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La juste valeur de l'eau : une définition à réalités multiples

Selon le dernier rapport de l'Unesco, la bonne gouvernance de l'eau passe par la prise en compte de la juste valeur de l'eau. Son estimation n'est pas aisée et implique l'intégration de différentes perspectives. Explications.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

Le traditionnel rapport de l'Unesco sur l'eau se frotte cette année à une épineuse question : celle de l'évaluation de la valeur de l'eau. Une des idées directrices du rapport est que le prix de l'eau est sous-évalué et sa valeur sous-estimée dans le monde. Et ceci constituerait un obstacle à sa bonne gouvernance. « Ne pas attribuer assez de valeur à l'eau dans tous ses emplois constitue une cause majeure, voire un symptôme, de la négligence politique vis-à-vis de l'eau et de la mauvaise gestion de celle-ci », considèrent les auteurs du rapport. Certains estiment que l'une des principales causes du succès mitigé de la [gestion intégrée des ressources en eau] Gire et d'autres objectifs et résultats relatifs à l'eau, ainsi que des lacunes dans la gouvernance de l'eau, tient au fait que l'ensemble des valeurs de l'eau n'y sont pas « pleinement représentées ». Pour les auteurs, la valeur « réelle » de l'eau n'est pas assez prise en compte dans les processus décisionnels. Et les outils utilisés pour l'estimer se limitent bien souvent au champ économique, négligeant certains apports, selon le rapport.

« Déterminer la vraie valeur de l'eau est très compliqué, il n'y a pas de relation directe entre le prix, le coût et sa valeur, souligne Richard Connor, auteur principal de l'étude, lors d'une conférence de presse de présentation de ses travaux. Quand son utilisation est facturée, le prix englobe le recouvrement des coûts mais ne reflète pas sa vraie valeur. Celle-ci varie en fonction d'aspects géographique, spirituel, etc. » .

Cinq perspectives à intégrer dans la valeur de l'eau

Les auteurs de l'étude considèrent que l'estimation de valeur de l'eau doit être abordée à travers cinq perspectives. Tout d'abord, l'intégration de cette ressource dans la nature et l'apport des services écosystémiques. Les écosystèmes jouent un rôle par exemple dans la régulation des écoulements ou la qualité de la ressource. « Le système des paiements pour service environnementaux (PSE) est à prendre en considération », note Richard Connor. Certains, comme le Costa Rica, ont misé sur le maintien d'une couverture forestière. Le ministère de l'Environnement et de l'énergie du Costa Rica a placé 17,4 % de toutes les zones forestières sous ce régime.

Le second élément à prendre en compte, selon le rapport, sont les infrastructures pour capter, stocker et distribuer l'eau. « Leur valeur va au-delà de leurs coûts car elle induit différents avantages et bénéfices sociaux, souvent non quantifiés », pointe Richard Connor. Toute la difficulté reste dans l'intégration transparente des différentes approches. « Trop de projets, en particulier ceux d'infrastructures hydrauliques de grande envergure, telles que les barrages, demeurent des projets de prestige, réalisés pour des motifs politiques et/ou potentiellement alimentés par la corruption, indique le rapport. Dans de telles circonstances, les valeurs, à supposer qu'elles soient évaluées, pâtissent d'un manque de transparence et d'une certaine sélectivité, quand elles ne sont pas tout simplement manipulées ou ignorées ».

Autre élément à ne pas négliger : les apports des services d'approvisionnement en eau, assainissement. « Ils impliquent des avantages globaux, d'amélioration des conditions de vie mais aussi d'accès à l'éducation : ainsi, 443 millions de journées d'école sont perdues tous les ans à cause des maladies liées à l'eau », note Richard Connor.

L'approche économique et la valeur des secteurs agricoles, industriels, énergétiques est également à analyser. « L'agriculteur utilise 69 % de l'eau de la planète mais, comme il faut beaucoup d'eau pour produire peu de produit, la valeur de l'eau est considérée comme basse, détaille Richard Connor. L'empreinte de l'eau accordée pour la sécurité alimentaire est une question politique ».

Et, enfin, les valeurs socio-culturelles ne sont pas à négliger, comme la paix ou la perception spirituelle de la ressource. « Certaines sociétés rejettent la validité de l'application de concepts économiques à la nature et la marchandisation des avantages de celles-ci tels que, par exemple, le concept des droits de « Mère Nature », tandis que dʼautres donnent une valeur aux ressources naturelles en leur donnant des droits juridiques », illustre le rapport.

La participation nécessaire de toutes les parties prenantes

Pour éviter les biais, le rapport recommande la participation de toutes les parties prenantes au processus. « Il est possible d'élaborer une approche commune, permettant de comparer, de confronter et d'utiliser des valeurs ou des systèmes de valeurs environnementaux différents pour prendre des décisions politiques éclairées. La participation pleine et entière des groupes de parties prenantes concernées dans les évaluations et les prises de décision tenant compte des questions d'égalité de genre est un élément fondamental de cette approche, pointe le rapport. Il s'agit là sans doute du moyen le plus efficace et équitable pour saisir l'ensemble des valeurs ».

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