucléaire ,car c'est autrement urgent d'arrêter le gabegie du nucléaire avec son EPR qui ne fonctionne pas ,ses anciens réacteurs qui produisent seulement 40 % de leur potentiel et continuent à déverser de l'eau chaude en plein réchauffement climatique en polluant nos fleuves.

Darwin | 23 mai 2022 à 10h46
 
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@Darwin
Sans oublier que, avec le réchauffement climatique, le nucléaire est également devenue une source d'énergie intermittente (vous savez, cette tare qui rendrait soi-disant caduques les énergies renouvelables) puisque la hausse des température des eaux fluviales de refroidissement oblige à l'arrêt des réacteurs!

BIB57 | 23 mai 2022 à 12h16
 
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@BIB57,le nucléaire est une source d'énergie intermittente sauf pour l'EPR qui est une source zéro-mittente car elle ne produit rien.Quant au nucléaire existant (ce qu'il en reste) la centrale du Blayais est à l'arrêt complet d'après RTE, normal à part faire cuire les crevettes et les poissons de l'estuaire avec la chaleur , cette centrale ne sert qu'à réchauffer le fleuve et même la ville de Bordeaux 2 fois par jour avec la marée montante qui ramène la chaleur de la centrale sur les quais de Bordeaux et au delà jusqu'à Langon ...Bonjour à mes amis de Cattenom

Darwin | 23 mai 2022 à 13h59
 
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Monsieur Bertrand se trompe de cible. Le problème n'est pas avec les éoliennes qui sont globalement écologiques; le problème est avec le photovoltaïque dans les conditions actuelles de cellules fabriquées avec de l'électricité chinoise fortement carbonée. Monsieur Jancovici a encore récemment rappelé que le temps de retour carbone du photovoltaïque était supérieur à 30 ans, autant dire que les cellules chinoises ont rejeté en Chine plus de CO2 qu'elles n'en économiseront en France pendant leur durée de vie.
Il suffirait pourtant d'une fraction de CSPE pour construire une industrie de production de cellules avec l'électricité française faiblement carbonée.

VD69 | 23 mai 2022 à 23h47
 
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@ VD69 :
- M. JANCOVICI précise-t-il également le temps de retour carbone d'un réacteur nucléaire, avec ses milliers de tonnes de béton, d'aciers divers, l'exploitation du yellow cake et son transport depuis l'autre bout de la planète (Kazakhstan, Australie, Niger, Canada, etc.) - car cela fait belle lurette que l'uranium exploité n'est plus made in France -, idem pour les déchets qui voyagent un peu partout dans le monde et toute la technostructure qui gravite autour en permanence ? Et côté retour durée de la pollution due aux radionucléides, le nucléaire est parfaitement imbattable !
- "l'électricité française faiblement carbonée" l'est-elle donc si tant que cela avec le nucléaire ?

Pégase | 24 mai 2022 à 17h17
 
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M. BERTRAND applique sans doute un programme politique daté de 1921 et non de 2021... Cette personnalité politique s'est juste trompé de siècle !
Idem du reste pour le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Pégase | 24 mai 2022 à 17h20
 
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