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Lubrizol : Santé publique France mènera son enquête sanitaire au cours du troisième trimestre

Santé publique France a annoncé la tenue, au cours du troisième trimestre, de son étude sanitaire menée auprès des habitants de 130 communes, exposés au panache de l'incendie de l'usine Lubrizol (Seine-Maritime). L'effet de la Covid-19 est pris en compte.

Risques  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Lubrizol : Santé publique France mènera son enquête sanitaire au cours du troisième trimestre

L'agence nationale Santé publique France a annoncé le lancement « au cours du troisième trimestre 2020 » (juillet à septembre) d'une enquête sanitaire sur un échantillon représentatif de la population qui avait été exposée au panache de l'incendie survenu le 26 septembre 2019 dans les usines Lubrizol et Normandie Logistique, à Rouen (Seine-Maritime). Cette étude va être menée au début du troisième trimestre auprès des habitants de 130 communes concernées par l'accident.

Première enquête de santé par téléphone en tenant compte de la Covid-19

Cette première enquête de santé dite « déclarative » sera organisée par Santé publique France, via un questionnaire par téléphone. Environ 4 100 adultes et 1 200 enfants exposés à l'accident seront sondés par l'institut Ipsos. L'enquête va porter sur les symptômes et les problèmes de santé qui ont été ressentis, sur l'accès aux informations au cours de l'événement, ainsi que sur la santé et la qualité de vie des personnes interrogées au moment de l'étude. « L'enquête va se dérouler au cours du 3e trimestre 2020. Les personnes tirées au sort recevront un courrier expliquant comment choisir un rendez-vous à leur convenance avec un enquêteur de l'institut Ipsos pour un entretien téléphonique qui dure trente minutes environ », explique Santé publique France.

Pour rappel, cette enquête sanitaire était d'abord annoncée par l'agence pour mars 2020, avant l'épidémie sanitaire de la Covid-19 affectant la France. Cette étude devait initialement concerner les 215 communes touchées par les fumées noires et les suies (en Normandie et dans une partie des Hauts-de-France), dont 112 communes en Seine-Maritime. Plus de 9 000 tonnes de produits stockés, contenant des hydrocarbures, avaient brûlé dans une partie de l'usine Lubrizol et dans les bâtiments de l'entreprise voisine, Normandie Logistique.

L'incendie industriel « a potentiellement exposé les habitants et travailleurs de plusieurs communes de Seine-Maritime à diverses nuisances et substances toxiques : vue et bruit des flammes et des explosions, panache de fumées noires, retombées de suies, molécules chimiques odorantes, débris de fibrociment, etc. », indique Santé publique France. Le questionnaire de l'étude de santé porte sur le vécu de l'accident et de ses suites : les nuisances liées à l'incendie (odeurs, suies, débris), les symptômes et les problèmes de santé ressentis chez l'adulte, l'état de santé de l'enfant, et celui des femmes en période de grossesse ou d'allaitement. S'ajoute le ressenti, autrement dit la confiance des individus par rapport aux informations et à la gestion de l'incendie. Les personnes seront aussi interrogées sur leur santé actuelle. Un module relatif à l'épidémie de la Covid-19 a été introduit dans le questionnaire afin de contrôler l'effet de l'épidémie et de ses conséquences sur les réponses des personnes interrogées.

« Compte tenu de l'épidémie de Covid-19 et de l'influence importante qu'elle va avoir sur les informations recueillies », une « zone témoin » sera prise en compte par Santé publique France pour comparer les données observées dans la population enquêtée et pouvoir interpréter les résultats. Le Havre et sa périphérie nord ont été choisis comme zone témoin.

Les premiers résultats de cette enquête sanitaire seront disponibles fin 2020-début 2021.

Les autres études épidémiologiques prévues à moyen et long termes

 
L'enquête va porter sur les symptômes et les problèmes de santé qui ont été ressentis, sur l'accès aux informations au cours de l'événement, ainsi que sur la santé et la qualité de vie des personnes interrogées au moment de l'étude.  
 
Santé publique France a été missionnée par la Direction générale de la santé pour évaluer l'impact sur la santé physique et mentale, à moyen et long termes, des personnes qui ont pu être exposées à un ou plusieurs facteurs de risque sanitaire liés à cet incendie industriel. « La description et l'analyse de leurs perceptions de l'évènement, de leurs expositions et des symptômes ressentis, la mesure et la surveillance d'indicateurs de l'état de santé de la population, vont permettre aux autorités publiques de prendre des mesures sanitaires si elles sont nécessaires, et d'adapter au mieux la gestion d'autres accidents industriels », souligne Santé publique France.

Après l'enquête téléphonique du panel, l'agence nationale a annoncé une analyse d'indicateurs de santé en lien avec les effets de l'incendie, puis un suivi spécifique des travailleurs. Le dispositif « Santé Post Incendie 76 » (ou SPI 76), organisé par Santé publique France, prévoit d'évaluer l'impact sanitaire de cet accident, « maintenant et dans la dizaine d'années à venir ». Le dispositif de suivi sanitaire comprend « la surveillance régulière, pendant plusieurs années », d'indicateurs de santé tels que la fréquence de certains cancers et maladies chroniques, le nombre et les causes de décès, les issues de grossesse. « Elle concerne l'ensemble de la population des communes touchées par l'accident et sera réalisée à partir des informations disponibles dans le Système national des données de santé (SNDS), qui enregistre la consommation de médicaments, les consultations médicales et autres soins, les causes d'hospitalisation, les décès, etc. », a précisé Santé publique France.

S'ajoute le suivi de la santé des salariés des deux sites industriels sinistrés, des professionnels intervenus lors de l'accident et des employés d'autres entreprises qui ont été exposés aux nuisances générées par l'incendie. La surveillance épidémiologique des travailleurs concernés se fera avec les services de médecine du travail et l'Agence régionale de santé (ARS).

Enfin, des prélèvements sanguins et d'urines de la population exposée, pourront être menés par Santé publique France, en fonction des résultats des analyses des polluants présents dans l'environnement (métaux, dioxines, furanes, etc.). Cela concernerait la recherche et la mesure, dans l'organisme des personnes exposées, de substances chimiques qui ont été dispersées par l'incendie. Cette étude, dite d'imprégnation ou de biosurveillance, sera conduite notamment si les résultats des analyses environnementales « montrent qu'il est faisable et pertinent de mesurer certains biomarqueurs d'exposition dans le sang, les urines ou les cheveux », a indiqué Santé publique France.

Le 19 mai, l'association Rouen Respire a présenté les résultats de son enquête menée auprès de 565 personnes vivant à moins de 10 km de l'accident. Son enquête montre les effets sanitaires importants de l'accident sur la population et un impact sur un périmètre plus large que le seul panache de l'incendie.

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