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Zones non interconnectées : les services systèmes rendus par le stockage bientôt rémunérés

Les installations de stockage peuvent être rémunérées lorsqu'elles rendent des services au système électrique en zone non interconnectée. La CRE instruit les premiers dossiers et prévoit l'ouverture d'un guichet unique à Mayotte.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Zones non interconnectées : les services systèmes rendus par le stockage bientôt rémunérés

Dans les zones non interconnectées, où les coûts de production de l'électricité sont élevés, la loi prévoit que les ouvrages de stockage centralisés, gérés par le gestionnaire de réseau (GRD), puissent être soutenus, dans la mesure où ils permettent d'éviter des surcoûts de production ou de réseau. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a publié, en mars 2017, les lignes directrices qui définissent les conditions à réunir et les modalités de calcul des surcoûts évités.

Elle instruit les premiers projets pour la Corse, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion et publiera, en septembre, une délibération sur le niveau de compensation du stockage. A Mayotte, un guichet de saisine unique recevra les candidatures des porteurs de projets. L'objectif est d'assurer "une mise en concurrence et un classement des projets de stockage", jusqu'à mi avril. Les dossiers seront jugés à l'aune des coûts exposés et des gains apportés au système électrique. Des projets hydrides (production renouvelable/maîtrise de la demande + stockage) peuvent également être déposés. Une clé de calcul permettra de répartir les actifs du projet.

Rémunération par la CSPE ou le Turpe

Toutes les installations de stockage ne peuvent pas prétendre à une telle rémunération. Le stockage doit soutirer de l'électricité sur le réseau à un instant pour la restituer à une date ultérieure, moyennant un taux de perte technique mais avec un bilan électrique négatif : le stockage soutire plus qu'il ne produit, précise la CRE dans sa délibération. De plus, "les services que peut fournir un projet d'installation de stockage ne peuvent donner lieu à compensation au titre des charges de SPE [service public de l'électricité] que s'ils ont une incidence positive sur les surcoûts de production évités, et ne peuvent donner lieu à des recettes couvertes par le Turpe [tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité] (…) que s'ils génèrent des économies de coûts de réseau", indique la CRE. Ainsi, ils doivent permettre le réglage de la fréquence en constituant des réserves de puissance, une meilleure intégration des énergies renouvelables à moindre coût ou encore l'alimentation du réseau aux heures de pic de consommation.

Les projets peuvent être portés directement par le gestionnaire de réseau, mais aussi par des tiers. Pour permettre aux porteurs de projets de proposer des services permettant d'éviter des coûts de réseau, les GRD doivent mettre en place "des outils informatiques permettant de rendre compte de la localisation des contraintes en tension et en intensité des réseaux de distribution qu'ils exploitent".

Gestion de fréquence, intégration des ENR et optimisation des flux

L'intégration des énergies renouvelables intermittentes à moindre coût est un des services recherchés. En effet, dans les zones non interconnectés, le gestionnaire de réseau peut être amené à déconnecter des installations photovoltaïques ou éoliennes, en cas de forte production et de faible demande, ou au contraire à gérer des chutes de fréquence en cas de baisse importante des productions intermittentes. Les installations de stockage peuvent constituer les réserves de puissance nécessaire à l'équilibrage de fréquence et permettre de relever les seuils de déconnexion des énergies renouvelables. "Pilotées par le GRD, ces installations pourront, à la différence des petites unités de stockage décentralisées déployées dans le cadre des appels d'offres photovoltaïques avec stockage, offrir une grande flexibilité dans les services rendus, adaptée aux besoins évolutifs du système", souligne la CRE.

Deuxième enjeu : "la diminution des surcoûts de production - et donc des charges de SPE qui financent la péréquation tarifaire - en favorisant notamment l'appel des moyens de production fonctionnant en base au détriment des moyens de pointe plus onéreux". Les installations de stockage doivent permettre un report de charge en absorbant la production lors des heures creuses et en la restituant aux heures de forte demande, et éviter ainsi le recours à des moyens de production thermique. "De telles utilisations du stockage pourront générer des économies de coûts variables de production - notamment de coûts de combustible et de maintenance - mais aussi de coûts fixes grâce à d'éventuels reports d'investissements dans les moyens de production", note la CRE.

Le stockage peut également permettre de réduire les coûts d'acheminement de l'électricité (et donc le Turpe). L'injection et le soutirage d'électricité sur une portion de réseau peut éviter certaines contraintes et tensions sur le réseau. Cela permet d'optimiser les flux et de reporter ou d'annuler certains investissements réseau.

"Cette liste de services n'est pas limitative : un projet de stockage permettant une autre valorisation sera étudié par la CRE dans les mêmes conditions", ajoute-t-elle.

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