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La France présente son plan de développement des carburants alternatifs d'ici 2030

Le ministère de l'Environnement a présenté le cadre d'action national visant à développer les carburants alternatifs, dont l'électromobilité et l'hydrogène, d'ici 2030. Il est soumis à la consultation du public jusqu'au 14 décembre.

Transport  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°365 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°365
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Un cadre national d'action est prévu par la Directive infrastructures pour les carburants alternatifs d'octobre 2014. Il devait être remis à la Commission européenne avant le 18 novembre 2016. Le ministère de l'Environnement vient de mettre son projet en consultation jusqu'au 14 décembre. Ce plan constitue une des actions de la stratégie de développement de la mobilité propre d'ici 2030, dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Les carburants alternatifs "servent, au moins partiellement", de substitut aux carburants fossiles dans l'approvisionnement énergétique des transports, souligne le ministère. Ils comprennent notamment l'électricité, le gaz naturel sous forme gazeuse (gaz naturel comprimé (GNC)) ou liquéfiée (GNL), les biocarburants, le gaz de pétrole liquéfié (GPL), et l'hydrogène. Le cadre national définit leurs objectifs nationaux. Il a été élaboré en concertation avec les parties prenantes concernées (DGE, DGT, Ademe, transporteurs, constructeurs, distributeurs, associations de protection de l'environnement, collectivités, etc.).

Part belle aux biocarburants

En 2030, une part de 15% des carburants renouvelables est ainsi visée, principalement via les biocarburants de première génération. Le biodiesel et le bioéthanol (SP95, E85) représentaient 6% de la consommation finale du secteur des transports français en 2014. Depuis février 2016, les autobus peuvent rouler au bioéthanol ED95.

"Les défis technologiques sont nombreux, notamment pour la production de biocarburants à partir de paille et de résidus forestiers mais pourraient être relevés prochainement. Des biocarburants produits à partir d'algues sont également en développement mais leur arrivée sur le marché n'est pas prévue avant 2030", précise le ministère.

Les filières biocarburants gazeux se développent aussi : bioGNV (biométhane produit à partir de biogaz épuré) et bio-GPL (produit à partir de biopropane). La filière du bioGNV est plus avancée : début 2016, la France compte 18 installations d'injection de biométhane.

"La publication attendue de la norme EN 16732-2,  relative aux spécifications du biométhane pour utilisation dans le transport, favorisera les projets", indique le document. Le bio-GPL offre quant à lui une "opportunité supplémentaire" d'énergie renouvelable pour les transports et pourrait permettre un développement "plus important d'une filière GPL durable et compétitive soutenant la réalisation des objectifs européens et nationaux en matière d'environnement".

Booster le gaz naturel et ses points de ravitaillement

La France veut également développer la consommation de gaz naturel véhicule (GNV) dans les transports, qui aujourd'hui reste faible. Elle représentait en 2014 moins de 0,02% de la consommation d'énergie finale dans les transports. Le bioGNV devrait atteindre 0,7 térawattheure (TWh) consommé en 2018 et 2 TWh en 2023, prévoit la PPE. Le bioGNV devant représenter 20% des consommations de GNV en 2023. La France vise en 2023 une part du parc de poids lourds roulant au GNV de 3% puis 7% en 2030.

Favoriser l'usage du gaz naturel liquéfié (GNL) comme carburant marin et fluvial est également prévu. Le marché du GNL marin est aujourd'hui émergent. Ses perspectives de développement "restent prometteuses pour le transport maritime, à la fois au niveau mondial et national, le GNL étant une solution alternative à long terme permettant de faire face aux normes environnementales actuelles et futures", estime le ministère. La demande annuelle en GNL carburant marin à l'horizon 2025 pourrait se situer entre 150 kilotonnes (kt) et 500 kt par an.

Concernant le transport fluvial, le développement du GNL fluvial devrait être plus tardif que celui du GNL marin, hormis sur le Rhin. La demande annuelle en GNL carburant fluvial à l'horizon 2030 pourrait se situer entre 18 et 46 kt par an, provenant principalement du bassin rhénan.

A fin 2015, le réseau de ravitaillement en GNV était composé de 43 stations (42 stations de gaz naturel comprimé (GNC) et 1 station GNL). Le plan table, en 2025, sur 140 points de ravitaillement en GNC et GNL.

Le plan souligne également le potentiel du gaz de pétrole liquéfié (GPL) : environ une station-service sur sept le distribue sur l'ensemble du territoire national. Le réseau est "suffisamment mature pour pouvoir subvenir à une demande croissante". Tandis que la perspective de l'arrivée sur le marché du BioGPL pourrait "avoir un effet moteur sur l'augmentation de la part du GPL dans les carburants alternatifs".

Le pari de l'électromobilité

La France devra aussi compter, en 2030, 2,5 millions de véhicules hydrides rechargeables et 1,9 million de véhicules électriques. La loi sur la transition énergétique fixe un objectif de 7 millions de points de charge en 2030. La France "devrait rapidement atteindre le million de points de charge", a annoncé en octobre dernier Ségolène Royal. La barre des 100.000 véhicules électriques immatriculés vient également d'être franchie. En 2030, l'électrification à quai de navire est aussi visée.

Vers une trentaine de stations hydrogène

Ont aussi été engagées des actions visant à favoriser le déploiement d'un réseau d'infrastructure de recharge dédié à l'hydrogène, "filière émergente". Fin 2015, 17 voitures particulières, 11 véhicules utilitaires légers et 2 poids lourds alimentés à l'hydrogène sont recensés. Ces véhicules se rechargent via l'une des 11 stations existant actuellement sur le territoire.

La feuille de route mobilité hydrogène du plan Nouvelle France Industrielle propose un "objectif ambitieux" de 100 stations pour 1.000 véhicules en 2020. Différents projets sont toujours en cours d'élaboration. Le ministère prévoit que ces projets puissent être mis en œuvre à l'horizon 2025, "ce qui conduirait à un nombre de stations de l'ordre de 30 accessibles au public. Il pourrait atteindre 50 à l'aune du degré de réalisation de ces projets, de la maturité de la filière et de la pénétration des véhicules à hydrogène".

Réactions1 réaction à cet article

 

Encore un délire ségolènien... Les biocarburants de 1ère génération, ça s'appelle des céréales ou de l'huile de palme : soit on se prive de nourriture de base, soit on dévaste la forêt indonésienne. Quant à remplacer le pétrole par le gaz, c'est Poutine qui doit se frotter les mains ! A moins que... le gaz de schiste ? L'hydrogène, vieux serpent de mer, il faut le produire, et sans CO2 s'il vous plait, donc hors de question de cracker des hydrocarbures donc produire plus d'électricité (électrolyse par exemple). Enfin, les hybrides ou les électriques, il faut les recharger, avec de l'électricité bas carbone disponible à la demande, donc pas de l'éolien (marais barométrique hivernal) ni de l'importé (lignite allemand), donc du nucléaire : clamer en même temps qu'on va le réduire tient de la farce !

dmg | 29 novembre 2016 à 21h53
 
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