En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Nouvelle France industrielle : un plan Navires écologiques pour soutenir la filière navale

Pour maintenir la position de la filière navale, le plan Navires écologiques prévoit de réduire sa dépendance aux ressources pétrolières, améliorer son éco-efficience, introduire des passerelles intelligentes mais également de développer l'export.

Transport  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Nouvelle France industrielle : un plan Navires écologiques pour soutenir la filière navale

Plus de 50% : c'est le gain que vise le plan Navires écologiques de la nouvelle France industrielle pour l'ensemble du cycle de vie des navires de demain concernant les impacts environnementaux.

Au sixième rang mondial, l'industrie navale française devra, notamment pour tenter de s'y maintenir, anticiper la raréfaction du pétrole, la croissance des échanges mondiaux mais également une exigence accrue vis-à-vis des impacts environnementaux, selon la feuille de route.

L'enjeu est de taille : la filière des industries navales et maritimes compte 70.000 emplois directs et une valeur ajoutée directe de 5 Mds d'euros (0,25% du PIB), selon le Conseil national de l'industrie.

"La filière navale française (…) veut profiter des solides perspectives de développement de l'industrie navale, dans un monde où près de 90% des échanges de marchandises transitent par les mers et océans, et où le développement considérable des énergies marines renouvelables et du trafic fluvial devrait encore s'accélérer d'ici à 2020", pointe la feuille de route.

Des AMI précurseurs

Ce virage stratégique a été notamment amorcé dès 2011 avec le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI) dédié aux navires du futur. Un second AMI, initié en octobre 2013 et ouvert jusqu'au 28 novembre 2014 prévoit une ouverture aux projets issus du plan Navires écologiques. L'Ademe accompagne également des projets d'investissement dans des ferries plus propres (grâce notamment à de nouveaux modes de propulsion).

Dans cette tendance, les chantiers STX-France livreront à la compagnie française Brittany Ferries un navire qui utilisera le gaz naturel liquéfié (GNL) comme combustible.

Outre la réduction des impacts environnementaux, le plan vise également une amélioration de la sécurité et la sûreté des passagers, équipages et cargaisons, ainsi que la réduction des coûts de fonctionnement.

Pour mener à bien l'ensemble de ces grands axes, il compte déployer quatre types d'action : tout d'abord, afin de pallier la baisse des ressources pétrolière, développer les modes de propulsion basées sur le GNL, l'énergie électrique ou même vélique.

Utilisation du GNL

Le développement de l'utilisation du GNL comme carburant marin entre également dans l'objectif de réduction des émissions de souffre.

Le plan vise la mise en place un démonstrateur de soute GNL, d'un centre R&D et de formation mais également d'une vitrine commerciale.

"Un investissement significatif des Etats et de l'Union européenne semble la condition sine qua non pour concrétiser une filière GNL, associant efficacement tous les acteurs de la chaîne logistique liée au transport maritime : les ports, les entreprises gazières, les industries de construction navale, etc.", appelait de ses vœux Eric Banel, délégué général d'Armateurs de France. Les flottes existantes nécessitent une adaptation des équipements et des technologies (changements des moteurs et des réservoirs des flottes).

La feuille de route prévoit d'accompagner des armateurs dans leurs projets d'investissement dans des ferries propres (2014) mais également dans le déploiement des infrastructures portuaires dédiées à l'utilisation du GNL.

"Nous travaillons aujourd'hui avec les armateurs et les chantiers navals pour mobiliser la commande et répondre à la directive européenne, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2015, précise le cabinet d'Arnaud Montebourg, l'aide dépendra de la taille du bateau mais également de l'investissement réalisé par l'armateur et par la compagnie qui achètera le bateau".

Autre levier : le développement de navires intégrant une électrification optimale (2018), grâce à la filière Hydrogène pour la Pêche polyvalente (FILHyPyNE ).

Enfin, le plan revient à la force du vent et vise une propulsion auxiliaire des navires par le vélique à l'horizon 2015-2019.

Le développement d'un prototype paquebot à propulsion hybride vélique-électrique de nouvelle génération est également prévu pour 2016.

Des navires éco-efficients

Le plan souhaiterait également encourager des navires plus éco-efficients : réduire les consommations de carburants (rame de série apte au service commercial pour la période 2015 à 2018) mais également d'amélioration des rejets (horizon 2014 à 2020).

Dans cette optique, il compte encourager les acteurs industriels à travailler ensemble autour d'un projet de développement, d'industrialisation, de maritimisation d'un système de traitement des rejets.

Intégré au projet de passerelle intelligente du Conseil d'orientation de la recherche et de l'innovation pour la construction et les activités navales (Corican), le projet PAMI (Passerelles maritimes intelligentes) sera appuyé par le plan pour le développement de nouveaux équipements de navigation, d'aide à la décision et d'une ergonomie passerelle (2015 à 2018).

La filière des industries navale et maritime serait aujourd'hui en bonne partie exportatrice : "la part export représente 80% des navires civils, 30% des navires militaires et 68% des bateaux de plaisance", assure Jean-Marie Poimboeuf, vice-président du Corican, dans le contrat de la filière des industries navales et maritimes.

"Si les activités de construction de navires sont surtout concentrées autour des bassins traditionnels de la navale, l'export demeure une donnée essentielle pour les fournisseurs de composants ou d'équipement, en ce qu'il permet d'accroître les volumes et d'amortir les charges fixes", développe le document.

Le plan souhaite donc renforcer les fonds propres et les capacités export des petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) de la filière navale française.

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,

pourquoi miser sur l'hydrogène...la méthanation est un bon procédé, qui se marie parfaitement avec le gaz naturel et ses infrastructures de réseau..

Vaste débat

Bonne journée

thomas | 14 juillet 2014 à 13h41
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Un des navires les plus en pointe dans le monde est l'E/S Orcelle : Taper orcelle green flagship dans votre moteur de recherche pour en savoir plus

Il a l'avantage d'augmenter la capacité de fret de 50% tout en supprimant les ballats (problème de transport de faunes/flores invasives) et d'utiliser solaire, éolien et hydrogène. Sur l'océan c'est cohérent !

@ Thomas : Hydrogène et méthanation sont 2 options possibles avec leurs avantages et inconvénients réciproques mais la méthanation est une étape supplémentaire par rapport à la production directe d'hydrogène (CO2 + 4 H2 = CH4 + 2 H2O) donc perte de rendement avec dégagement de chaleur qui n'est pas toujours facile à récupérer en pratique selon les endroits et elle est en outre plus coûteuse.

Véhicules solaires et solaire dans l'automobile | 16 juillet 2014 à 02h43
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Dorothée Laperche

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager