En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Photovoltaïque : l'autoconsommation, modèle de demain ?

Alors que Delphine Batho a annoncé l'ouverture de travaux sur l'autoconsommation de l'électricité d'origine renouvelable, le SER propose plusieurs pistes de réflexion. Mécanismes d'incitation, calculs de la CSPE et de la TURPE devront être étudiés.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Longtemps réclamé par les professionnels du photovoltaïque, le soutien à l'autoconsommation semble désormais faire consensus. Dans son rapport présenté fin avril, le groupe de travail sur le mix énergétique du débat national pour la transition énergétique préconisait la promotion de l'autoconsommation. Lors de l'ouverture du colloque sur le photovoltaïque organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), le 28 mai, la ministre de l'Ecologie a confirmé l'ouverture de travaux sur le sujet et a précisé que des réunions seraient organisées entre la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) et le SER dès la semaine prochaine.

"L'autoconsommation ne signifie pas autarcie, ce n'est pas la remise en cause du réseau national intégré et du tarif unique de l'électricité. Mais les citoyens sont demandeurs d'autonomie, ils veulent avoir les moyens d'agir. Il faut maintenant avoir la capacité de passer du principe à la technique", a déclaré Delphine Batho.

Il reste en effet à trouver le bon mécanisme pour inciter à l'autoconsommation. Le SER, dans un document de travail, évoque de premières pistes de travail. "Tout ne sera pas possible, il faudra faire des choix étant donné la situation économique actuelle. Mais c'est une évolution nécessaire", a souligné la ministre.

Trouver la bonne échelle

Par autoconsommation, la ministre comme le SER entendent surtout la consommation localisée, à l'échelle d'un quartier ou d'un îlot urbain, qui permet de mettre en adéquation la production et la consommation.

En effet, à l'échelle d'une maison individuelle, en raison d'une inadéquation entre moments de production et de consommation, "sans système de gestion de la consommation ou de stockage, [la quantité d'électricité autoconsommée] varie entre 20 et 40% de la consommation de la maison", indique le SER.

En revanche, l'installation d'un système photovoltaïque sur un centre commercial ou sur une entreprise peut permettre une synchronisation de la consommation et de la production. Les activités qui s'y déroulent, diurnes, coïncident souvent avec la production solaire. Ainsi, la quasi-totalité de l'énergie produite est consommée sur place. Ces solutions d'autoconsommation sont d'ailleurs les seules à être rentables aujourd'hui.

Enfin, à l'échelle d'un îlot ou d'un quartier, l'électricité produite par un bâtiment peut être transférée au bâtiment voisin qui, lui, peut en avoir besoin. Après une modélisation sur une commune de 7.000 habitants, le SER estime que, si l'installation a été bien dimensionnée après étude des consommations locales, la totalité de l'électricité produite peut être consommée à cette échelle, sans évacuation vers l'extérieur. L'ajout de systèmes de gestion de la charge et de stockage peut permettre de différer les consommations. Couplée à des systèmes de production locaux et flexibles, tels que l'hydraulique et le biogaz, la production photovoltaïque permet de combler l'essentiel des besoins en électricité du territoire.

Mais aujourd'hui, "le cadre juridique pour la mutualisation entre producteur et consommateurs n'existe pas. Il faut faire entrer dans le droit la notion de consommation locale et créer un statut pour le producteur/consommateur/fournisseur", estime Eric Vincent, vice-président du SER. En effet, si un bâtiment revend à ses voisins son surplus de production, il devient fournisseur d'électricité et "est donc tenu à une série de contraintes techniques". En Wallonie (Belgique), un statut simplifié de fournisseur a été créé pour les petites capacités de production et/ou les fournisseurs d'un nombre limité de clients.

Prime, tarif spécifique ou crédit

Autre problématique : pour l'heure, le système de tarifs d'achat de l'électricité photovoltaïque n'incite pas à l'autoconsommation. Il est en effet plus rentable de revendre la totalité de l'électricité produite et d'acheter l'électricité consommée au prix du marché de détail, nettement inférieur. C'est pourquoi un coup de pouce à l'autoconsommation semble nécessaire. Mais attention à trouver le juste équilibre et à ne pas créer d'effets pervers, prévient le président de l'Ademe, Bruno Léchevin.

Le SER évoque dans son document deux types d'incitation : la prime au kWh consommé et le "net metering". La première consiste à "bonuser" chaque kWh produit et immédiatement consommé par le producteur et à rémunérer par un tarif spécifique le surplus non consommé et injecté sur le réseau. "Avec l'atteinte progressive de la compétitivité et sans révision des dispositifs existants, la prime et le tarif spécifique pourront être amenés à diminuer, et la prime à disparaître", précise le SER.

Le "net metering" consiste à donner au producteur un crédit pour chaque kWh produit en sus de sa consommation et injecté sur le réseau. "A chaque période de facturation, il est fait un bilan de la production et de la consommation du site : si la consommation est supérieure à la production injectée, le consommateur paie les kWh supplémentaires consommés. Dans le cas contraire, les crédits dus pour les kWh injectés sont reportés à la période suivante".

Vers une révision de la CSPE et du TURPE ?

Reste l'épineuse question de la prise en charge des coûts d'amélioration du réseau et du service public de l'électricité, tous deux pensés jusqu'à maintenant pour un modèle énergétique centralisé. Seront-ils adaptés à ce nouveau mode de consommation ?

"L'autoconsommation est un bon moyen d'intégrer le photovoltaïque sans remettre en cause l'équilibre du réseau, note Bruno Léchevin, président de l'Ademe. L'opération est triplement gagnante, pour le producteur, le gestionnaire de réseau et la collectivité en limitant la CSPE". Sur ce sujet, les professionnels demandent une évolution du mode de calcul de cette contribution au service public de l'électricité, car elle ne prend pas en compte les coûts de transport et de distribution de l'électricité, qui sont pourtant limités dans le cas de l'autoconsommation.

De même, le TURPE (tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité) est identique sur l'ensemble du territoire national et indépendant de la distance parcourue par l'énergie entre le site producteur et le site consommateur. "Nous avons entamé un travail sur le coût réseau de l'autoconsommation", indique Eric Vincent. Mais, d'ores et déjà, le SER cite plusieurs exemples de mutualisation de la consommation où le producteur et/ou les consommateurs s'acquittent d'un droit forfaitaire d'accès au réseau (Californie, Mexique).

Réactions15 réactions à cet article

 

même dans le cas actuel de vente totale, une installation de 3kWc fait de l’autoconsommation au niveau du quartier

e-full | 29 mai 2013 à 19h46
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Une des lacunes de l'incitation - maintenant dépassée, hélas - à produire de l'électricité sur son toit : payer le Kw identiquement aux citoyens de Marseille (au hasard) et aux citoyens de Dunkerque

A propos, entre deux "transports" , le sympathique Regismu conseille-t-il encore de s'installer des panneaux en 2013 ?

Georges | 30 mai 2013 à 06h15
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bonjour,
Je suis en vente du surplus depuis octobre dernier, je trouve ce système plus pertinent d'un point de vue sociétal que la vente de l'intégralité de la production, d'autant plus que j'alimente le jour un véhicule électrique. Bien sûr, l'amortissement est moindre, mais doit on parler rendement financier à tout prix lorsqu'on est un particulier! Pour moi, c'est un calcul à long terme, et au vu du coût prévu par la Cour des Comptes pour assurer la continuité de la production électrique dont on connait l'origine chez nous, je fais le pari que l'électricité produite à demeure sera autrement moins couteuse que celle fournie sur le réseau dans peu de temps... D'ailleurs, c'est déjà mon cas puisque ayant installé sous contrôle d'un pro ma centrale de 3.75 kWc l'électricité produite sur la durée de vie de la centrale est déjà moins onéreuse que celle du réseau! La différence se fait sur les charges dues à la collectivité (CSPE, taxes locales, TVA). C'est déjà un bon calcul, non?

Fabrice | 30 mai 2013 à 08h00
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Au départ l'idée est séduisante et parait simple. Dans la pratique comme le cite l'article: " pour l'heure, le système de tarifs d'achat de l'électricité photovoltaïque n'incite pas à l'autoconsommation. Il est en effet plus rentable de revendre la totalité de l'électricité produite et d'acheter l'électricité consommée au prix du marché de détail, NETTEMENT INFERIEUR."
Tout ça parce qu'on a pas respecté la vérité des prix. Faut-il rappeler que l'ensemble de français payent ce surcoût aux quelques propriétaires de photo-voltaïques. Subventionner l'achat des panneaux est une chose mais continuer en rachetant plus cher l'électricité n'à pas de raison d'être. Dés le départ le système aurait du être prévu en autoconsommation. D'ailleur cela n'est pratiquement possible que pour les commerces dixit l'article.

ami9327 | 30 mai 2013 à 09h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 

"Il reste en effet à trouver le bon mécanisme pour inciter à l'autoconsommation" : ce pourrait être le plus bête qui soit. Pour un abonné résidentiel ordinaire (branché en monophasé) il suffirait de connecter en sorite de compteur. Comme cela le compteur ne comptabiliserait que les kwh excédant la production, et quand la puissance produite est supérieure au consommé, il tournerait à l'envers (tout à fait naturel au moins pour les classiques compteurs à roue) qui reviendrait à revendre à ERDF au plix où il facture lui-même, d'ailleurs sans frais importants puisque ces kwh seraient absorbés en voisinage. Une idée top simpliste pour des technocrates ?

Legato | 30 mai 2013 à 10h35
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ legato : simple mais pas incitatif, en donnant la même valeur à un kWh produit et un kWh réseau, vous n'incitez pas à l'autoconsommation (la facture sera la même quel que soit le comportement)

Xost | 31 mai 2013 à 09h07
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Fabrice dit des choses interessantes.
En fait le particulier, souvent se fiche complètement des problèmes de rentabilité, d'amortissement, de coûts économiques etc...Ces paramètres peuvent se révéler non prioritaires.
Le plus souvent il veut "se faire plaisir" dans un projet d'autoconsommation, et ce n'est pas un mal que de se "faire plaisir",
le particulier ne raisonne pas forcément comme un technocrate ou une
entreprise.
Pour l'autoconsommation d'électricité on pense photovoltaïque
mais pourquoi ne pas associer l'éolien domestique dans les régions ventées ? Ces 2 énergies se complètent assez bien puisque en hiver
il y a souvent du vent sans soleil et le contraire en été.

Dernier point auquel je n'ai pas de réponse: dans ce contexte
(photovoltaïque + éolien) peut on se passer de batteries qui coûtent
horriblement chères et sont polluantes à souhait ?

Lilly la souris | 31 mai 2013 à 09h18
 
Signaler un contenu inapproprié
 

personnellement, avec une installation datant de 2006 je ne perçois qu'une quinzaine de centimes du kwh vendu et, déduction faite des frais qui me sont facturés, j'aurais tout intérêt à ne vendre que le surplus; à voir si cette opération n'est pas trop onéreuse...

maumau | 31 mai 2013 à 09h35
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ Lilly la souris : détrompez-vous, un particulier raisonne en comptant !
S'il n'y retrouve pas ses sous dans pas trop longtemps, il ne fera pas faire d'installation ; c'est ce qu'il c'est passé autour de moi, l'amortissement à trop long terme est dissuasif, faire écolo n'a cour que dans les salons où ceux-ci cause en refaisant le monde sans y participer activement.
Tous ceux que je connais et qui ont fait installer soit des panneaux solaires soit tout autre chose pour produire de l’électricité, ne l'ont fait par intérêts !

Maurice | 01 juin 2013 à 18h19
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@Lilly la souris

Le petit éolien (donc éolien domestique) existe et même si il est moins répandu, quand on se promène du côté de Narbonne/Béziers/Perpigan, on en voit pas mal.
Les sites hybrides existent également, mais hélas le stockage reste obligatoire si l'on n'est pas connecté au réseau. Cependant des installations comme ça sont moins couteuses (diminution de la puissance PV installée, coût d'une petite éolienne de 1kW ou moins pas excessif), et en ce qui concerne le stockage, la mode est au lithium qui reste certes très cher mais enterre le plomb.

François | 02 juin 2013 à 11h34
 
Signaler un contenu inapproprié
 

L'usage des batteries est indissociable dee énergies intermittentes. ou alors il faut en revenir à ce qu'était celui des moulins a vents jadis:s'organiser pour leur fonctionnement intermittent: c'est encore dans le cas ou ils servaient juste a remonter l'eau des polders que ça posait le moins de problèmes...

ami9327 | 03 juin 2013 à 09h05
 
Signaler un contenu inapproprié
 

N'oublions pas qu'il y a des réglementations qui n'autorisent pas tout ce qui passe par la tête ! Par ex.: sur la région parisienne il n'est pas faisable d'installer des éoliennes au delà de 13 m de haut, c'est très limitatif si l'on veut que son matériel soit performant vu la hauteur des constructions.
Idem en "province pour des installations utilisant le débit de rivières, demandez à ceux qui ont fait des demandes !
Le reste est du même tonneau, très restrictif !

Maurice | 04 juin 2013 à 08h10
 
Signaler un contenu inapproprié
 

La France a toujours 15 ans minimum de retard par rapport aux USA ou l'autoconsommation est très répendue grâce notamment aux micro-onduleurs 220Vac 50Hz VDE126 1.1 (installés derrière le module solaire) qui rendent chaque panneaux indépendants.Nous en vendons des dizaines en France en ce moment et cela n'est pas prêt de s'arrêter.
Il ne s'agit pas de remettre en cause le réseau national français qui est indispensable mais de réduire au moins une partie des factures dans des energies propres comme le solaire (abus de language car ce sont en réalité les photons et la lumière qui produit du courant).
Mes 3 kWc de panneaux ont déjà produit 3014 kWh depuis 10 mois pourtant dans une région pas franchement ensoleillée..
https://enlighten.enphaseenergy.com/public/systems/M9hh109291

Nicolas28 | 20 août 2013 à 15h52
 
Signaler un contenu inapproprié
 

nous aimerions poser du voltaïque juste pour notre consommation sachant que l'on ne produira pas toute notre consommation, j'aimerai savoir si cela vaut le coup, sachant que nous avons déjà une PAC et des panneaux solaire thermique, et combien faut il compter nous sommes deux une maison de 120m2
merci URGENCE

harmony40 | 26 septembre 2013 à 15h17
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bonjour,

Nous allons bientôt disposer d'une centrale photovoltaïque. Il s'agit d'un système avec onduleurs et batterie au lithium-ion. Donc de l'auto-consommation pure. Nous sommes situés à l'île de la Réunion.
Nous aimerions entrer en contact avec des personnes ayant la même expérience pour échanger des points de vue et nos expériences.

Merci de diffuser cette info,
Cordialement.

Jasmina | 24 octobre 2013 à 10h58
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…