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Les réseaux doivent mieux prendre en compte les risques naturels

Distribution d'énergie, transports, communication… L'ensemble de ces réseaux est régulièrement affecté par des évènements climatiques extrêmes. Pourtant, les opérateurs et les pouvoirs publics prennent peu en compte ces conséquences.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°337 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°337
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Katrina aux Etats-Unis, Klaus, Xynthia en France, le black out allemand de 2006, la catastrophe de Fukushima au Japon, la canicule de 2003… "Ces événements ont montré la vulnérabilité de réseaux concourant à des services publics essentiels, l'interdépendance entre plusieurs réseaux avec des conséquences en cascade et la difficulté à les rétablir dans des délais admissibles pour la population", note un rapport du Conseil général à l'environnement et au développement durable (CGEDD), publié le 23 avril. L'analyse souligne un fait important : "Chacune de ces catastrophes a entraîné des conséquences non prévues dans les scénarios, résultant le plus souvent de la complexité croissante du fonctionnement des systèmes".

Le CGEDD se penche donc sur les retours d'expérience liés à ces catastrophes naturelles et la réglementation existante, et dresse des recommandations pour rendre les réseaux d'infrastructures plus résilients.

Evaluer les risques émergents et l'intensification des risques

Plans de prévention des risques inondations (PPRI), plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN), plans de prévention des risques technologiques (PPRT)… Jusque-là, note le CGEDD, "l'approche des risques naturels et technologiques par les pouvoirs publics a privilégié la sécurisation des populations et se traduit par des restrictions de droits à construire dans les documents d'urbanisme". Selon lui, les risques affectant l'intégrité des réseaux d'infrastructures devraient davantage être pris en compte, et de manière plus globale.

Les risques classiques (inondations, séismes…) sont relativement bien pris en compte par les pouvoirs publics et les opérateurs dans leurs scénarios. En revanche, les risques émergents ou l'intensification des risques connus, liés au changement climatique ou aux évolutions technologiques, sont moins bien appréhendés. Les submersions marines, les températures extrêmes prolongées, les tempêtes et les cyclones, les chutes de neige importantes ont pourtant été au cœur de l'actualité ces derniers mois et risquent de l'être de plus en plus.

Par exemple, "les fortes chaleurs prolongées, auxquelles sont sensibles les équipements électroniques des réseaux, ne sont pas identifiées comme risques". Pourtant, les réseaux électriques et les caténaires du réseau ferré ont particulièrement été sensibles à la canicule de 2003. Le CGEDD préconise donc de mieux prendre en compte les températures extrêmes prolongées pour leur incidence sur le fonctionnement des composants et circuits électroniques dont l'usage se généralise (RTE, ErDF, RATP, SNCF). De même, la prise en compte des risques d'une crue centennale de la Seine, du Rhône ou de la Saône ne doivent pas se limiter aux zones inondables. Pour l'agglomération parisienne, les conséquences "se répercuteraient bien au delà de la seule zone inondée, et le retour à une situation normale demanderait plusieurs mois".

Prendre en compte les effets dominos sur les réseaux

Les réseaux de distribution de l'énergie (électricité, gaz, hydrocarbures) et les réseaux de télécommunications (téléphonie, internet) sont particulièrement impactés par ces événements extrêmes et perturbent à leur tour d'autres réseaux (transports, eau, assainissement…). "Leur défaillance affecte rapidement et profondément la vie économique et les conditions de vie de la population", note le CGEDD. Ainsi, les tempêtes Lothar et Martin, en 1999, ont fortement perturbé le réseau d'électricité (3,5 millions d'abonnés privés de courant) et a créé un effet domino : coupures d'eau (2,5 millions de personnes), transport ferroviaire perturbé (pannes de signalisation, défaut d'alimentation électrique…). Mais, souligne le CGEDD, les opérateurs semblent peu prendre en compte cette interdépendance. "Les pouvoirs publics devraient affirmer leur rôle de coordination dans la préparation et la gestion de la crise", estime donc le CGEDD.

Selon lui, "le durcissement des réseaux électriques et de télécommunications devrait revêtir une certaine priorité, dans la mesure où le fonctionnement de ces derniers est une condition nécessaire de la résilience des autres réseaux". Il recommande donc d'orienter les travaux du réseau scientifique et technique (RST) sur la résilience des réseaux en fonction des besoins émergents : études d'interdépendance, études de type « Na'Tech », études sur les effets des vagues de chaleur... Les opérateurs devraient, de leur côté, réaliser les études de résilience en cas de crise sur une base « zéro service extérieur », c'est-à-dire en fonctionnement autonome par rapport aux autres réseaux. Ils devraient également "prendre en considération le coût de l'inaction non seulement dans son périmètre propre mais pour la collectivité dans son ensemble, dans les études d'opportunité qu'il conduit pour les investissements engagés à son initiative".

Réactions1 réaction à cet article

 

Ces risques sont ils soumis a une ENQUETE PUBLIQUE ??

ALORS PAS DE PROBLÈME LE COMMISSAIRE ENQUÊTEUR VEILLE n'en déplaise aux incultes qui nient l'utilité de ces enquetes

el vertaco | 24 avril 2014 à 12h00
 
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