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Climat : la conférence de Lima doit préfigurer l'accord de Paris et entretenir l'optimisme

La conférence onusienne sur le climat qui s'ouvre lundi à Lima devra préparer les grandes lignes de l'accord global attendu à Paris fin 2015. Elle devra surtout maintenir l'élan d'optimisme enregistré depuis la fin de l'été.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Climat : la conférence de Lima doit préfigurer l'accord de Paris et entretenir l'optimisme

Du lundi 1er au 12 décembre se réuniront à Lima (Pérou) les 195 Etats prenant part à la 20ième conférence des parties (COP20) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cette nouvelle session des négociations onusiennes sur le climat marque l'entrée dans la dernière ligne droite qui conduit à la conférence de Paris de décembre 2015 et à l'éventuelle conclusion de l'accord global tant attendu depuis l'échec de Copenhague. Cet accord, qui doit entrer en vigueur en 2020, est censé engager l'ensemble des pays afin de limiter à 2°C la hausse de la température globale moyenne d'ici 2100, par rapport à l'ère préindustrielle.

A la veille de l'ouverture de la conférence, les négociateurs, en particulier les Français qui se préparent à conduire les négociations tout au long de 2015, affichent un certain optimiste. Ils soulignent en particulier que les grandes annonces climatiques de 2014 marquent un tournant décisif. Un message auquel François Hollande a donné du poids à l'occasion de son discours d'ouverture de la conférence environnementale. Souhaitant marquer l'Histoire avec un accord à Paris, le Président de la République a repris le discours optimiste des équipes de négociation françaises tout en restant prudent. De même le Conseil de l'Union européenne considère que les annonces de 2014 constituent "une preuve de la détermination de la communauté internationale".

En attendant le contenu de l'accord

Concrètement, peu d'avancées fondamentales sont attendues à Lima. Il s'agira principalement de maintenir l'ambiance favorable des derniers mois et de définir les contours de l'accord attendu pour 2015. Les sujets techniques seront donc nombreux : le partage de l'information et le niveau de transparence acceptable par les Etats (la mesure, la notification et la vérification du respect des engagements pris) ; la nature des engagements (engagements nationaux, initiatives sectorielles, etc.) ; la nature juridique de l'accord ; le financement de l'adaptation des pays du Sud aux changements climatiques et de l'atténuation de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ou encore les transferts de technologie.

Il s'agira aussi de voir dans quelle mesure les Etat s'engagent à réaliser de nouveaux efforts sur la période allant jusqu'à 2020, comme prévu en décembre 2012 à Doha (Qatar). Ce rehaussement du niveau d'ambition est jugé essentiel pour placer les émissions de GES sur une voie compatible avec les engagements qui seront pris à Paris pour l'après-2020.

Si la conférence de Lima devrait permettre de mieux envisager la nature de l'accord, les éléments décisifs concernant son contenu ne seront connus qu'au premier semestre 2015 lorsque les Etats dévoileront leurs engagements. Il sera alors temps d'évaluer la portée des réductions annoncées au regard de l'objectif de limitation de la hausse des températures à 2°C. En l'état, les engagements pris ou pressentis conduisent vers une hausse d'environ 3,5°C. Un accord à Paris entérinant de tels engagements serait probablement sévèrement jugé.

Le tournant new-yorkais

Bien sûr, l'année 2014 a été marquée par la remise du cinquième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Mais, pour de nombreux observateurs, elle a surtout été marquée par le sommet des chefs d'Etat organisé à New York en septembre par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Les quelque 400.000 manifestants dans les rues de la ville, les promesses de capitalisation du Fonds vert pour le climat et une série d'initiatives volontaires ont semble-t-il lancé une dynamique et les annonces se sont accélérées.

En octobre, l'Union européenne a validé son objectif de réduction de 40% de ses émissions de GES d'ici 2030. Dans la foulée, les Etats-Unis et la Chine ont annoncé un accord début novembre qualifié d'historique. Les plus optimistes notent que si l'accord sino-américain était attendu, ses prémices ayant été posés en juin, il est annoncé plus tôt que prévu. Il constitue surtout un premier engagement chinois, il marque une meilleure acceptation du multilatéralisme de la part des Américains et il rehausse l'ambition affichée jusque là par les Etats-Unis.

Cependant, dans les deux cas, ils s'agit d'engagements a minima qui devront être améliorés si l'on souhaite obtenir un accord efficace à Paris. Les trois puissances devront notamment fixer les modalités concrètes de leur engagement et surtout relever leur ambition pour limiter la hausse de la moyenne des températures mondiales à 2°C. Les contributions officielles attendues pour le début de l'année 2015 devront concrétiser ces attentes.

Enfin, la capitalisation du Fonds vert, qui atteint 9,3 milliards de dollars, est présentée comme une avancée notable, notamment par les pays riches qui estiment avoir donné des gages satisfaisants de leur engagement. Reste qu'il faudra sensiblement renforcer la capacité du fonds pour qu'il puisse délivrer un soutien annuel de 100 milliards de dollars à partir de 2020.

Ces éléments optimistes ne doivent cependant pas masquer certains risques. En premier lieu, certains pays, et en particulier l'Australie, restent opposés à un accord global. Certes le pays, qui a accueilli le G20 cette année, a été contraint d'accepter d'inclure le climat à l'ordre du jour du sommet des 15 et 16 novembre, mais il n'a pas renoncé à préserver son industrie charbonnière. De même, la Russie, acteur important des négociations, reste silencieuse sur ses intentions. Le pays a déjà montré qu'il pouvait entraver les négociations : en 2013, il était parvenu à bloquer les travaux d'un groupe de travail en invoquant des motifs de procédure et en remettant en cause les décisions passées.

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