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Energies renouvelables : l'Europe peut aller au-delà de ses objectifs

L'Union européenne peut atteindre, voire dépasser, son objectif de 27% d'énergies renouvelables en 2030, en accélérant le déploiement du solaire et de l'éolien, mais aussi de la chaleur renouvelable, estime l'Agence internationale pour les ENR.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"Il existe différentes combinaisons de solutions rentables pour atteindre l'objectif de 27% d'énergies renouvelables en 2030. [Du fait des évolutions technologiques récentes], l'étude REmap identifie un potentiel supplémentaire pour aller au-delà de cet objectif", souligne l'Irena, dans une étude présentée ce lundi 19 février à Bruxelles sur les objectifs du paquet énergie climat de l'Union européenne, adopté en 2014. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables estime d'ailleurs que l'objectif de 27% est plutôt conservateur, compte tenu des avancées technologiques sur les systèmes énergétiques intelligents ou encore les véhicules électriques. "La mise en œuvre complète de toutes les solutions d'énergie renouvelable dans le scénario de demande de référence augmenterait la part des énergies renouvelables à 33% d'ici 2030, indique l'Irena. En prenant en compte la réalisation de l'objectif d'efficacité énergétique de 30%, cette part représenterait 34%". Or, les programmations et politiques actuelles menées en Europe conduisent à une part de 24% d'énergies renouvelables en 2030, souligne-t-elle.

Déploiement des solutions selon les coûts © IRENA
 

Plus de solaire et d'éolien, mais aussi plus de stockage et d'usages électriques

Dans le scénario REmap, la part des énergies renouvelables dans le secteur électrique représente 50% en 2030, contre 29% en 2015. La majorité des capacités additionnelles pourraient être couvertes par le photovoltaïque (272 GW, soit 87 GW de plus que dans le scénario de référence) et l'éolien (327 GW, soit 97 GW de plus). La biomasse, l'hydroélectricité, la géothermie et les énergies marines pourraient contribuer à hauteur de 22 GW.

Ce scénario repose sur une part importante d'énergies renouvelables intermittentes (29%). "La question clé est donc de savoir si la flexibilité du système électrique sera suffisante en 2030 pour absorber cette variabilité croissante de la production", estime l'Irena. Selon les modélisations de l'agence, le développement des infrastructures d'interconnexions déjà planifiées pour 2030 devrait permettre d'absorber cette variabilité. Mais des infrastructures supplémentaires et des efforts d'intégration des marchés transfrontaliers seront nécessaires pour limiter les coûts, souligne l'Irena.

Pour atténuer la baisse des coûts sur les marchés de gros, qui compromettraient les investissements dans de nouvelles capacités de production, le stockage et la flexibilité de la demande devront être développés et encouragés. Un déploiement accéléré des pompes à chaleur et des véhicules électriques permettraient notamment d'absorber cette production.

S'appuyer sur les réseaux de chaleur

La chaleur et le froid représentent près de la moitié de la demande d'énergie en Europe aujourd'hui. Pourtant, le développement des renouvelables dans ce segment est moins rapide que dans le secteur électrique. Leur part pourrait atteindre 34% d'ici 2030, contre 25% dans le scénario de référence. "Plus des deux tiers des capacités de chaleur et de froid renouvelables supplémentaires identifiées sont moins chères que les alternatives conventionnelles", note l'Irena. Les pompes à chaleur pourraient couvrir à cet horizon 9% des besoins de chaleur, tout comme les chauffe-eau solaires et la biomasse dans le bâtiment et l'industrie. Quant aux réseaux de chaleur, qui couvrent 9% des besoins de chaleur aujourd'hui, ils sont encore majoritairement approvisionnés par du gaz et du charbon. "Leur conversion est une des options pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables", estime l'Irena.

La biomasse sera essentielle pour accomplir cette transition énergétique, notamment dans les secteurs où les usages ne peuvent être convertis en électricité. Dans le scénario REmap, les niveaux de consommation de biomasse doublent.

Transports : électricité et biocarburants seront complémentaires

Les transports restent un secteur où les renouvelables peinent à émerger en Europe, note l'Irena, qui estime que le déploiement des véhicules électriques sera la clé pour accélérer dans ce domaine.

"D'ici 2030, la plupart des véhicules particuliers vendus pourraient être électriques ou hybrides. Les véhicules électriques pourraient potentiellement représenter 16% du parc de voitures en Europe. Mais, malgré cet essor rapide, l'électricité renouvelable ne représenterait que 3% de la consommation énergétique du secteur à cet horizon". En conséquence, les biocarburants (de première génération et avancés) seront encore nécessaires pour le parc de véhicules thermiques et dans les modes de transport où l'électrification n'est pas une option. Leur consommation pourrait tripler par rapport aux niveaux atteints en 2010 (66 Mds de litres).

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