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Recyclage des plastiques : l'Île-de-France à la peine

Le panorama des déchets plastiques en Île-de-France montre à quel point la région est en retard en matière de collecte et de recyclage. Pour atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés, la région doit rapidement revoir son approche.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Recyclage des plastiques : l'Île-de-France à la peine
Actu-Environnement Le Mensuel N°420 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°420
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L'Île-de-France affiche l'ambition de devenir une région « zéro déchet » et veut s'attaquer à ses déchets plastique. Objectif ? Atteindre 50 % de déchets plastique recyclés en 2025. Pour y parvenir, elle devra relever des « défis colossaux », prévient l'Observatoire régional des déchets en Île-de-France (Ordif), qui vient de publier un panorama des déchets plastique franciliens. Le document pointe « l'urgence à adopter une nouvelle approche afin de passer de la simple gestion des déchets à une économie des ressources ». La région part effectivement de très loin : seulement 14 % des 860 000 tonnes de déchets plastique produits chaque année sont collectés pour le recyclage.

Mauvais élèves du tri

Le panorama de l'Ordif montre que l'Île-de-France produit plus de 860 000 tonnes de déchets plastiques par an. La majorité (560 000 t) sont des déchets ménagers et assimilés (DMA), le reste des déchets d'activités économiques (DAE).

Les déchets ménagers sont majoritairement composés de « déchets plastiques récurrents à durée de vie ultra-courte », à savoir les emballages. S'agissant des DAE, près de la moitié (44 %) provient du secteur du bâtiment, 34 % du commerce (pour moitié constitués de films étirables pour palettes, précise l'Ordif), 12 % des services et 11 % de l'industrie. « La production est extrêmement diffuse, également dans le BTP et dans les nombreux établissements commerciaux », souligne l'observatoire.

Que deviennent ces déchets ? Les Franciliens sont de « mauvais élèves du tri », explique sans détour l'Ordif. Seulement 14 % du gisement sont triés, soit 120 000 t, quand la moyenne nationale est de 24 %. Le reste est mis en décharge (34 %), incinéré (43 %) ou disséminé dans l'environnement. S'agissant des 17 000 t abandonnés, une donnée illustre le problème : l'essentiel des déchets plastique déversés par le Seine dans la Manche proviennent d'Île-de-France. Chaque année, la région rejetterait ainsi en mer 110 t de plastique (soit l'équivalent de 3,3 millions de bouteilles d'eau), sur les quelque 150 t que charrie le fleuve.

Les emballages au cœur du problème

Concernant le recyclage, l'Ordif constate d'importantes différences selon les gisements. Les DAE sont recyclés à 20 % (soit 61 500 t), et seulement 8 % des déchets ménagers le sont (45 300 t). Quelques catégories de déchets plastique affichent des taux de recyclage moins indigents : ceux issus des véhicules hors d'usage (VHU), avec un taux de 53 % ; ceux issus des déchets électriques et électroniques (DEEE), avec un taux de 51 % ; ou encore les déchets agricoles, avec un taux de 37 %.

 
Seuls 8 % des emballages ménagers et 30 % des emballages professionnels seraient captés pour être orientés vers le recyclage  
Ordif
 
L'étude souligne surtout le problème posé par les emballages, qui constituent le premier gisement et sont particulièrement mal recyclés. Au total, 90 % des emballages plastique, soit 560 000 t par an, ne sont pas triés. « Seuls 8 % des emballages ménagers et 30 % des emballages professionnels seraient captés pour être orientés vers le recyclage », déplore l'observatoire.

L'Ordif signale aussi les mauvaises performances franciliennes concernant des emballages réputés « bien » recyclés, comme les bouteilles et flacons. Actuellement, 30 % de ceux consommés en Île-de-France ne sont pas triés et le « recyclage réel [est] de seulement 50 %, après refus de tri ». Pourtant, la région compte 21 centres de tri pour les emballages ménagers, 34 centres de tri pour les déchets des professionnels et trois de l'économie sociale et solidaire (ESS).

Plusieurs pistes d'amélioration

En revanche, l'Île-de-France ne compte que deux régénérateurs, sur la quarantaine implantés en France : un spécialisé dans les bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) et un pilote pour les plastiques de DEEE. Mais ce second site « partirait en fin d'année dans l'Eure », signale la note. Reste la dizaine de régénérateurs disponibles à moins de 200 km de Paris.

Comment améliorer la situation ? La note propose plusieurs pistes. Il faut, bien sûr, réduire la production de déchets. Les circuits courts et le vrac, la consigne pour réemploi, le prêt, la location ou encore l'amélioration de la durabilité, de la réparabilité et de l'écoconception des produits sont autant de solutions pour consommer « moins et mieux ». La substitution du plastique par d'autres matériaux doit aussi être encouragée, « notamment dans la commande publique ».

Ensuite, « lorsque ce n'est pas possible de prévenir ces déchets plastiques, les producteurs devraient être en mesure de véritablement les capter pour les valoriser au mieux », explique le directeur de l'Observatoire. Pour cela, la collecte doit « répondre au défi du très faible captage des plastiques ». Il faut « inventer ou réinventer de nouveaux modes de collecte ». L'Ordif évoque notamment l'incitation au tri par la gratification. Autres pistes évoquées : la collecte par l'économie sociale et solidaire (ESS), les broyeurs chez les gros producteurs, la collecte en réseau mutualisé…

Enfin, pour refermer la boucle, il convient de mieux informer les acteurs économiques pour favoriser les investissements nécessaires au tri et au recyclage.

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