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39% des bois tropicaux importés en France seraient d'origine illégale

Près d'1/4 des importations de bois de l'UE seraient d'origine illégale, dont 39% pour la France, selon le WWF qui appelle les députés à renforcer le projet de réglementation européenne sur le bois illégal, lors de son vote au Parlement le 24 avril.

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
39% des bois tropicaux importés en France seraient d'origine illégale
   
Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 13 millions d'hectares de forêt disparaissent chaque année. L'exploitation illégale du bois en est une des principales causes, souligne l'organisation environnementale WWF qui rappelle que 39% des importations françaises de bois tropicaux sont présumées d'origine illégale.

L'Europe, championne des importations de bois illégaux

Chaque année, 27 millions de mètres cubes de bois présumés illégaux pénètrent ainsi dans l'Union européenne, estime l'organisation, soit le quart des importations de bois de l'Europe. D'après le WWF, la France se trouve à la sixième place des pays importateurs de produits forestiers d'origine illégale.

La Russie arrive quant à elle en tête des pays exportateurs avec 10,4 millions de m3 de bois d'origine présumée illégale transférés vers les pays de l'UE en 2006, suivie par l'Indonésie, avec 1/3 des exportations illégales de pulpe à papier. La Chine arrive en troisième position avec 32% d'exportations vers l'UE de produits issus du bois et du papier présumés d'origine illégale, suivie de l'Afrique centrale – en particulier le Congo et le Gabon - avec 1/4 des exportations de bois.

Au total, 23 % des produits forestiers importés d'Europe de l'Est, 40 % de ceux importés d'Asie du Sud-Est, 30 % de ceux d'Amérique latine et 36 % à 56 % de ceux d'Afrique proviendraient de sources illégales.

Le plus gros problème dans la lutte contre l'exploitation illégale des forêts résulte non seulement dans l'arrivage de bois en tant que tel mais aussi dans l'exportation de produits déjà transformés comme le papier et les meubles, déplore le WWF, qui explique que l'origine n'est jamais indiquée sur les palettes débarquant en France. Le bois arrive sous forme de planches ou de troncs d'arbre et les stocks importés légalement et illégalement finissent par être mélangés.

Un impact sur la biodiversité et le changement climatique

Rappelons que la déforestation massive des forêts tropicales accélère la perte de la biodiversité et le changement climatique. Chaque année, plus de 800.000 hectares de forêts tropicales du bassin du Congo (Gabon et République Démocratique du Congo, etc.) sont détruits sous la pression démographique et économique alors qu'ils abritent notamment la plus grande partie des populations de grands singes au monde. D'après la Fondation Jane Goodall, environ 50 % de ces populations a été décimée dans le Bassin du Congo en 20 ans. De son côté, l'Indonésie qui possède notamment près de 80% des dernières forêts tropicales primaires d'Asie du Sud-Est (îles de Bornéo, de Sumatra et en Irian Jaya), a perdu en 50 ans 72% de ses forêts anciennes. ll n'y aurait plus que 45.000 à 69.000 orangs-outans vivant à l'état sauvage à Bornéo et pas plus de 7.300 à Sumatra.

Selon la FAO, environ 18% des émissions mondiales de CO2 sont dues à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement,un chiffre comparable aux émissions annuelles de dioxyde de carbone des Etats-Unis et de la Chine réunis. D'après le WWF, la déforestation de l'Amazonie pourrait relâcher entre 55,5 milliards et 96,9 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'ici 2030.

Alors que beaucoup des pays exportateurs pâtissent d'''une corruption forte'' et d'une ''gouvernance faible'', seule une réglementation européenne stricte peut enrayer ce phénomène, souligne le WWF qui juge le projet de réglementation sur le bois illégal, actuellement en discussion au Parlement européen, trop peu ambitieux.

Un règlement européen pour garantir la traçabilité et la légalité du bois

L'organisation environnementale appelle les parlementaires français à renforcer ce projet de réglementation, lors de son vote au Parlement le 24 avril. En l'état, ce projet de règlement ne définit pas distinctement les activités d'exploitation illégales du bois et n'établit pas clairement ce qui constitue un délit, souligne notamment le WWF. Par ailleurs, déplore l'organisation, ce projet ne garantit pas la traçabilité du bois jusqu'au consommateur, ne prévoit pas de système indépendant de contrôle et ne fixe pas non plus de cadre européen de sanctions avec des peines plancher, ce qui présente un risque de contournement via les pays les moins exigeants. Seuls 4 % des produits à base de bois tropical africain afficheraient le label FSC (Forest Stewardship Council), selon l'organisation qui est d'ailleurs partie prenante dans ce label.

Le WWF, en collaboration avec Greenpeace, les Amis de la terre et France nature environnement (FNE), a établi une liste de 10 recommandations pour combler les lacunes de cette réglementation. La plupart de ces recommandations ont été reprises dans le rapport proposé par la Commission Environnement du Parlement européen, indique le WWF qui a écrit aux parlementaires français pour les inviter à soutenir ces modifications. Faute de quoi le consommateur continuera, à son insu, à participer à la disparition des forêts, prévient l'organisation. Or, d'après un sondage réalisé par le WWF dans 14 pays d'Europe, 92 % des personnes interrogées souhaitent le vote d'une loi européenne qui garantirait l'exploitation légale du bois.

Rappelons que les labels FSC, PEFC (Pan European Forest Certification), SFI (Sustainable Forestry Initiative), ATSF (American Tree Farm System) et CSA (Canadian Standart Association) attestent d'une gestion forestière raisonnée et permettent aussi aux consommateurs d'identifier les produits provenant de forêts tropicales gérées selon des pratiques respectueuses de l'environnement et socialement bénéfique pour les populations locales.

Réactions3 réactions à cet article

 
Labels

Bonjour,
Je souhaite apporter une précision importante : tous les labels ne se valent pas !
Actuellement, le label FSC est de loin le moins pire label.
Les autres sont beaucoup trop souples pour être pris au sérieux.
Je rappelle également que des traitements thermique et mécanique sur du bois local permettent d'apporter des propriétés équivalentes à celles de bois exotiques.
La priorité doit donc être donnée aux bois locaux.
Faisant parti de l'association Greenpeace qui est citée dans votre article, il était primordial de rappeler notre position.

Seb.H | 13 avril 2009 à 11h42
 
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maison

j'ai toujours voulu faire ma maison en bois, j'y réfléchirais à deux fois. (39%???)
est ce qu'en Guyane les bonnes pratiques de l'exploitation forestières sont bien appliquées?
n'étant pas spécialiste, c'est quant même un domaine où il me semble il est très difficile d'assurer une traçabilité efficace

freddo | 23 avril 2009 à 08h07
 
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Signification PEFC

Bonjour,

Juste une remarque de forme : PEFC a changé de signification depuis au moins 4 ans : Program for endorsement of forest certification schemes ou en français: programme de reconnaissance des certifications forestières.

Cordialement,

G GRIGAUT

Anonyme | 29 avril 2009 à 14h49
 
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