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Élection présidentielle : ce que proposent les candidats en matière de rénovation énergétique

Quelle place pour la rénovation énergétique des logements dans les programmes des candidats à la Présidentielle ? Que proposent-ils et quels moyens vont-ils engager ? Décryptage de l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) et de la société Sonergia.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Élection présidentielle : ce que proposent les candidats en matière de rénovation énergétique

À l'exception de Nathalie Arthaud et de Jean Lassalle, les candidats à l'élection présidentielle ont tous présenté leurs propositions pour la rénovation énergétique des logements. Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse et Éric Zemmour ont d'ailleurs répondu au questionnaire de l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE). Finalement, Hadrien Hainaut et Maxime Ledez recensent plus d'une trentaine de mesures en la matière. Mais pour Florence Lievyn, responsable des affaires publiques de Sonergia, société délégataire de CEE, ce sujet ne semble pas être traité à la hauteur des enjeux : seulement 6 % des propositions émises par six candidats dans leurs programmes sont relatives à la transition énergétique, y compris la rénovation et la production d'énergie. C'est traiter comme « un petit sujet, ce qui peut questionner au regard de la conjoncture actuelle », s'interroge-t-elle.

Rénovation globale des logements, éradication des passoires thermiques

 
C'est traiter comme un petit sujet, ce qui peut questionner au regard de la conjoncture actuelle  
Florence Lievyn, Sonergia
 
Il s'avère que les candidats n'ont pas tous la même conception de la rénovation énergétique. Pour les bâtiments résidentiels, « deux pans » coexistent, résume Florence Lievyn. D'une part, les candidats qui s'attachent au sujet « en tant que tel, sans faire de distinction, ni sur le public ni sur l'état du bâti, et qui pour certains ont des propositions chiffrées, soit en termes de rénovation annuelle, soit d'un point de vue financier sur le budget alloué à ces rénovations pour arriver à l'objectif de neutralité carbone d'ici à 2050 ». D'autre part, ceux qui misent tout sur l'éradication des logements « passoires thermiques », les plus énergivores.

Ainsi, les candidats Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Fabien Roussel se fixent un objectif de rénovation globale du parc, couplée à l'éradication des passoires thermiques. Par exemple, M. Roussel vise la rénovation globale des passoires thermiques d'ici à 2030 et « sans reste à charge pour les ménages les plus modestes ». Idem pour M. Jadot.

De son côté, M. Mélenchon ambitionne d'isoler au moins 700 000 logements par an et de « mettre fin aux situations de précarité énergétique ». Il veut aussi passer de 33 000 logements rénovés au niveau basse consommation (BBC) par an actuellement à 800 000 logements par an en 2030. « Il y a assez peu de détails dans son programme pour savoir comment il va réussir à franchir ce seuil, même s'il privilégie les rénovations complètes », indique toutefois Mme Lievyn.

Si Valérie Pécresse veut également rénover en priorité les logements chauffés au fioul, elle entend aussi doubler le rythme des rénovations énergétiques performantes. « Mais l'impact de ces travaux sur la consommation d'énergie des logements n'est pas clair pour autant », estiment Hadrien Hainaut et Maxime Ledez. De même, Anne Hidalgo vise la rénovation complète et performante de 760 000 logements privés par an, soit 22 millions de logements d'ici à 2050.

Éric Zemmour affirme également vouloir « en finir avec les passoires thermiques » en investissant dans l'isolation des bâtiments résidentiels et tertiaires, sans préciser le budget alloué. Tandis que Marine Le Pen veut lancer un plan de réhabilitation de l'habitat ancien grâce à des « aides efficaces ». La candidate du Rassemblement national met surtout l'accent « sur les chaudières au fioul, qu'elle veut remplacer par des pompes à chaleur électriques », souligne l'I4CE.

Vers une obligation de rénovation

Et qu'en est-il de la contrainte ? Si Jean-Luc Mélenchon prévoit une interdiction de location des passoires thermiques (déjà engagée par le gouvernement actuel d'ici à 2028), il veut étendre l'obligation de rénovation globale « à tous les logements construits avant 2000, y compris ceux occupés par leurs propriétaires », précisent Hadrien Hainaut et Maxime Ledez, d'I4CE. De même, Yannick Jadot souhaite placer sous séquestre les loyers des passoires énergétiques, et Anne Hidalgo propose de les moduler en fonction de la performance énergétique des logements. Fabien Roussel prévoit aussi la mise en place d'une obligation de rénovation énergétique « performante, sociale et progressive des logements d'ici à 2040 ».

En revanche, « Marine Le Pen s'oppose à ces obligations de rénovation, et Valérie Pécresse ne les mentionne pas, pas plus qu'Emmanuel Macron à ce stade », ajoute l'I4CE.

Quel budget pour la rénovation et quelles aides pour les ménages ?

Emmanuel Macron a annoncé vouloir rénover 700 000 logements par an. Pour ce faire, il mise notamment sur la poursuite du déploiement de l'aide MaPrimeRénov', qui a déjà permis de financer la rénovation de 650 000 logements en 2021. Il prévoit un budget de 10 milliards d'euros supplémentaires pour la « transition écologique », « sans préciser à ce stade l'enveloppe qui irait au renforcement des aides à la rénovation », indiquent les experts d'I4CE.

Yannick Jadot envisage également de mettre en œuvre un plan massif de rénovation des logements et des bâtiments de 10 milliards d'euros par an. « Il veut consacrer une enveloppe de 6 milliards par an à la rénovation énergétique des passoires thermiques (…), cela pourrait couvrir de l'ordre de 25 à 40 % du coût des travaux (des ménages). Il prévoit également de moduler les aides en fonction des revenus », analyse l'I4CE. Florence Lievyn met aussi en avant la prise en charge du coût des travaux des rénovations globales proposée par M. Jadot « par le biais d'un préfinancement par les énergéticiens afin de permettre un reste à charge nul pour les ménages les plus modestes ».

Fabien Roussel prévoit également une enveloppe globale annuelle de 10 milliards d'euros pour la rénovation de 700 000 logements. Des aides financières de l'État seront par ailleurs accordées aux collectivités pour financer les rénovations énergétiques de leurs bâtiments.

Jean-Luc Mélenchon se distingue par un taux de subvention « élevé accordé aux ménages », observe l'I4CE. Il propose des aides qui couvrent en moyenne 70 % du montant des travaux, « allant jusqu'à la totalité des dépenses pour les ménages modestes, mais excluant les ménages possédant au moins cinq logements », explique l'institut. De même, les subventions de la « prime pour le climat » proposée par Anne Hidalgo couvrent de l'ordre de 30 % du montant des travaux, et jusqu'à 50 % pour les ménages modestes.

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan veut doubler le budget alloué à MaPrimeRénov', pour passer de 3 à 6 milliards d'euros. Trois milliards seraient attribués à un grand programme d'isolation des foyers, ce qui représenterait, d'après le candidat, « un doublement de l'effort d'isolation thermique par rapport à 2022 ».

Par ailleurs, les candidats proposent des prêts (comme pérenniser l'écoprêt à taux zéro évoqué par M. Mélenchon) ou d'autres instruments financiers, pour limiter le reste à charge. Valérie Pécresse propose, par exemple, de créer un nouveau livret d'épargne « vert », afin que les banques puissent prêter les sommes collectées sur ces livrets aux ménages qui rénovent leurs logements. Les conditions de ces emprunts ne sont pas détaillées. Anne Hidalgo propose, en outre, « d'élargir le prêt avance rénovation à l'ensemble des publics et des ménages », note Florence Lievyn.

De son côté, Philippe Poutou propose « un plan de sobriété énergétique, avec l'isolation thermique de tous les logements », sans préciser les moyens alloués. Il est le seul candidat à se prononcer sur le sujet de la sobriété, salue Mme Lievyn : « C'est une bonne idée de se pencher sur la question en amont des consommations d'énergie plutôt que, comme encore trop souvent, de se focaliser sur la réponse aux besoins. Comment produit-on notre énergie plutôt que comment on la réduit ? »

L'I4CE regrette cependant que les candidats « ne mettent pas davantage de propositions sur la table pour faciliter les rénovations énergétiques dans les immeubles ». Florence Lievyn déplore aussi que l'exemplarité de l'État « notamment au travers des bâtiments dont il est propriétaire, ou des bâtiments des collectivités locales, ne soit pas mise en avant » par les candidats à l'Élysée. « Je trouve cela dommage, d'autant plus quand on sait tout le chemin qui reste à parcourir sur les bâtiments tertiaires en application du décret Tertiaire, et que le gisement est aussi important en termes d'économies d'énergie que sur le bâtiment résidentiel », estime-t-elle.

Réactions1 réaction à cet article

 

Si la meilleure énergie, celle qui n'est pas produite, a l'air d'être bien comprise par tous et que l'argent sera mis sur la table, il faudra rapidement structurer la formation pour répondre en nombre et qualité aux engagements de chacun.

La goutte d’eau | 28 mars 2022 à 10h34
 
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